Lettre ouverte à E. Macron: chiche, dėbatons sur la LOI-MEDEF et sur le chômage

Le ministre de l'économie a fait sa tournėe de promo à Lyon, promo de l'industrie chimique, promo de la robotique industrielle et promo de son grand admirateur, le maire de Lyon, Gerard Collomb. J'ai pu l'interpeler sur la LOI-MEDEF, et nous avons échangé quelques arguments. Mais pour dialoguer, je lui propose de m'inviter à un débat public sur la loi El Khomri et sur le chômage.

Il y a une chose que l'on peut mettre au crédit du ministre de l'économie, c'est qu'il ne fuit pas le dialogue avec ses opposants. 

 

En visite promotionnelle à Lyon, il a fait la tournée de différents sites industriels et politiques. S'il était attendu par de nombreux grèvistes et manifestants à l'usine Arkema et à la mairie de Lyon, il avait semé ses opposants à l'Institut des Ressources Industrielles, une école de formation de la métalurgie près du MEDEF lyonnais. J'avais choisi ce lieu où la robotique est développée et enseignée pour l'interpeller sur la LOI-MEDEF et sur l'augmentation du chômage que la robotisation et l'informatique impliquent. 

 

Étant la seule manifestante à l'attendre (avec ma chasuble et mon porte parole à 4 pattes portant "RETRAIT LOI MEDEF") au milieu des photographes et des policiers en civil, je n'ai pas justifié l'intervention des dix cars de CRS sur le pied de guerre, qui attendaient dans la rue voisine. 

 

Les policiers en civil, qui me connaisent bien (un m'a rappelé que j'avais déja jeté un yaourt vers Macron) m'ont juste repoussée à distance et on fait un barrage de leurs corps quand le ministre est arrivé. Mais comme ils ne m'avaient pas baillonnée, je lui ai crié de loin "RETRAIT LOI-MEDEF, retrait loi-medef..." j'usqu'à ce que E. Macron vienne vers moi pour discuter. 

 

Nous avons chacun développé nos arguments sous les yeux d'une camėra de télévision et des photographes, avec le maire de Lyon qui essayait de m'empêcher de parler (il me connait aussi très bien et n'apprécie pas du tout que j'ose m'imposer). Mais ne comptez pas voir les images de ce mini débat passėes aux infos, les médias savent faire le tri entre les innondations et une voix dissidente NON VIOLENTE.

 

J'ai argumenté que ce n'est pas en faisant travailler plus longtemps ceux qui travaillent déjà que le chômage peut diminuer, au contraire, ça ne peut qu'augmenter le nombre des chômeurs. J'ai tenté de le persuader que seule la réduction du temps de travail peut permettre à tous de travailler. Je lui est aussi présenté ma proposition de financer notre protection sociale sur le capital plutôt que sur le travail. Là il est tombé d'accord que les cotisations sociales ne devaient plus être payées sur les salaires. Mais en fait, nous ne sommes pas du tout d'accord. Où il veut exonérer les entreprises de tout financement social, moi je veux que les entreprises continuent à financer la sécu mais sur une base différente, sur leur capital (au sens comptable) au lieu de sur le travail de leurs salariés. Pour faire "cotiser" les machines  qui mettent les salariés au chômage. Le ministre a vite été récupéré par d'autres questions plus conventionnelles et notre dialogue sous la pluie c'est achevé a peine après avoir commencé. 

 

Je reste sur ma fin, de ce débat avortė, je suis sure qu'il pourrait être constructif. Aussi j'en appelle à M. Macron de m'inviter à un débat médiatique, où nous pourrions exposer nos arguments respectifs et convaincre sur des analyses du 21éme siècle, plutôt que sur des dogmes des siècles passés. M. Macron, comme tous ceux qui lirons ce texte, peuvent déjà appréhender mes arguments en lisant les 2 billets que j'ai écris depuis plusieurs années sur ces mesures contre le chômage, qui méritent au moins d'être étudiées.

 

Contre le chômage : 3 solutions par le partage du travail :

http://blogs.mediapart.fr/edition/pole-emploi-mon-amour/article/121014/contre-le-chomage-le-partage-du-travail-et-non-la-persecution-des-chomeurs-la

 

 

Pour un financement alternatf de la protection sociale et de l'inverstissement écologique :

http://blogs.mediapart.fr/edition/entre-republique-et-bastille/article/300714/sauvons-la-secu-cotisations-patronales-sur-le-capital-au-lieu-de-sur-le  capital

 

 

Je remercie M. Macron pour son ouverture d'esprit et son acceptation du dialogue. Je le prie d'aller jusqu'au bout de sa démarche, et de me permettre de débattre face aux téléspectaleurs de nos idėes respectives. Tout le monde peut me joindre, y compris M. Macron, par les commentaires de ce billet ou le contact de mon blog.

 

Pourlavenir

http://blogs.mediapart.fr/blog/pourlavenir

 

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