RÉDUIRE LE CHOMAGE PAR LE PARTAGE DES EMPLOIS PENIBLES

RÉDUIRE LE CHOMAGE PAR LE PARTAGE DES EMPLOIS PENIBLES

                    I) INTRODUCTION

Pour que la création d'emplois soit incontestable, la RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL, absolument INDISPENSABLE pour réduire le chômage, doit directement LIER, DIMINUTION du temps de travail et EMPLOIS CRÉÉS. 

 

 

D'autre part, pour être à la fois plus juste entre salariés et plus gérable par les entreprises, la diminution ne doit PAS ÊTRE UNIFORME  sur tous les emplois (comme les 35h) mais appliquée sur les TÂCHES LES PLUS DURES.

 

Une solution à la pénibilité de certains emplois existe dans le partage des emplois pénibles. Ces emplois trouvent peu de candidats et ceux qui sont obligés de les prendre sont usés avant les autres salariés. Ce sont donc leurs horaires qui doivent être réduits. La réorganisation des emplois de nuit, du week-end, en 3X8 h ou dans des métiers pénibles serait source d'amélioration de la qualité de vie de ces salariés tout en étant source de création d'emplois.

 

                    II) PRINCIPE

 

D' abord le temps de travail normal doit revenir à 35 h hebdomadaires et les heures supplémentaires doivent être re-taxées. Le travail intérimaire ou en CDD ainsi que les temps partiels doivent être sévèrement encadrés et avec de fortes indemnités de précarité. 

 

La MAJORITÉ DES ENTREPRISES ayant des horaires normaux et pas d'emplois pénibles, n'auront, elles, NI CHANGEMENTS NI COÛTS SUPPLÉMENTAIRES. Mais celles qui veulent amortir leurs équipements ou rester à la disposition de leurs clients trouveront une rentabilité à travailler de plus larges tranches horaires, malgré le surcoût. Seules certaines activités comprenant des métiers pénibles auront besoin d'une réorganisation. Ces coûts seront compensés, pour les PME, par le financement d'un fond créé spécialement pour financer les embauches créées et pour les plus grandes entreprises par des exonérations de charges, si leur situation financière est mise en danger par ces nouveaux emplois. Un temps d'adaptation leur sera accordé pour leur réorganisation. 

 

Une définition entre travail ordinaire et travail pénible est nécessaire.  Comme base de départ on peut proposer que tout travail de 19 h à 7h, et les samedis et dimanches, soit plus contraignant, ensuite certains emplois seront définis comme pénibles quels que soient leurs horaires (ex : métiers de la restauration, du bâtiment, de la sidérurgie, etc.). Tout emploi dans ces tranches horaires ou ces MÉTIERS PÉNIBLES passera à un TEMPS DE TRAVAIL effectif DIVISÉ PAR DEUX, soit 17h30 temps maximum hebdomadaire pour un salaire inchangé équivalent à 35h normales. Des embauches seront donc indispensables pour compenser les demi-temps dégagés. Ceci nécessitera une RÉORGANISATION, soit sur la semaine, soit un DÉCOMPTE DES HEURES SUR L'ANNÉE. Une alternance, une semaine travaillée, une semaine libre, ou même 6 mois travaillés, 6 mois de vacances avec des équipes bisannuelles, pourrait s'inspirer de l'organisation du travail sur les plateformes pétrolières. Pour ne pas désorganiser les emplois en 3X8h une compensation retardée dans le temps donnerait droit à une retraite anticipée. Pour bien fonctionner ce système ne supporte AUCUNE HEURE SUPPLÉMENTAIRE sur les travaux pénibles et les salariés en pénébilité n'ont droit de faire aucun travail extra en parallèle puisque le nombre maximum d'heures pénibles (17h30) est la GARANTIE DE LA CRÉATION D'EMPLOIS.

