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Billet de blog 3 décembre 2025

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Europe: les va-t'en guerre se déchaînent.

Dans toute l'Europe, on bat le tambour, les trompettes médiatiques retentissent. les va-t'en guerre matraquent une propagande belliqueuse en flux continu. Le système médiatico- politique est tout entier mobilisé dans ce sens. La rhétorique, les arguments sur lesquels s'appuie cette campagne belliciste laissent songeur sur ce qu'ils révèlent de la crise que connait l'Europe.

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Voyons ces arguments.

Le premier, d'abord d'entre eux: "La menace russe". Il est répété sur toutes les chaines, sur tous les tons. Comment donc  ne pas y croire ? Et pourtant, à y regarder de près, il  n'est qu'une affirmation. Mais l'affirmation mille fois répétée sert de vérité. Des preuves concrètes, des documents ? Rien. Le fait qu'il y ait une guerre en Ukraine peut-il  faire office de preuve de menace pour les autres pays d'Europe?  En quoi s'agit-il d'une menace  pour l'Allemagne, la France, l'Angleterre etc.. La Russie fait-elle la guerre aux pays occidentaux?  La Russie a-t-elle jamais fait la guerre aux  Etats Unis parce qu'ils ont attaqué l'Irak, et pour toutes  les  autres agressions. L'a-t-elle faite à  la France, au Royaume-Uni, aux  Etats Unis, lors des interventions en  Yougoslavie, en 'Irak, en  Lybie, en 'Afghanistan ? L'a-t-elle faite à la France pour la guerre d'Algérie et les autres interventions coloniales? Où est la logique dans tout cela?

Est-ce des armes russes qui tuent des Anglais, des Français, des Etats-Uniens ou bien des armes européennes et occidentales qui tuent des russes? N'y a-t-il pas là, inévitablement,  un grave sujet de tension?

 Dans le marc de café..

Des dirigeants européens vont jusqu'à prévoir la date de la guerre: en 2028 dit  le ministre allemand de la défense Boris Pistorius, dans une déclaration faite le  19 novembre 2025 après l'avoir prévue pour 2029 dans une précédente déclaration faite en  juin 2024. C'est le même homme qui avait proclamé, en plein génocide de Gaza,  "le droit d'Israël à se défendre"  Le 19 novembre  le chef d'Etat-major français parle, lui aussi,  d'un "conflit direct avec la Russie d'ici 2030" etc.. Comment peuvent-ils prévoir de manière aussi précise les dates? Dans Le marc de café?  Lorsqu'on leur demande des explications sur leurs prévisions, ils se retranchent, et les médias aussi,  derrière des informations qu'auraient les services secrets européens. Commode, n'est-ce pas ?

Ou alors, c'est le procédé des preuves indirectes, Il y en a toute une liste,  ressassée régulièrement: "des têtes de cochons jetées dans une mosquée, des empreintes de "mains rouges" sur les murs de Paris ou des cercueils déposés aux pieds de la tour Eiffel dans le but de déstabiliser la société française". Dans toute l'Europe, on a  des "drones fantômes," insaisissables  qui tournent autour des aéroports. C'est le mode de pensée du Moyen Age où les juges estimaient que plusieurs soupçons  valaient une preuve. En d'autres termes,  on prend les gens pour des idiots. Bien qu'on puisse soupçonner que dans ce délire, ceux qui le créent finissent par y croire eux-mêmes.

Quoi qu'il en soit, rien dans tout cela qui puisse justifier de faire la guerre, et encore plus une guerre probablement alors mondiale.

Il y a aussi l'argument de la culpabilité par  "intentions".  L'argument est ici  que "si la Russie a développé son armée et son industrie de guerre, c'est qu'elle compte certainement s'en servir encore et encore, et ne pas s'arrêter à l'Ukraine". L'inversion est totale. La Russie est en guerre en  Ukraine. Elle ne peut donc que chercher à la gagner et développer, pour cela,  son potentiel de guerre. D'autant plus que l'Occident a lui-même a poussé dans ce sens, en armant massivement l'Ukraine. Misère de la logique formelle.

