Enfoncer le clou

Nous vivons un moment exceptionnel où le rideau se déchire. Tout est là sous nos yeux qui démontre avec des preuves factuelles absolues, l’impossibilité de continuer avec l’organisation et la gestion de nos sociétés. Restons libre de le dénoncer.

Clou ( élément d'une œuvre à Rennes) © Pol Clou ( élément d'une œuvre à Rennes) © Pol
Il me faut enfoncer le clou, répéter après d’autres, en essayant de mieux formuler l’essentiel, pour me sentir libre.

J’ai pourtant un scrupule à écrire encore et toujours sur la pandémie… d’autant que je ne suis pas compétent. Mais j’exerce ici mon rôle de citoyen et ce que je dis d’un ton péremptoire et là pour être discuté, amendé, contredit, cela s’appelle la pratique de la démocratie, cette pratique que « nos » dirigeants oublient à chaque seconde.

Nous vivons une pandémie, ce n’est pas une punition divine, c’est le résultat naturel de l’agression continuelle que l’exploitation outrancière des ressources de notre planète fait subir à ce qu’on appelle la nature, la vie.
Le virus de la Covid19 n’est ni « diabolique », ni « intelligent » il se développe selon une mécanique darwinienne d’évolution, comme parasite, il évolue bien plus vite que les hôtes qu’il infecte.
Cette pandémie n’est pas extraordinaire, ni imprévisible, elle a été décrite par de nombreux chercheurs bien avant qu’elle ne se déclenche… Ils ont décrit, prédit, alerté, en vain. La seule surprise c’est le moment de son déclenchement.

Notre système de santé, l’administration du ministère avait produit, les règles, les règlements, les protocoles à suivre pour combattre une telle pandémie… Il n’y avait donc rien d’imprévu, ce sont les décisions successives de réductions des crédits, le management imbécile et dangereux qui nous ont mené là… Des acteurs de cette destruction sont toujours à l’œuvre suivant leur idéologie mortifère. Ils nous ont laissés entièrement  sans défenses avant même que ce virus ne franchisse la barrière des espèces.

Cette pandémie est atroce pour tous ceux qui sont touchés ou qui perdent un proche, nous en connaissons tous… C’est horrible, parce que tout aurait pu être évité. Une épidémiologiste faisait la comparaison « qui ne se révolterait pas en sachant qu’un avion avec quatre-cent passagers s’écrase tous les jours, en France, sans aucun survivant. » Mais ne nous trompons pas ce sont les décisions des néolibéraux qui jouent les missiles pour dégommer chacun de ces avions.

C’est ce que nous vivons.

Emmanuel Macron prétend qu’il est chef de guerre, et confisque la démocratie en tenant des conseils du même nom, on se demande à qui il fait exactement la guerre? L’urgence sanitaire obligerait à plus de concertation, de mobilisation générale et de compassion et absolument pas au choix arbitraire (au sens d’un seul arbitre sur le terrain).

Emmanuel Macron prétend avoir décidé tout seul du « non-confinement » d’aujourd’hui, contre l’avis de ses conseillers scientifiques, alors qu’en fait il ne fait que suivre l' « avis » du MEDEF. Le stroytelling du pouvoir drape sa soumission aux lois des puissants dans une cape de l’indépendance de la décision politique.

Bref, je pourrais proposer encore plus de petites phrases pour démontrer la « gestion » apparemment ubuesque, kafkaïenne, et absurde de ce gouvernement… Mais de fait il y a évidemment une seule ligne que suit Emmanuel Macron, depuis le début, une ligne claire, une ligne directe sans faille, sans tergiversation, sans modération, ni exception… Sa ligne c’est TINA, pas d’alternative au néolibéralisme !