 

                    III) EXEMPLES

 

Quelques exemples de mise en pratique de ces nouvelles organisations de travail :

 

          1) Travail de nuit ou du week-end. Cas les plus courants et les plus simples, choix volontaire d'horaires décalés donc embauches et surcoûts sans aides.

- une caissière de la grande distribution travaillant la semaine, et 8h le samedi, travaillera un maximum de 27h effectives pour un salaire de 35h normales : 8h pénibles le samedi X 2  +  19h normales = 16h+19h=35 h. Si le magasin choisi d'ouvrir le samedi c'est qu'il y trouve un intérêt financier malgré le surcoût salarial.

- un étudiant travaillant 16 h le week end pour Mac Donald sera payé 32 h (16 h pénibles X 2).

 

            2) Emplois reconnus pénibles, travail pénible quels que soit les horaires. Cas moins courants mais plus compliqués à organiser et pénalisant financièrement, vu les embauches obligatoires, donc avec financements aidés pour les PME ou aides éventuelles de l'état pour les grandes entreprises :

 

- Une femme de ménage (travail classé pénible) ne travaillera plus que 17h30 maximum par semaine payés 35h. Une autre femme de ménage devra être embauchée pour 17h30 et faire le reste du travail. Ce travail en mi-temps, donc moins pénible mais pour un salaire normal, attirera des mères de famille pour le temps dégagé pour éventuellement pouvoir s'occuper de leurs enfants. 

 

- Un cuisinier de restaurant (travail classé pénible) travaillera 35h effectives, une semaine sur deux pour un salaire mensuel normal. Il travaillera en alternance avec un autre cuisinier dont l'emploi aura été créé. Le temps libre dégagé encouragera les vocations.

 

- Un maçon (travail classé pénible) travaillera 35h/semaine, 6 mois effectifs par an sur les chantiers et aura 6 mois de congés payés pour repartir dans sa famille. Un autre maçon travaillera en alternance pour les 6 autres mois de l'année. Les deux seront évidement en CDI et payés sur 12 mois à un salaire normal. Le temps libre annuel incitera des jeunes à travailler dans ces métiers pour bénéficier de longues vacances, par exemple pour voyager ou pour étudier avec une nouvelle organisation des études. Une plus grande souplesse dans la répartition des temps de travail, la possibilité de ne travailler qu'à la belle saison avec le double de personnel, la plus grande facilité de recrutement, seront des amélioration pour l'employeur.

 

- Un sidérurgiste en 3X8h (travail classé pénible) travaillera 32h par semaine maximum sur les hauts fourneaux mais bénéficiera d'un droit à la retraite avancé, d'autant qu'il aura travaillé en 3X8h. Le surcoût de cotisations de retraite sera, en parti payé par l'entreprise, en partie subventionné par l'Etat contre l'obligation de l'entreprise de ne pas délocaliser sous peine de devoir rembourser, au double, ces aides en cas de fermeture.

 

                    IV) MISE EN PLACE

 

La création d'emplois se fera d'abord d'une manière volontaire par les emplois du week-end et de nuit, puis par la réorganisation des métiers pénibles. Ces réorganisations pourront bénéficier d'un délai plus ou moins long selon les difficultés de mise en place des secteurs d'activité. Cependant le succès pour la création d'emploi implique une rigueur absolue dans le respect des horaires maximum travaillées en pénibilité. Les grandes entreprises devront appliquer ces mesures rapidement. Seules les petites entreprises des secteurs pénibles : PME du bâtiment, restaurants, associations d'aide à domicile, etc. auront des difficultés de mise en place et nécessiteront de remplir un dossier  de financement du fond paritaire. Elles pourront bénéficier d'aide à la formation d'apprentis et de conseillers en organisation mis à leur disposition. Pour leur permettre de s'adapter et leur faire comprendre que la productivité de 2 salariés moins fatigués pour le salaire d'un seul, la plus grande facilité pour recruter, la diminution du chômage donc l'augmentation de l'activité économique, est aussi de leur intérêt, des discussions par branches entre représentants des chambres de commerce et d'industrie ou des métiers et les syndicats de salariés seront mises en place. Aux dates butoirs, ils devront avoir trouvé un accord d'application.