Si tu veux la paix prépare la paix

Et au final, quel va être l'argument massue des va-t'en guerre,  le nec plus ultra de leur brillante culture, c'est le fameux précepte romain "'Si tu veux la paix prépare la guerre". On sait à quel point cette devise  a été à la base de la barbarie cruelle sans fin  de l'empire romain pour justifier toutes ses guerres. Cet argument est le sophisme parfait. Aucun lien entre les deux propositions qu'il énonce,  car en  quoi préparer une guerre est la preuve d'une volonté de paix. "Si tu veux la paix prépare la paix", serait  évidemment le  raisonnement logique. Un tel sophisme est d'autant plus intéressant qu'il  en dit long sur le mode de pensée des élites dirigeantes européennes actuelles. Qu'on soit attentif, et on découvrira, chaque fois, sous une forme ou une autre, dans une déclaration politique ou une autre, dans la rhétorique des médias, l'empreinte du sophisme en tant qu'art d'escamoter la vérité. L'art du sophisme est le carburant essentiel de toute l'intelligentsia belliciste. C'est d'ailleurs sur la maitrise de cet art, celui de faire prendre "les vessies pour des lanternes", pour dire les choses familièrement, que les représentants politiques ou médiatiques du milieu social au pouvoir, sont triés. Il leur faut maitriser toutes les techniques que le mode de raisonnement du sophisme a mis au point pour duper les gens: l'analogie trompeuse, la comparaison non justifiée, les conclusions ou les hypothèses arbitraires. L'essor du  sophisme, à travers l'histoire, a toujours été  le signe d'une culture en déclin qui abandonne la recherche de la vérité pour celle du pouvoir et de l'influence sur les esprits.

Un autre exemple à la fois du bellicisme et des outils intellectuels qu'il utilise, ce sont les arguments  développés actuellement en  l'Europe, pour justifier le réarmement et le service militaire. En France, le chef d'Etat-major de l'armée, a choqué une large partie de l'opinion française  en disant  récemment aux français: "il faut  accepter de perdre nos enfants".  Devant la réaction de l'opinion,  le système  médiatico-politique, est  venu à la rescousse pour dire "qu'il est normal que dans la guerre on perde ses enfants." Encore un sophisme  s'il en est. Cette fois ci, c'est le sophisme  du " tour de passepasse". L'attention est attirée sur un faux dilemme (car perdre des vies  dans la guerre est une évidence et là n'est pas le débat),  mais le vrai problème, celui de faire ou non la guerre est lui, ainsi,  masqué. Les "généraux de plateau", qui désormais relaient l'armée sur les plateaux, ce qu'on ne voit pas même dans les pays les plus autoritaires, sont venus  en renfort pour justifier le  chef d'Etat-major de l'armée française dans un garde à vous parfait. Mais le peuple français est plein de verve. On murmura un peu partout, que les dirigeants français actuels, pour la plupart n'ont pas d'enfants, du président à divers  premiers ministres, et d'autres ministres. 

La crise politique se déroule sur un arrière-plan de  crise démographique. Celle-ci devrait au contraire inciter à rendre encore plus précieux les enfants. C'est la preuve que  l'idéologie belliciste a des  aspects nihilistes, suicidaires.

Le summum du ridicule, et de la manipulation, c'est lorsqu'on  en vient  à promettre aux futurs  appelés qu'ils ne combattront pas, qu'ils resteront sur le territoire français. Ou alors à leur promettre des taches d'ingénieur, d'informaticiens etc.. En un mot une vie  de "planqué".

