"Je ne veux rien voir à Fukushima"

Jouer les Cassandre on me dira... Fukushima, et l'aveuglement devant la catastrophe qui vient!

Pochoir à Paris © pol Pochoir à Paris © pol
Jouer les Cassandre on me dira... Fukushima, et l'aveuglement devant la catastrophe qui vient!

Je ne parle plus du dérèglement climatique, je suis fatigué, pourtant l'horreur se cache dans le dernier rapport du GIEC bien fait,  bien travaillé.

Je ne monte plus au créneau, je n'ai même pas envie de faire un documentaire sur ce qui m'occupe depuis 1990 et qui m'a valu tellement de sarcasmes...

Ce n'est pas jouissif d'avoir vécu toutes ces années pour comprendre qu'on a raison, depuis le début, que ce qu'on racontait, était exact. Avoir raison, cela n'est pas intéressant. J'aurais mieux fait de ne pas m'être rendu compte de cette réalité-là - le dérèglement climatique - en faisant mon travail honnêtement. J'aurais mieux fait d'être aveugle, comme la plupart. J'aurais été bien plus heureux, au lieu d'aller sonner à la porte des gens importants pour les prévenir: "Laissez-moi dormir!" qu'ils répondaient. Moi, je ne me suis pas réveillé un matin, en me disant: "Qu'est-ce que je peux raconter comme connerie pour emmerder le monde" (j'aime bien parler avec ce genre de mots - parce que cela correspond à la situation). C'est venu en travaillant, je ne cherchais pas cela. J'ai pris conscience  - comme la plupart -  en faisant la synthèse de sujets qui m'occupaient. Je m'en suis rendu compte innocemment.

Bref, même les députés verts sont dépossédés de leur cause aujourd'hui...

Les solutions sont sur la table, clairement affichées, et évidemment ce ne seront pas celle-là qui seront choisies. Je suis fatigué...

J'avoue avoir été soulagé le jour où le mauvais film d'Al Gore est sorti, il a eu un énorme impact. Quelqu'un avait fait le boulot, l'idée était passée...


Comme je suis un garçon plein de contradiction, dans une discussion avec un chargé de programme de notre service publique, je lui ai demandé ce que faisait sa chaîne, comme film, à propos de Fukushima. Comme je trouvais cela faible et que visiblement, pour la énième fois, il ne prendrait pas le sujet que je lui proposais, je me suis mis à discuter comme si nous étions dans un dîner amical.

Et si on faisait un film sur le devenir du "nuage" de pollution dans la mer (pas de nuage, mais des courants, je sais). Le chargé de programme  me dit; "ben au bout de dix minutes tu as terminé le film, tu as fait des mesures, montré des courant, cela ne fait pas un 52'"(Oui, on se tutoie dans ce métier)

Alors je lui raconte la vie des poissons, la vie de la pêche, de la congélation et comment on donne (ou on donnera)  du poisson bourré de déchets radioactifs à nos enfants (des doses qui correspondent aux normes internationales stupides)... parce qu'on n'a pas lu l'étiquette (pêché dans l'océan pacifique). Et on discute donc de l'effet des "petites doses" et je lui rappelle le débat sur comment l'O.M.S; ne traite pas ce cas là.... etc... etc... Je lui dis tu as raison, cela ne tient pas dans un film de 52', j'ai besoin d'en faire une série...

Cela le soulage, il n'y a pas de place sur sa chaîne à propos de série de ce genre anxiogène...


Hier je disais à une copine monteuse que l'histoire du cinéma est mal faite, on devrait raconter la vie des cinéastes (des grands, des importants, des reconnus par le marché - pas moi qui ne fait que des documentaires) en racontant la suite des films qu'ils ne feront jamais... La vie des hommes du XXI siècle va ressembler à cette histoire des films qu'ils ne vivront jamais.


Depuis 40 ans "on" n'a pas arrêter le dérèglement climatique, nous voyons bien la catastrophe que cela engendre, et le manque de vie que cela va conduire...On pourrait raconter l'histoire de nos vies, à partir d'une fiction: Nos dirigeants seraient là pour régler des problèmes dans le sens de l'intérêt général, au lieu de servir la soupe au banquier (je parle d'une fiction - c'est de l'humour)


Aujourd'hui une catastrophe monstrueuse se développe plus ou moins lentement, mais surement, une catastrophe mondiale et pas grand chose n'est fait pour l'arrêter

Mes propositions: Mettre tous les dirigeants de TEPCO en prison, confisquer tous leurs biens et ceux des actionnaires (il faut que les casseurs paient), et envoyer des spécialistes mondiaux essayer de traiter la chose avant que cela soit définitif.

http://www.huffingtonpost.fr/2013/10/03/fukushima-fuite-eau-serie-noire-continue_n_4034563.html

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