"Sécurité" ou sécuritéS : climatique, sanitaire, sociale, de revenus, alimentaire ?

La "sécurité" serait la préocupation principale des Français, mais contre quelle insécurité ? Celle qui tue trop dans les quartiers, où celle qui a fait 100 000 morts par pandémie. Celle qui fait l'hécatome des espèces animales, y compris les plus indispensables à la survie humaine (abeilles) et celle qui nous précipite dans l'HOLOCAUSTE CLIMATIQUE à courte échéance.

La "sécurité" serait la préoccupation principale des Français, mais quelle sécurité ? Contre l'insécurité sanitaire, qui a fait plus de 100 000 morts avec la gestion désastreuse de Macron, ou contre l'insécurité du commerce du canabis qui fait malheureusement des ravages dans les quartiers submergés par le chômage ?

Les médias, dans leur propagande autoréalisatrice, nous prédisent que la "securité" est la grande préoccupation des Français pour l'élection présidentielle. Alors examinons calmement les risques qu'encoure notre société et déterminons les insécurités les plus dangereuses.

Recemment, des meurtres affreux nous ont choqués et endeuillés. Des policiers ont été tués dans l'exercice de leur fonction, c'est terrible. Mais une assistante sociale a aussi été tuée dans l'exercice de sa fonction. Pourquoi la mort d'une assistante sociale, qui aide les plus vulnérables de la société, n'a pas fait se réunir quasi tous nos politiques devant l'Assemblée Nationale pour demander qu'il y ait moins d'exclus, et donc, moins de personnes qui pètent les plombs. 

La fonction d'un policier n'est-elle que de défendre l'ordre établi, cet ordre est-il en bas des immeubles de banlieue ou plutôt devant les banques les jours de manifestation. La fonction et la vie d'une assistante sociale vaut-elle moins que la fonction et que la vie d'un policier ? Pourtant les travailleurs sociaux font leur possible (avec les moyens du bord) pour pacifier ces mêmes banlieues et y réussissent souvent beaucoup mieux que la police.

L'utilité d'un fonctionnaire de police se mesure-t-elle au nombre d'amendes distribuées par temps de covid ? Et les médailles sont distribuées au nombre d'oeils crevés de manifestants. Pour son avancement, vaut-il mieux, servir servilement le gouvernement que de se sacrifier dans la lutte contre le banditisme qui rackette des zones de non droit ?

Où les moyens ont-ils été mis, à quoi le matériel le plus sofistiqué a-t-il été utilisé ? Toute personne ayant assisté a une manifestation peut répondre. Les équipements de ROBOT-COPS coûtent des fortunes, et aucune économie n'est faite sur le nombre de bombes lacrymogènes utilisées (leurs stocks sont abondaments réapprovisionnés). Des heures de drônes, quand ce n'est pas des heures d'hélicoptères sont employées à la surveillance de la moindre manifestation pacifique de syndicalistes ou de jeunes pour le climat. Mais les policiers des commissariats n'ont pas les moyens de mettre de l'essence dans leurs vieux véhicules et ont des prises électriques dangereuses dans leurs bureaux.

Si les policiers veulent être aimés, ils devraient se demander qui ils servent. Les ordres, qu'ils recoivent et qu'ils éxécutent, servent-ils la veuve et l'orphelin ou le pouvoir (lequel sert ses sponsors les ultrariches) ? Avant de demander des peines plancher pour les exactions contre les policiers, ils feraient mieux de vérifier que les ordres qu'ils éxécutent ne sont pas illégaux et si la "rébellion" ne s'exerce pas contre cette illégalité. 

Les condamnations pour "rébellion" contre des manifestants se défendants des coups de matraques sont innombrables et les sévices physiques contre les Gilets Jaunes ont été dénombrés par David Dufresne dans "allo place Beauveau". Sans parler des injustices et des violences policières que subissent, dans le silence médiatique, depuis des années, les jeunes de banlieues. Alors, après cela, les policiers s'étonnent que certains aient perdu tout respect de leur fonction et que la violence change de camp.

Donc pour redonner du respect aux policiers, il faut que les policiers deviennent plus respectables. Tant qu'ils ne respecteront pas strictement la déontologie du service du public, tant que l'assassinat de Cédric Chouvia ou que l'aggression de Michel Zéclerc, entre autres, n'auront pas été dénoncés par leurs pairs, le peuple ne se sentira pas protégé par la police, mais au contraire menacé par les policiers.