Le funambulisme du discours officiel européen

Les raisonnements officiels et médiatiques s'enlisent  dans des contradictions criantes: d'un côté il est dit  que "la Russie est puissante, redoutable, menaçante", afin de convaincre l'opinion de la nécessité de sacrifices, et afin de relancer les dépenses de guerre,  et de l'autre il est dit , parfois presque dans la même lancée, que "l'armée russe est incapable d'arriver à bout de la petite Ukraine, qu'elle avance à pas de fourmi, qu'il lui faudra à ce rythme un siècle pour conquérir l'Ukraine, qu'elle est usée par les sanctions économiques", mais cette fois, pour  convaincre l'opinion européenne que la résistance de l'Ukraine est efficace, qu'elle va épuiser immanquablement la Russie,  et qu'il faut donc  patienter,  poursuivre le soutien à  Ukraine et continuer de lui donner les dizaines de milliards d'euros supposés aller au peuple ukrainien. Un  véritable funambulisme du discours officiel européen..

Funambulisme aussi, lorsque des gouvernants européens affirment qu''ils ne sont pas en guerre pour  dire ensuite  qu'il faut développer une économie de guerre, sans s'inquiéter encore  de la contradiction.  Le mot de guerre est désormais  utilisé à tout bout de champ. La guerre semble être devenue une véritable obsession. C'est ainsi que faute (encore ?) d'une belle guerre bien sanglante, on parle de guerre cybernétique, de guerre de l'information,  de "guerre hybride". Le président Macron avait déjà parlé de "guerre contre le Corona" dans un élan lyrique. Quelle est donc cette fascination pour la guerre ?..

L''un des thèmes récurrents de l'idéologie belliciste dominante dans les milieux de l'OTAN comme dans ceux de l'Union européenne est la comparaison des PIB entre la Russie et l'Europe.  Pour se rassurer probablement, dirigeants et médias  évaluent  que les PIB additionnés des pays de l'Europe occidentale, sont,  à tout prendre, bien supérieurs à celui de la Russie. Mais alors pourquoi cette obsession pathologique  de la Russie depuis des années si elle est si faible qu'ils le disent ? Le principe de réalité semble ne  plus faire  partie de l'idéologie dominante européenne. Au lieu de partir du réel, des faits, c’est-à-dire le fait   que la puissance de la Russie les met en échec. Ils disent que... ça ne devrait pas être "vu les PIB".  Or ils devraient être amenés plutôt   à réfléchir sur les limites de cet indicateur du PIB, surtout quand on l'isole de son contexte,  celui de l'industrie réelle , qui , en Europe,  s'est en grande partie affaissée, en se  délocalisant, et en  laissant la place à des services non matériels. Il y a aussi à prendre en compte  d'autres paramètres dans un bilan de la puissance : la cohésion (ici un Etat centralisé et là des nations éparses), l'unité politique, les facteurs non matériels tels que la force de l'union et de la solidarité d'une société ou d'un ensemble humain, le niveau de la technologie militaire, lequel ne correspond pas automatiquement au PIB. Ainsi, l'URSS l'a emporté sur l'Allemagne nazie, qui avait un PIB bien plus élevé et qui drainait tous les PIB européens. 

Les dividendes de la paix ou de la guerre ?

Il faut parler ici, du  récit incroyable, lui aussi récurrent, d'une  Europe qui se serait désarmée, et qui aurait touché "les dividendes de la paix" C'est l'expression utilisée, entre autres dirigeants,  par le Président Macron, le 6 mars 2025, pour expliquer que la génération française actuelle "ne touchera pas les dividendes de la paix" comme les générations qui l'ont précédée. Cette expression situe le degré actuel de l'idéologie va- t'en guerre. Appliquer le mot dividendes à la paix et à la guerre !  Vocabulaire de banquier, de boursier. C'est dire  le cynisme dans lequel baigne  cette idéologie.  Car s'il  y a eu la paix en Europe après la guerre froide, ce qui est déjà faux (exemple la guerre des Balkans), la réalité est que la  fin de la guerre froide,  le basculement des équilibres qui existaient auparavant,  se sont  traduits par des expéditions meurtrières, par des interventions sanglantes au nom d'un "droit d'ingérence", et donc  des massacres généralisés dans tout le monde non occidental. Où sont donc les "dividendes de la paix" pour l'humanité ? Ces prétendus "dividendes de la paix" ont été la guerre portée ailleurs,  dans le reste du monde.

