Un climat de rire.

Dans mon dernier billet, je dénonçais l'absence de lien entre les informations données sur "le temps qu'il fait" et celles indiquant le dérèglement climatique. À ma grande surprise dans l'édition du journal de la nuit, sur BFMtv, un petit sujet en fin de journal réunissait les deux types de "nouvelles".

capture d'écran © Pol capture d'écran © Pol
Virginie Schwarz - Présidente directrice générale de Météo France, selon le sous-titre qui la présentait - indiquait que "depuis les années soixante" le volume des précipitations augmentaient régulièrement, et que les épisodes atypiques et violents se multipliaient en France, en raison de l'augmentation du dérèglement climatique. Ensuite dans une très courte intervention Hervé Le Treut - que la chaîne présentait comme climatologue (alors qu'il a dirigé l'Institut Pierre Simon Laplace de 2008 à 2019 où se travaille les modélisations du climat à venir ) - vint nous dire que s'accumulait dans l'atmosphère le CO2 dont la concentration affectera pour longtemps - plus d'une centaine d'années - les conditions climatiques même après que nous ayons atteint le but "zéro émission". 

Bref à la suite de la fuite d'un extrait du brouillon du prochain rapport du GIEC qualifié d'"apocalyptique", il semble qu'un effort de conscience se soit produit dans certaines rédactions (je ne lis pas tous les journaux, et ne vois pas tous les bulletins d'informations télévisées). L'importance de la question, l'urgence de la nécessité d'agir voudraient que cela soit toujours en début de chaque journal. Mais cela n'arrivera que quand il sera vraiment trop tard - si ce n'est pas déjà le cas-.

Le rire étant la politesse du désespoir, il me reste à vous inviter à rire de tout cela. Rire que les débats de la campagne électorale ne tourne pas autour de cette seule question. Rire du fait que le sujet de l'insécurité - imposé par la droite extrême et repris par l'ensemble des médias et des politiciens - n'ai pas d'existence réelle - les statistiques indiquent une baisse lente et généralisée des violences et de l'insécurité en France inversement proportionnelle à l'augmentation de l'insécurité sociale et à la croissance exponentielle de l'insécurité due au dérèglement climatique. Rire de la pandémie de COVID dont l'existence est dû à l'effondrement de la biodiversité et à l'élevage industrielle. Rire qu'il n'y ait aucun débat sérieux, ni aucune réaction effective de l'exécutif à propos de la "sixième extinction" . Rire du fiasco total de la commission citoyenne sur le climat qui a été totalement saboté malgré les belles promesses "sans filtres" du Président. Rire par avance des prochains procès pour mise en danger d'autrui, et inaction face à la disparition prochaine de l'humanité entière. Rire en attendant la mort comme disait le prophétique Pierre Desproges. Rire en glissant votre bulletin dans l'urne en votant pour les VERTS qui sont bien les seuls à mériter votre suffrage. Rire parce que c'est probablement trop tard pour agir, mais que les causes désespérées sont les seules digne de se mobiliser. 

Si par malheur - en Île de France, par exemple - Julien Bayou et la gauche unie (par miracle?) n'étaient pas vainqueur, se plaindre après n'aura plus aucun sens. Le foot, le Covid, les vacances, les soirées festives n'existeront bientôt plus, seule l'insécurité climatique régnera en maître et possesseur de l'humanité... et pas en 2050. C'est aujourd'hui partout tous les jours que vous pouvez le vérifier. Un dernier mot pour rigoler, la canicule fait bien plus de mort que le Covid, mais pour l'instant elle dure moins longtemps, et cela ne sera que pour peu de temps. À la fin du siècle la moitié de la planète sera totalement inhabitable si vous ne faites pas votre devoir de citoyens, voter, militer, vous mobiliser. Moi cela fait depuis les années 70 qu'on me traite de fou quand j'écris des billets de ce genre. Certains au tournant de ce siècle m'appelait Philippulus, notamment Hubert Védrine, c'est mieux que de recevoir la légion d'honneur. 

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