 

                    V) FINANCEMENT : Fond de Solidarité entre Grandes et Petites Entreprises (FSGPE)

 

Une TAXE SUR LES DIVIDENDES versés aux actionnaires par les grandes entreprises devra être créée et alimentera un fond de financement des nouvelles embauches des PME. Les nouveaux emplois seront entièrement subventionnés par ce fond qui deviendra une NOUVELLE BRANCHE "EMPLOI" DE LA SÉCURITÉ SOCIALE. 

 

Ce FSGPE sera géré paritairement par les syndicats salariés et patronaux des PME des secteurs des emplois classés pénibles. Leurs représentants examineront les demandes de financements et accorderont les subventions aux PME :

 

- Pour les emplois créés dans le cadre de cette réduction du temps de travail. 

 

- Dans les condition suivantes, pour la création de nouveaux postes ne découlant pas de cette réorganisation mais rendus nécessaire par l'augmentation de l'activité de la PME. Si l'employeur embauche deux salariés pour 17h30 chacun, il pourra n'en payer qu'un (bien sûr 35h) et l'autre sera pris en charge par le FSGPE. Si l'employeur n'embauche qu'un seul salarié pour 17h30 (temps maximum autorisé en pénibilité) il assumera seul de le payer 35h.

 

Pour les emplois en pénibilité créés par les entreprises plus importantes, des exonérations de charges pourront être attribuées après examen de leur situation financière. Les aides octroyées par l'Etat seront compensées par la diminution du nombre de chômeurs donc des RSA, ASS, CMU... versés et par l'augmentation des cotisations sociales perçues et des personnes imposables. 

 

                    VI) BÉNÉFICES 

 

Ces nouveaux emplois sont bien sûr POUR TOUS LES CHÔMEURS, mais les horaires et la bonne santé qu'ils impliquent les prédisposent POUR LES JEUNES qui y trouveront un grand intérêt vu la contrepartie en TEMPS LIBRE et la chance de trouver un EMPLOI STABLE et JUSTEMENT RÉTRIBUÉ.

 

Les PME gagneront DEUX EMPLOYÉS PLUS EFFICACES pour le coût d'UN SEUL SALAIRIÉ. Les METIERS DIFFICILES gagneront un RECRUTEMENT PLUS FACILE pour les emplois actuellement refusés car trop pénibles.

 

 L'Etat y gagnera l"'activation des dėpenses passives". C'est-à-dire, au lieu de devoir subventionner le chômage en versant les allocations indispensables aux chômeurs ou subventionner des emplois aidés précaires,  l'ETAT SUBVENTIONNERA de VRAIS CDI.

 

La masse salariale générale augmentant, L'ÉCONOMIE REPARTIRA, la création d'emplois normaux s'en suivra et un cercle économique vertueux sera initié. TOUTE LA SOCIÉTÉ, y compris les capitalistes y GAGNERA.

 

                    VII) CONCLUSION

 

Il est temps de saisir le taureau par les cornes, d'être COURAGEUX et d'enrayer la spirale infernale : chômage, pouvoir d'achat en baisse donc économie en baisse, donc plus de chômage, etc.

 

Certes cette réduction du temps de travail et cette nouvelle taxe sont aussi révolutionnaires que la création des congés payés en 1936 et de la Sécurité Sociale en 1945. C'est en réaction à des crises comme celle que nous vivons que ces réformes ont été décidées, malgré l'opposition de la droite, elles ont pu être appliquées et ont fait avancer notre société. 

 

Cette réforme apporte une solution au chômage et à la pénibilité de certains emplois, elle doit donc être examinée, chiffrée et proposée aux Français. Cette avancée sociale deviendra un véritable droit, DROIT À UNE VIE DÉCENTE, droit À L'ÉGALITÉ DE L'ESPÉRANCE DE VIE des différents travailleurs.

 

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