Jean-Noël Barrot note que l’Intervention militaire « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international». Le président de la république française approuve ce qui est le contraire même de la doctrine de base de notre pays en matière de droit international.
L’exemple de la Libye ou de l’Irak ne lui est pas venu à l’esprit?
Oublie-t-il la menace qui pèse sur le Groenland? Dira-t-il, si les USA envahissent l'île que la population enfin peut jouir de sa liberté, débarrassée du joug colonial?
Pour le reste la doctrine proclamée, répétée, complétée de Donald Trump c’est celle de la force, sans droit, sans explication, sans justification étayée…
Certes Nicolás Maduro a volé la dernière élection de son pays et il peut être désigné comme un dictateur… Mais si Trump décide selon ses opinions de faire le « ménage » dans son pré-carré (selon lui) alors la suite - si l’ONU et les autres pays ne ripostent pas - risque d’être terrible.
La haute représentante estonienne de l’Union européenne pour les affaires étrangères Kaja Kallas fait une déclaration d’une timidité criminelle: «J’ai parlé avec le secrétaire d’Etat Marco Rubio et notre ambassadeur à Caracas. L’UE suit de près la situation au Venezuela. L’UE a maintes fois affirmé que M. Maduro n’a aucune légitimité et a plaidé pour une transition pacifique. En toutes circonstances, les principes du droit international et la Charte des Nations unies doivent être respectés. Nous appelons à la retenue.»
Si Trump attaque le Vénezuela, Poutine peut se sentir tout à fait autorisé à s’attaquer à l’Estonie, selon la doctrine enfin avouée des USA. Chacun maître chez soi, il suffit d’élargir le périmètre.
Et Emmanuel Macron, qui approuve, devrait se souvenir que le Vice Président J.D. Vance a affirmé que les armes nucléaires françaises et britanniques constitueraient une menace directe pour les États-Unis si elles tombent entre de mauvaises mains… On imagine pas Jean-Luc Mélenchon enlevé par un commando ricains (puisqu’il ne sera jamais élu) mais Macron aurait du noter que le prétexte d’intervention des troupes américaines est « la lutte contre la drogue » pas l'accaparement des ressources pétrolières et le souligner.
Que dira Emmanuel Macron qu’en le shérif américain fera une descente en Martinique, en Guadeloupe ou en Guyane sous ce prétexte où un autre.
Les «inexactitudes », les « mensonges » dans la déclaration de Trump sont nombreuses. Je ne relève qu’une phrase « Les Vénézuéliens ne produisaient presque rien par rapport à ce qu’ils auraient pu extraire. » Cette petite phrase vient du discours colonial de base depuis 1492, les envahisseurs, prédateurs, impérialistes et génocidaires l’utilisent toujours… Les autochtones ne sachant pas « exploiter » la richesse et les ressources d’un pays, les Blancs ont le droit de conquérir, piller, génocider.
Trump conclut « Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question. »
Il faut le prendre au sérieux, il prendra ce prétexte pour agir où il veut, donc aussi dans notre pays.
S’il s’occupait de la sécurité de « sa » zone, pourquoi n’a t’il pas repris Haïti?