Les policiers comme tous les citoyens devraient examiner les priorités du pouvoir, dans les faits, pas dans les paroles. Quelle "sécurité" choisi-t-il de donner et à qui ?

Quand, le pouvoir nous fait du "quoi qu'il en coûte" pour sauver les dividendes des multinationales (qui n'ont jamais été plus élevés que pendant la pandémie) et, "en même temps", baissent les budgets de l'hopital public, asphixié sous les malades du covid. Quand le gouvernement coupe ou baisse les indemnités de chômage de 1,15 million de chomeurs, ou est la "sécurité" ? Certainement pas dans la précarisation de millions de "riens", qui ne sont pas les "premiers de cordée" que notre Monarc aiment tant vanter... et gâter.

Quelle sont les insécurités qui menacent le plus notre avenir ? Certes l'insécurité  des cages d'escalier pourrit la vie de beaucoup, maintenant ! Mais un avenir sans moyens de vivre, faute de travail ou d'indemnités de chômage est-il succeptible d'améliorer la sécurité dans leur cage d'escalier ? La securité de l'emploi ou au minimum la SÉCURITÉ de REVENUS n'est-ce pas bien plus efficace ?

Une nouvelle insécurité est née avec l'épidémie du covid 19. Désormais la SÉCURITÉ SANITAIRE devrait devenir une priorité. Dans la lutte contre la pandémie, la SÉCURITÉ SOCIALE est l'outil indispensable, car on doit en protéger chacuns ou être submergés par les multiples variants que la prolifération du virus crée. Or que choisi notre gouvernement ? 

Certes, heureusement, après du retard à l'allumage, le pouvoir a enfin compris que la vaccination doit être la priorité des priorités. Mais, par contre, aucune priorité, bien au contraire, pour l'hôpital. La casse de l'hôpital public est plus que jamais dans le viseur de notre gouvernement. Et pour compenser le déficit abyssal de la Secu (dû à la lutte contre la pandémie et aux subventions aux entreprises) la "réforme" des retraites = l'insécutité des retraites nous est promise, pour avant ou pour après 2022. 

Il y a une insécurité qui s'avance à bas bruit, celle qui s'attaque au vivant. Des milliers d'espèces d'animaux disparaissent par notre utilisation de produits chimiques et de surexploitation. L'espèce humaine ne pourra pas en sortir indemne. Entre autre, quand nous aurons exterminé les abeilles, que les fleurs ne seront plus polinisées par ces millions de petites mains gratuites, les fruits manqueront pour nous nourrir. Les famines créeront la plus grande insécurité : la FAIM. Alors la SÉCURITÉ ALIMENTAIRE doit devenir une préoccupation majeure pour notre avenir, avec l'arrêt des pesticides, de la pollution et de la surexploitation du vivant.

Il y a aussi une insécurité gravissime, qui de plus en plus, nous donne des preuves de sa dangerosité mondiale. Le RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE a déja fait des milliards de dommages, par des incendies géants (Australie, Californie...), des ouragans, des innondations (vallée de la Tinée en France...). Il va multiplier les sécheresses et la désertification. Il menace la survie de MILLARDS D'HUMAINS qui vont devoir s'exiler et que le reste du monde n'est pas disposé à acceuillir. Ces mouvements de populations ne peuvent qu'ammener des guerres civiles et/ou internationales. Avec les moyens technologiques disponibles, ces guerres ne peuvent qu'entrainer des millions et même des milliards de morts... jusqu'à l'explosion nucléaire finale?

Face à toutes ses insécurités, réfléchissons à quelles SÉCURITÉS nous choisissons pour la présidentielle de 2022 ? Choisirons-nous "LA sécurité" à la sauce : extrême droite (RN), ou à la mode : droite extrême, de l'UTRALIBÉRALISME AUTORITAIRE et suicidaire de LREM=LR et de tous les partis qui se sont joints à la police pour demander de la RÉPRESSION plutôt que de la PRÉVENTION.

En 2022, quelle(s) SÉCURITÉ(S) pour demain ? Choisirons nous un Avenir En Commun ou l'HOLOCAUSTE CLIMATIQUE ?

Billet publié dans l'edition :  de République à Bastille

https://blogs.mediapart.fr/edition/entre-republique-et-bastille/article/200521/securite-ou-securites-climatique-sanitaire-sociale-de-revenus-alimentai

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.