Contre l'oubli?

Il s’agit de jeunes filles, je n’en connais aucune. Je n’ai pas vu de photos d’elles. Elles n’ont pas de visages que l’on puisse afficher sur les façades des mairies.

mobilisation! mobilisation!
Il s’agit de jeunes filles, je n’en connais aucune. Je n’ai pas vu de photos d’elles. Elles n’ont pas de visages que l’on puisse afficher sur les façades des mairies.

 

Le 14 avril 2014, à la tombée du jour, des hommes armés ont capturé 230 lycéennes, selon des chiffres donnés par la directrice du pensionnat. Certaines seraient parvenues à s’échapper, sautant des camions. L’enlèvement a été attribué au groupe islamiste Boko Haram. Ce groupe créé en 2002 porte un nom qui s’adresse à nous directement (si j’en crois Wilkipédia). Boko Haram veut dire littéralement, en langue haoussa,l’éducation occidentale est un pêché. Je ne sais rien de ce groupe. Je n’ai pas fait d’enquête sur ceux-ci dont j’entends dire qu’ils sont un dangereux groupe terroriste. Si les gouvernements occidentaux étaient un tant soit peu en accord avec leur discours, la communauté entière aurait adopté ces jeunes filles pour les sauver. Au temps de lutte si intense contre les groupes extrémistes musulmans, pas le moindre satellite ? Drone ? Espion ? Pas le moindre satellite espion pour retrouver des camions remplis de jeunes femmes ? Pas d’analyse de photos satellite pour signaler ces convois importants ?  Pas un homme politique pour parler de victimes innocentes ? Pas de devoir d’ingérence ? Pas même de discours sur l’impuissance du régime nigérian à protéger ses enfants ? Pas de mots ? Rien.

Je lis sur le site de France 24 : « Pour Enoch Mark, un habitant de Chibok dont la fille et les deux nièces ont été enlevées, le gouvernement « fait preuve d’indifférence face à ce désastre monumental ». L’homme apparaît désemparé face à l’impuissance de l’armée à retrouver les jeunes filles. Il a entrepris, aux côtés d’autres hommes de la communauté, de faire des recherches lui-même, en voiture et à moto. Les familles se sont cotisées pour acheter l’essence. « Lors de nos recherches, nous n’avons croisé aucun soldat », déplore Enoch Mark. Arrivé à une centaine de kilomètres de Chibok, il a dû faire demi-tour après avoir été prévenu que les islamistes étaient proches et assassineraient tous ceux qui s’approcheraient. »


Rassemblons nous devant l’ambassade du Nigeria (Ambassade du Nigéria 173 Avenue Victor Hugo, 75116) ce lundi 5 mai à 19h, pour exiger du gouvernement nigérian et de la communauté internationale la mobilisation des moyens nécessaires à leur sauvetage et à leur retour dans leurs familles. Les manifestants des rassemblements à travers le monde ont choisi la couleur rouge. Venez si vous le pouvez avec la tête couverte en rouge, ou avec un vêtement rouge.


De nombreux pays africains subissent des guerres civiles, des conflits et de nombreux problèmes internes, quelque fois apparemment pour des histoires de religions (je respecte toute croyance si elle ne met pas en danger les autres) qui remontent à si peu de temps en comparaison de l’histoire de l’humanité.

Je me souviens d’une photo, prise au Nord Kivu au Congo, montrant une très jeune femme enlevée. Je ne la proposerais pas ici. Elle me bouleverse. C’est une horreur, si juste le temps de votre regard, vous pensez à cette fille, ce qu’elle est devenue, ce qu’elle va subir. J’ai lu quelque récit et mon imagination fait le reste.  Les guerres, les conflits, nous le savons bien, sont particulièrement dangereuses pour les enfants, notamment les filles et les jeunes femmes.


Ce sont nos filles! Nos enfants!


Une pétition est en ligne qui a déjà recueilli plus de  200 000 signatures.

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