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Le Club de Mediapart mar. 30 août 2016 30/8/2016 Dernière édition

les os usés

La séduction du marketing est infinie. Les créatifs abiment même nos rêves les plus fous. Ce petit film met en scène la complexité de notre identité. Ceux qui manifestent contre le mariage pour tous, hurleraient à la pédophilie, alors qu'il n'y a ici que la représentation simple (et trop moche dans sa modernité, sa technicité de pub) de notre complexité.
© EvianBabies

La séduction du marketing est infinie. Les créatifs abiment même nos rêves les plus fous. Ce petit film met en scène la complexité de notre identité. Ceux qui manifestent contre le mariage pour tous, hurleraient à la pédophilie, alors qu'il n'y a ici que la représentation simple (et trop moche dans sa modernité, sa technicité de pub) de notre complexité. Et oui notre cerveau possède, en même temps, des parts différentes d'identité. Nous sommes tous - surtout ceux qui cassent du PD, et donc qui ont peur de découvrir leur part féminine - différents à l'intérieur. Seul ceux, qui sont pour la police de l'esprit, essayent de se (de nous) fabriquer une représentation univoque.

Le film publicitaire, ici, pourrait être un film de propagande pour la liberté et la vie, c'est en cela qu'il est séduisant. Mais cela vend de l'eau, cette substance qui nous constitue, à laquelle nous appartenons et qui nous appartient ainsi de facto. Faut-il être tordu pour acheter un élément qui doit être absolument gratuit, un droit (tordu ou démuni d'eau potable à l'horizon). L'eau c'est la vie et cette vie, il faut la préserver des mains des profiteurs. L'eau c'est beaucoup trop beau pour la mettre en bouteille.L'eau c'est beaucoup trop important pour la laisser à une marque. Maintenant qu'il faut faire des économies, buvez de l'eau du robinet, imposez la gestion communale et arrêtez de donner de l'argent à une entreprise de captation des ressources naturelles qui vous appartiennent.

Je me tue à dire que pour écrire, filmer, je dois retrouver l'enfant qui est en moi. À 58 ans, mon cerveau, plastique et souple, me permet d'être en phase quelque fois avec une jeune personne (garçon ou fille), je retrouve ma spontanéité, mon envie (ce qui peut devenir assez douloureux quand on est enfermé dans sa vieille carcasse). Romain Gary disait dans un documentaire que j'ai vu récemment: "Vous ne savez pas comme c'est terrible d'avoir 19 ans dans sa tête, quand on est enfermé dans un corps de 57 ans."

La pub nous montre des êtres immatures, enfermés dans le stade du miroir, narcissiques et individuels alors que cette jolie réalité aurait pu nous donner tout autre chose. Les trucages numériques induisent l'idée que tout est possible. C'est aussi un film sur l'éternel jeunesse, l'eau de jouvence, et j'arrête là parce qu'il y a à réfléchir sur cette négation du temps, de l'âge, et cette proportion à nous faire rêver à l'immortalité...

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Sans doute est-ce ce que l'on appelle du travail bien fait ? Sans doute est-elle "efficace" et l'annonceur ne demande-t-il pas autre chose aux "créa" de l'agence de pub ? Oui, du bon boulot.

Mais je partage votre point de vue...

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L'auteur

pol

Pierre Oscar Lévy, réalisateur de documentaire, etc...
Paris - France

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