La Belgique s'effrite

België gaat niet Splitsen! La Belgique ne sera pas séparée ? Pas si évident ! En tout cas la Belgique s'effrite.

België gaat niet Splitsen! La Belgique ne sera pas séparée ? Pas si évident ! En tout cas la Belgique s'effrite.

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Si jamais nous suivions son exemple alors il y aurait toutes les raisons, par exemple, pour que le Pays Basque se construise, au détriment de l’Espagne et de la France. Mais bien des frontaliers Français aimeraient que leur région se retrouve rattachée au pays d’à côté. Les Belges qui ont l’air de gentils doux dingues surréalistes sont peut-être en fait de formidables précurseurs.
Quand je suis allé dernièrement à Bruxelles, j’ai été étonné de voir des drapeaux belges pendre un peu partout aux fenêtres comme si la ville vivait une éternelle fête nationale. Pourtant ces bannières qui pendent ne paraissent pas être très festives.
Le 14 décembre 2006, la chaîne télévisée publique francophone, la RTBF, a interrompu ses programmes de manière impromptue pour affirmer que le Parlement flamand avait voté, unilatéralement, son indépendance. Ce canular a secoué la Belgique. Je rêve d’une télévision publique qui aurait le même courage. Imaginez ce que nous pourrions avoir comme fiction formidable en France
La Belgique est décidément un drôle de petit pays, ils arrivent à faire des coalitions politiques de couleurs oranges bleues, comme en hommage à une aventure de Tintin. Ils parlent de créer un couloir pour réunir Bruxelles à la Wallonie, comme si nous étions en pleine guerre froide. La question linguistique est si amusante qu’à Bruxelles, dans certain quartier, Union Européenne exige, on vous demande en Anglais ce que vous voulez boire. Vu du journal télévisé français, on s’étonne que dans une commune flamande de la banlieue de Bruxelles, il faille un examen scolaire pour prouver sa capacité à parler le flamand afin d’obtenir un logement. En France, nous pratiquons de même pour les étrangers et tout les monde trouve cela normal.
En1815 : Le Traité de Vienne réunit la Belgique et la Hollande à la suite de la défaite de Napoléon. D’août à octobre 1830 : Les Belges se soulèvent contre les Hollandais parce que la question religieuse est à ce moment de l’histoire bien plus importante que le problème linguistique. Aujourd’hui personne ne va se battre en Europe pour séparer les Protestants et les Catholiques. Le 4 octobre 1830 à la création de la Belgique, il n’y avait pas de langue officiel et toutes avaient droits de cité. Mais dans les faits, ce fut le Français qui fut utilisé comme seule langue officielle. Or, à cette époque, la majorité de la population belge avait comme langue maternelle soit le Néerlandais dans sa forme dialectale (flamand, brabançon ou limbourgeois), soit l’un des idiomes issus du latin (wallon, picard, lorrain, gaumais, etc.). La ville de Bruxelles, quant à elle, ne comptait à ce moment-là que 15 % de francophones, pour la plupart des descendants des Français immigrés dans cette ville plusieurs décennies auparavant. Je ne vais pas me lancer dans un historique du pays, mais c’est certain que depuis le début de l’histoire belge les francophones ont toujours bien été servis. Il y a eu un vrai déséquilibre.
Mais peut-être qu’il y a bien autre chose que les drapeaux pendus sur les façades racontent. Les Belges accusent les hommes politiques d’être coupés de la population et de jouer à la crise. Le14 novembre 2007 un sondage indiquaient que 78 % des Wallons, 72 % des Bruxellois et 67 % des Flamands pensaient pour parler vulgairement que les politiciens ne cesseraient de se chamailler, mais s'arrangeraient en fait sur le dos des gens. Il y aurait là un vrai danger... et une vraie leçon, que nous devrions entendre, la politique ne devrait pas être un métier. Les représentants du peuple devraient être issus du peuple. Le peuple souverain comme on aurait dû dire en France le 14 juillet dernier.

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