Stéphane Hessel

Cet homme paraissait immortel tant il est resté libre et jeune d'esprit. Il a résisté au temps comme aux épreuves et aux souffrances. Il a vaincu la violence et la haine. Secrétaire de René Cassin, il a contribué à la rédaction de la Charte des droits de l'Homme des Nations Unies. Combien sont ceux aujourd'hui, pitoyables pantins de leurs faiblesses, qui abdiquent en masse aux principes, sans l'excuse d'un fusil dans le dos ?
Stand By Me © MLAROverTheMill
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Cet homme paraissait immortel tant il est resté libre et jeune d'esprit. Il a résisté au temps comme aux épreuves et aux souffrances. Il a vaincu la violence et la haine. Secrétaire de René Cassin, il a contribué à la rédaction de la Charte des droits de l'Homme des Nations Unies. Combien sont ceux aujourd'hui, pitoyables pantins de leurs faiblesses, qui abdiquent en masse aux principes, sans l'excuse d'un fusil dans le dos ?

Pour beaucoup de monde, Stéphane Hessel était déjà au Panthéon des hommes importants, réellement importants, celui de la popularité, de l'exemplarité.

Stéphane Hessel a réveillé l'esprit critique, le sens humain et la raison. Il a encore su initier le mouvement d'indignation politique qui se répand sur les continents en publiant un tout petit livre par le nombre de ses pages mais d'une puissance sans mesure par la portée de ses propos.

Ce livre constat est un concentré de vie et d'énergie. Celui d'un homme engagé dont l'action a nourri la réflexion qui l'a conduit à continuer à agir, jusqu'à la fin, pour la beauté de l'humain, l'idéal d'une humanité apaisée et respectueuse de l'autre.

Stéphane Hessel était beau, vrai, grand, parce qu'authentique et désintéressé. Un être trop rare, parce que dans un monde où le scandale est devenu ordinaire et où l'inertie de la médiocrité finit de consacrer la vulgarité, le fascisme mou de l'indifférence, le mépris de l'altérité. Un monde sans exigence intellectuelle où prédomine la seule satisfaction comptable de quelques brutes diplômées, d'écoles qui ont exclu les humanités.

Baudelaire disait que les Nations n'ont de grands hommes que malgré elles. La vie et l'oeuvre exemplaires de Stéphane Hessel ne pouvaient que déranger les imposteurs de l'histoire et de la politique. Les attaques dont a fait l'objet Stéphane Hessel ont donné raison au poète.

La mort de Stéphane Hessel n'est qu'une étape de sa vie, une trace qui reste, elle, immortelle. Elle fait écho au quatrain final de Sully Prudh'omme tiré du poème "Les Yeux" :

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.

Adieu, donc, Stéphane Hessel, dans l'attente de se revoir.

 

Vidéo :

Playing for change

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