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Billet de blog 21 janvier 2023

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2millions dans la rue et après? la grève des dividendes ?

2 millions dans la rue, mais, fort d'être élu roi de la 5ème, Macron poursuivra inexorablement sa "réforme". Alors faut-il se contenter d'être à nouveau des millions dans la rue et de faire la grève par procuration dans les secteurs vitaux ? Ou faut-il ajouter un nouveau rapport de force, coûtant des millions de dividendes aux sponsors du président pour les ultra-riches ?

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Contre le travail forcé jusqu'à 64 ans pour tous et surtout, jusqu'à ce que mort s'en suive pour les premiers de corvée, les syndicats ont réussi leur mobilisation : 2 millions de manifestants dans la rue ! Dans toute démocratie normale le gouvernement retirerait une loi si contraire à la volonté des citoyens (exemple : le CPE de Chirac et de son 1er ministre Dominique de Villepin en 2006), mais nous ne sommes plus en démocratie. En élisant un président au service des ULTRA-RICHES, nous lui avons donné les pouvoirs du "coup d'état permanent" de la 5ème république (49/3...). Aussi, vu l'obstination de Macron, s'il nous faut encore montrer notre opposition dans la rue, ça ne suffira pas pour le faire plier. Alors la grève générale ?

MacronKinsey s'est appliqué, s'applique et s'appliquera jusqu'au dernier jour de son mandat, petit à petit, à casser les lois sociales du CNR (Conseil National de la Résistance, pas sa contre-façon Macronienne !) et à casser nos lois démocratiques par ses lois sécuritaires. Avec ses lois "travail", comme ministre de Hollande, puis comme président, Ma€ron a cassé les protections des salariés. Le plus grave, que beaucoup n'ont pas encore compris, est qu'il a cassé le droit de grève. Bien sûr dans la loi, il est toujours interdit de licencier les grévistes, mais dans les faits, rien de plus facile pour les employeurs que de s'en débarrasser. Grâce au barème limité des indemnités Prud'hommales pour licenciement abusif, tout employeur peut licencier un gréviste ou un syndiqué trop revendicatif pour une faute imaginaire. L'obligation de le réintégrer comme spécifié dans feu le code du travail est inapplicable. Si le licenciement est jugé abusif, l'employeur ne risque que de devoir payer quelques mois d'indemnités, même pour des années de présence du salarié dans l'entreprise (exemple pour 30 années et plus de travail dans l'entreprise, l'indemnité est de 3 a 20 mois maximum : lien vers le site officiel du gouvernement donnant le barème de la tarification des licenciements abusifs aux employeurs : :https://www.economie.gouv.fr/entreprises/licenciement-referentiel-indemnites-litige#.

A ce prix, il est très rentable de se débarrasser de ceux qui réclament des augmentations de salaires, des mesures de sécurité coûteuses... ou de ne pas travailler jusqu'à 64 ans et plus. Donc, faire grève est un risque de perdre son emploi. En outre, la précarité de beaucoup d'emploi, CDD, intérim, ubérisation des "auto-entrepreneurs" ... ne permet pas de faire grève. De plus, dans cette période d'inflation et de peur pour leur avenir, beaucoup de salariés ne peuvent pas perdre des heures de grève et risquer de ne plus pouvoir payer leurs dépenses incompressibles. Donc, il faut être réaliste, la grève générale, qui bloquerait toute l'économie n'est pas possible. 

Mais faut-il abandonner l'idée d'une "grève générale" pour autant ? Non, mais il faut adapter cette grève aux conditions économiques du 21ème siècle. Dans la société mondialisée actuelle, avec la production délocalisée à l'autre bout du monde, le rapport de force producteurs(=salariés) contre patrons n'est plus possible. Pourtant, les salariés comme tous les citoyens, peuvent agir avec leur pouvoir d'achat sur l'économie. Les syndicats, les partis de gauche, les organisations de jeunesse, les ONG doivent proposer un bras de fer supplémentaire contre le capital, plus adapté, à notre société de consommation, un rapport de force qui vise les DIVIDENDES des multinationales. Dans la société de consommation les bénéfices des entreprises se font sur nos achats (tout comme les revenus de l'Etat par la TVA). C'est donc un rapport de force consommateurs contre capitalistes qu'il faut construire en mobilisant les citoyens=consommaCteurs par la GRÈVE GÉNÉRALE DE LA CONSOMMATION. Les responsables de la lutte contre cette loi injuste ont le devoir de mobiliser toutes les énergies opposées à cette régression sociale, y compris celles de ceux qui ne peuvent faire, ni la grève du travail, ni manifester. Tous ceux qui ont un poids médiatique doivent offrir à tous les citoyens (même aux retraités, aux chômeurs, aux handicapés...) un mode d'action,  par et sur, l'économie et donc de pouvoir peser sur les décideurs. La grève de la consommation pèsera tant sur l'économie capitaliste, que c'est les oligarques, eux-mêmes, qui stopperont la main de leur(s) serviteur(s) : Macron et ses sbires du gouvernement et de l'Assemblée Nationale. C'est les sponsors de notre Majesté Monarc qui lui ordonneront de retirer cette loi.

Dans la France de Ma€ron, qui obéit à ses sponsors et au MEDEF, le gouvernement légifère pour les lobbies patronaux . Donc il nous faut agir sur les puissants économiques plutôt que sur le pouvoir politique. Si les 2 millions de manifestants, qui étaient dans la rue, se déclarent en grève des achats, s'ils s'engagent à consommer le minimum et à boycotter les multinationales, ça entraînerait de grosses pertes de profits. Pour rendre visible cette grève dans la grande distribution, une PÉTITION-PRÉAVIS de GRÈVE DES DIVIDENDES appelerait à DÉSERTER les hypers, d'abord un jour par semaine, puis deux... jusqu'à laisser les hypermarchés morts, vides de clients toutes les semaines, jusqu'à ce que Macron retire sa "réforme". Ces pertes de ventes seraient une telle perte de profits pour les capitalistes, que le MEDEF ordonnerait à ses marionnettes au pouvoir de retirer la loi sur les retraites pour stopper leurs pertes. 

En signant cette pétition-préavis de grève des dividendes proposée par les syndicats, partis politiques, ONG, personnalités médiatiques.... pas de risques de perdre son emploi, pas de pertes de salaires, pas de lacrymogènes ou de risques d'yeux crevés dans les manifs, et aucunes forces de l'ordre ne peuvent nous forcer à aller dépenser nos salaires dans les hypermarchés. Aussi pourquoi nous refuser une désobéissance civile si efficace sur l'économie. Quand nous proposeront-ils d'enfin avoir tout le poids économique de 80% des salariés qui refusent cette loi ?

S'ils ne se saisissent pas de tous les rapports de forces économiques possibles, et donc, si Macron gagne sa loi sur les retraites, les syndicats et les partis de gauche seront responsables et coupables, non seulement de condamner les salariés au travail à perpète ou à mort, mais ils feront le lit de la victoire du RN en 2027. Est-ce bien ce qu'ils veulent ?

Suivre ces liens vers le mode d'emploi et l'exemple de pétition-préavis de grève de la consommation :

Mode d'emploi :

https://blogs.mediapart.fr/pourlavenir/blog/021218/quand-la-greve-des-achats-comme-resistance-non-violente

Pétition-Préavis :

https://chng.it/QTyqGDHNGz

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