Un revenu de base, une urgence face à la crise du coronavirus

Le coronavirus fragilise la situation économique et sociale de nombreuses personnes. Il semble alors plus urgent que jamais de mettre en place un revenu de base. Le Mouvement Français pour un Revenu de Base a récemment publié une tribune dans ce sens, co-signée par Vincent Liegey. Les Décroissants proposent d’allier revenu de base et dotation inconditionnelle d’autonomie.

En période de coronavirus, nombreux sont ceux qui subissent une perte partielle ou totale de leurs revenus. De plus, cette situation exacerbe les inégalités : les travailleurs les plus pauvres ont moins de possibilité de télé-travailler, occupent moins d’emplois formels, etc. En France, le 11 avril 2020, le recours au chômage partiel concernait 8 millions de salariés. Ainsi, l’association Oxfam estime qu’à l’échelle mondiale la crise du coronavirus « pourrait précipiter plus d’un demi-milliard de personnes dans la pauvreté, à moins que des mesures drastiques ne soient prises de toute urgence ». (Rapport du 09 avril, Le prix de la dignité).

La dignité devrait être un droit fondamental, l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme l’énonce clairement : « toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille ». