Copenhague: vers un suicide écologique?

Cela ne fait pas la une des journaux, mais la conférence de Copenhague est probablement déjà un échec. Non seulement il n'y a pas de gouvernance mondiale, mais il semblerait que nous allons tout droit vers un suicide écologique.

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Cela ne fait pas la une des journaux, mais la conférence de Copenhague est probablement déjà un échec. Non seulement il n'y a pas de gouvernance mondiale, mais il semblerait que nous allons tout droit vers un suicide écologique.

«Copenhague, c’est le rendez-vous de l’Humanité», affirmait Jean-Louis Borloo, ministre français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, peu avant la deuxième réunion de préparation du Forum des économies majeures (FEM), que Paris accueillait les 25 et 26 mai derniers.


Le FEM est un moyen de faciliter «un dialogue franc et ouvert entre les grands pays développés et les pays en développement, afin de donner l’élan politique nécessaire pour l’obtention d’un accord ambitieux sur le climat à Copenhague», résume un communiqué de Jean-Louis Borloo et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.

(http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/un-pas-plus-dans-lutte-contre-changement-climatique-juin-2009_73416.html)


Et bien le FEM c’est réuni en marge du G8 hier.

Je me contente de citer un autre communiqué, parce que je me sens vraiment fatigué d’écrire des mauvaises nouvelles.
Selon l'AFP, les grandes économies mondiales regroupée au sein du Forum des Economies Majeures (MEF) auraient, d'ores et déjà renoncé à s'engager sur un objectif de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. En effet, le projet de déclaration finale évoquerait l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C maximum d'ici à 2050 mais aucun objectif quantitatif en matière de CO2.
Or selon les experts du GIEC cette limitation à 2°C nécessitera nécessairement une réduction de 50% des émissions de GES
(Gaz à effet de Serre). C'est un suicide écologique. Pour garder de bonnes chances de limiter le réchauffement global à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels (fin 18è siècle), il faut au moins diviser les émissions mondiales par deux d'ici 2050 et plus sûrement par trois, par rapport à 1990, a rappelé à l'AFP Jean Jouzel, climatologue et glaciologue français et co-lauréat au titre du GIEC du Prix Nobel de la paix 2007.
Pour la fédération d'association France Nature Environnement, cette annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre et signifie la mort du sommet de Copenhague. Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement met en cause la conduite des négociations : nous sommes en colère car nous réclamons depuis longtemps une vraie réflexion sur la manière de négocier avant même de s'interroger sur le contenu des négociations. Cela fait des mois que nous tirons la sonnette l'alarme sur le problème de la gouvernance démocratie de ces négociations. Rien n'a été fait ! , a-t-il déclaré.
Le Forum des Economies Majeures comprend le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie), le G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique), la Corée du Sud, l'Australie et l'Indonésie. Autrement dit, les pays représentant 80% de la consommation énergétique mondiale et 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Il doit poursuivre ses négociations le jeudi 9 juillet mais l'absence du Président chinois, parti précipitamment pour cause d'émeutes dans une province de Chine, ne permet pas d'envisager de nouvelles conclusions.

http://www.actu-environnement.com/ae/news/FEM_objectif_reduction_ges_7867.php4
Il est plus que temps de ce bouger ? Non ?

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