Corrupteurs et corrompus en Ukraine

 Lorsqu'il y a la nième affaire de corruption dans l'entourage très proche de Zelinsky, le système mediatico-politique européen s'empresse de dire que "c'est la preuve qu'il y a lutte contre la corruption et que donc la démocratie fonctionne en Ukraine". Sauf  que Zelinsky a tenté en vain de s'opposer aux enquêtes. Mais c'est encore un autre sophisme,  une autre  entourloupe de propagande. Cela reviendrait,  en effet,  à dire que plus il y a des  affaires de corruption et plus il y a un  pays démocratique. On se moque du monde et tout cela n'en devient que plus suspect. Il s'agit dans ce scandale de la corruption en Ukraine, de tous les hommes de "confiance" de Zelinsky, jusqu'au numéro deux du pouvoir, Andriy Yermak. Il ne resterait donc  plus, à présent,   que le numéro un, Zelinsky lui-même. Tout cela indique le caractère mafieux, et encore plus révoltant de cette guerre en Ukraine derrière les belles paroles officielles et médiatiques. Des sommes incroyables ont été versées sans contrôle aux dirigeants ukrainiens. Les enquêteurs ont découvert d'énormes sommes en cash, détournées, cachées. C'est tout dire. Les Etats-Unis eux-mêmes  s'en sont inquiétés, ont demandé des comptes, pas les européens.

S'impose alors une hypothèse: des dirigeants européens, l'Etat profond de l'Union européenne qui a été l'opérateur de cette  gigantesque opération de transfert de fonds, ne seraient-ils pas impliqués dans ce tentaculaire  système de corruption?  L'utilisation de l'Union européenne dans ces opérations financières n'est-elle pas un moyen d'échapper au contrôle des parlements nationaux ? Comment se fait-il que des dirigeants européens aient tissé avec Zelinsky des liens si étroits, si intimes, alors qu'ils ne pouvaient pas ne pas savoir qu'il était à la tête d'un clan entièrement corrompu, au vu des premiers  résultats mêmes de l'enquête?  Outre les affinités idéologiques entre Zelinsky et des gouvernants  européens, on aurait alors l'explication  des affinités personnelles  étrangement tenaces de certains dirigeants européens et des bureaucrates européens avec le président ukrainien.  Ce serait là l'aspect matériel, le secret  de l'obstination des va- t'en guerre dans le prolongement de la guerre en Ukraine. La guerre en Ukraine serait-elle l'affaire du siècle ?  Pauvres ukrainiens.

Un totalitarisme rampant

Dans cette atmosphère délétère, pesante,  qui règne sur l'Europe, il y a, enfin, un  élément qui mérite toute l'attention. C'est à quel point les pouvoirs européens ont domestiqué les médias. On pourra dire que ce n'est pas nouveau. Oui, mais ce qui est nouveau c'est qu'il ne s'agit plus seulement de l'utilisation des moyens du libéralisme et de l'argent, mais, de plus en plus, ceux de la politique. Le  degré de brutalité que cela a atteint dans  un climat de pression sur la liberté d'expression  n'est pas sans faire craindre un totalitarisme rampant. Avant, on essayait de sauver les apparences, celle du pluralisme, du débat. Plus rien. Les faux semblants et les nuances  se sont écroulés. Il n'y a par exemple plus aucune différence entre  le discours des médias publics et privés. L'indépendance des médias n'est plus elle-même qu'un argument de propagande. 