Le néolibéralisme nous mène à la catastrophe, il faut être aveugler par des dizaines d'années de discours mainstream pour ne pas le voir. Emmanuel Macron ne nous en rajoute qu'une petite louche supplémentaire. Pour lui, et ses commanditaires, il n’y a aucun doute, hésitation, faiblesse… Il n’est là que pour servir les ultra-riches et seulement eux, en nous racontant des petites fables, pour que leur règne continue un peu plus qu’il ne faudrait. Emmanuel Macron gagne du temps, pour que l’ordre économique qui assure à ses mentors le pouvoir et la puissance se maintienne.
La preuve c’est que les hyper-riches sont encore plus riche malgré la crise. La preuve c'est que malgré sa promesse électoral, la suppression de l'ISF n'ayant absolument pas donné le résultat que le petit conte à dormir debout qu'il nous a servi prévoyait. Il a promis que si la suppression de l'ISF ne donnait pas plus d'investissement, il rétablirait cet impôt! Maintenant que toutes les preuves sont là que cela n'a produit que de la richesse supplémentaire pour ceux qui n'en ont aucun besoin... Le Président a autre chose à faire. Il combat la pandémie.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Vietnam, la Corée du Sud, la Chine sont des pays qui ont su en temps et en heure créé un cordon sanitaire autour des foyers d'infection, pas la France. Parce que le pays, n’avait pas les masques, les tests, les produits, les hôpitaux, les lits, les chercheurs en nombre suffisant, et que ce n'était pas la préoccupation d'un personnel politique certains de son efficacité.

Depuis 1983 petit à petit les baisses de crédits, de dépenses ont asséchés nos capacités de résistance à ce genre de phénomène naturelle.


Emmanuel Macron avec ses confinements successifs, ne fait que gagner du temps pour ne pas que l’hôpital explose, c’est le seul but de sa politique… Que les gens meurent ce n’est pas la question, il faut qu’ils meurent dans un ordre républicain. Selon les recherches de 2003 d'Antoine Flahault, épidémiologiste à l'Inserm, et d'Alain-Jacques Valleron, chargé de recherche à l'Inserm, la grippe de Hong Kong aurait fait plus de 31 000 morts en France entre décembre 1969 et janvier 1970 et serait considérée « la première pandémie de l'ère moderne ». Il n’y eu, à l'époque, aucun article alarmiste dans la presse, parce que l’hôpital n’avait pas été détruit par les coupes sombres dans les budgets et la rationalisation bureaucratique néolibérale. Si l'imbécilité néo-libéral n'avait pas détruit notre capacité de soins, nous n'aurions pas été confiné... Il y aurait eu une attitude rationnelle de combat contre une maladie normale et rien ne se serait arrêté.


Pour stopper la pandémie dans notre pays qui n’est pas une île, il aurait fallu tester toute personne rentrant sur notre territoire - sans fermer les frontières- et immédiatement confiner les endroits où il y avait des foyers d’infection en réalisant des tests massifs directement chez les personnes retenus chez eux… Isolés les malades dans des centres de vacances, des hôtels, des centres d’hébergements agréables et traiter… C’est cela qu’il faudrait encore faire… mais pour suivre cette politique, il faut encore en avoir les moyens… et la volonté… L'arrivée du vaccin, on le voit, ne réglera rien, il faut vivre avec ce virus et les prochains, en changeant nos pratiques.


Quand le seul objectif d’un exécutif c’est en dernier instance assuré le revenu des actionnaires (ces parasites sociaux) tout passe après, et cela ne permet pas de vivre dans un monde comme le nôtre. L'argent du quoi qu'il en coûte a déjà été versé aux actionnaires depuis 1983, qu'ils le rendent.


La mutation des virus (avec les variations et les variants) va continuer à une vitesse d’évolution plus rapide que les mesures prises par les gouvernants… Donc les virus vont tournés autour de la planète, là où ce sera l’hiver, dans les pays où le vaccin et les médecins ne seront pas  présent en nombre suffisant; la pandémie reprendra, et reviendra la saison suivante dans les pays qui auront réalisé une sorte d’immunité provisoire… Il court, il court le virus plus vite que nous.