Les plateaux de télévision, les Think tank, les journaux agréés, financés,  tournent à plein tube, à plein temps, pour la propagande de guerre. Les intervenants arrivent et repartent sur les plateaux en service continu, Les services de la DGSE et du SDEC peuplent les plateaux, de façon de plus en plus en plus visible à travers des grands reporters aux CV qui coïncident avec les interventions de l'OTAN  et les  "points chauds" de la planète, des éditorialistes, des analystes qui ne cachent même plus leur obédience. On avait les journalistes de service, on a désormais "des journalistes des services" 

Même les journalistes triés, à la fidélité reconnue, font très attention à être, sur la question de la guerre en l'Ukraine, "parfaitement dans la ligne",  sans laisser l'ombre d'un doute sur leur conformisme, et surtout ne pas paraitre  pacifistes. Ils  ont eux aussi  peur et dés qu'ils disent le moindre mot qui pourrait paraitre suspect, inapproprié, ils  s'empressent de montrer patte blanche et de corriger immédiatement par une vigoureuse dénonciation de Poutine, de la Russie ou même de Trump, et quand c'est nécessaire de.. Hamas. Il y avait l'islamophobie, il y a désormais la propagande de guerre, parfois les deux. 

On comprend alors que la liberté d'expression puisse en prendre  un coup. Des humoristes sont mis sur une liste noire. Les artistes, les créateurs sont devenus prudents. En France, des citoyens français collent des affiches contre la guerre. C'est leur droit. On suggère  qu'ils sont des traitres, on  les arrête, on les soupçonne  "d'intelligence avec l'ennemi", ou  d'être en contact avec des espions russes. Les défenseurs  de la cause palestinienne sont trainés devant les tribunaux pour  "apologie du terrorisme".

Va-t-on retrouver l'atmosphère de la veille de la première guerre mondiale, déclenchée pour des vétilles, et où Jean Jaurès fut assassiné? Qui sera le  Jaurès ? Cela rappelle aussi quelque peu  ce climat de la guerre d'Algérie, fait, en France  d'opprobre jeté contre les citoyens français anticolonialistes. Ce ne sont encore que des signes. Mais ils sont certainement inquiétants.

Partout en Europe, les dirigeants politiques,  en appellent , sous un prétexte ou un autre, à la régulation de l'Internet, euphémisme pour parler de  contrôle. En France, le président de la République vient de proposer un plan de "lutte contre les fakenews" dans les réseaux sociaux  et de "labellisation de l'information ". De quoi sourire quand on sait que les medias mainstream sont la principale source de désinformation et de complotisme.

Mais il y une conséquence inattendue à tout ce matraquage belliciste: il a fait prendre conscience aux peuples européens  du réel danger d'une troisième guerre mondiale. Ce danger était auparavant  masqué par un autre récit, celui qui, au début,  qualifiait les mises en garde faites à ce sujet de chantage ou de bluff russe. Comme quoi, il ne faut pas trop jouer avec l'opinion.

L'armée française fait-elle  de la politique?

La question est légitime.  Après l'intervention controversée du Chef d' Etat-major français, un général est  apparus  en uniforme sur les plateaux de télévision, avec toutes ses décorations, pour expliquer les propos du chef.  Il n'y a pas de précèdent à cela,  sauf pendant la guerre d'Algérie ou le poids de plus en plus grand de  l'armée coloniale française l'avait amené à intervenir politiquement. Depuis la guerre en Ukraine, on a pu voir  cela prendre de plus en plus de l'ampleur dans les médias: les généraux,  appelés malicieusement pour cette raison "généraux de plateau",  sont intervenus d'abord à titre d'expert militaire, puis se sont mis peu à peu  à intervenir politiquement, à signer des tribunes dans les journaux. Cet intérêt nouveau pour la politique est apparu au fur et à mesure que la confiance dans le président Macron et dans l'efficacité des mécanismes institutionnels traditionnels s'affaiblissait  dans la société.

On regarde, pensif,  ce déferlement guerrier, La crise européenne est profonde. Elle n'est pas seulement économique, sociale, politique, elle évolue vers une crise  intellectuelle, culturelle, civilisationnelle.. L'Europe qui avait suscité l'admiration du monde pour la révolution copernicienne, cartésienne, pour le triomphe de la pensée rationnelle et  de l'esprit scientifique,  semble sombrer dans la déraison, dans le déni, dans le refus du réel,

Cette crise est aussi une crise de la raison.

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