Ce qui est désespérant, ce n’est pas cette pandémie presque normale, mais c’est qu’en aucune façon dans ce monde mondialisée à l’économie financiarisée les bonnes pratiques, les bonnes mesures seront prises.


Il suffirait de comprendre et d’agir comme si ce genre de pandémie reviendra cycliquement, d’une année sur l’autre pour prendre les mesures qui s’imposent et arrêter de désespérer la population. Ces mesures permettront de résister aux autres catastrophes bien plus terrible qui s'abattent chaque jour dans le monde et qui n'ont rien de naturelles. Que fera le gouvernement quand une centrale nucléaire explosera? Qu’est-ce qui se passera si Paris dans quelques semaines subit une grande inondation? Que dira Emmanuel Macron quand dans les Alpes ou les Pyrénées une horreur comme celle qui s’est passé hier dans l’Everest se produira, quand un pan énorme d'un glacier s'effondrera? Rien nous n'avons pas la protection civile suffisante pour un pays comme le nôtre.

Bref, la gestion de la pandémie, comme la gestion de la crise des gilets jaunes, ou des luttes de l’hôpital ont montré que l’exécutif malgré la communication et les apparences ne bougerait qu’à la marge.

En mars, le gouvernement pour faire ce qu’il prétendait effectuer, aurait du multiplier les salaires des soignants au moins par deux et multipliés les lits - cela peut toujours être réalisé, mais eux ne le feront pas-. Des sommes considérables auraient du être alloué à la recherche avec au moins une nationalisations d’une partie de l’industrie pharmaceutique. Mais la politique néolibérale en matière de recherche depuis bien avant le début de ce siècle c’est d’enfermer la recherche dans un système d’obligation de résultat et de projets présentés à l’avance qui favorisent la fraude et l’inefficacité au lieu de laisser les chercheurs se tromper librement.

Nous vivons donc sous le régime autoritaire d’un gouvernement qui ne s’occupe uniquement de communiquer pour prétendre être le meilleur du monde sans avoir d'autre efficacité que la préservation du monde ancien. Si on compare, une déclaration de janvier, elle est nier par la communication de mars, qui sera contredite quelques mois plus tard, à vouloir communiquer en cachant la poussière sous le tapis, en ne disant jamais la vérité, c’est la confiance qui s’écroule et c’est à terme la politique du pire…

Les galeries parisiennes (le marché de l’art) sont ouvertes pas les musées. Les galeries marchandes étaient ouverts, pas les petites boutiques au bout d’un an de réflexion, ils viennent d’avouer leur mauvais calcul, sous la pression populaire. La pandémie à bon dos, elle permet de faire reculer nos libertés, la démocratie, et de prendre des mesures autoritaires. Elle permet aussi les restructuration, les licenciements, bref c’est un bel épisode schumpetérien qui permettra aux plus forts de dévorer et détruire les moins résistants. Tout bénef pour les ultra-riches, ce ne sont pas eux qui se suicideront.

La différence entre l’autoritarisme et la démocratie, c’est qu’en démocratie après de réel débat on prend la mauvaise décision ensemble, alors qu’aujourd’hui ce sont Macron, Castex, ou Véran qui semblent décider seuls paravents de ceux qu’ils servent . Espérons qu’il n’échappent pas aux procès quand la démocratie réelle et pas feinte reprendra ses droits en France.

Un crime d'écocides se jouent devant nos yeux. L'État a perdu dans le "Procès du siècle".

Les séditieux, les séparatistes sont bien ceux qui gouvernent.

Je voudrais enfoncer le clou, pour rester libre, il faut s’exprimer, afficher son désaccord, utiliser tous les leviers - et aussi le vote, si on nous laisse voter- pour renverser la tendance. Inventons des moyens de protestations et des formes de luttes différentes… c’est parce que c’est désespéré qu’il faut le faire… c’est bien parce que tout le personnel politique est enfermé, englué dans des règles qui ne sont plus efficaces que la solution viendra de chacun de nous qui ne formons plus ce peuple souverain qui est proclamé par les principes républicains.

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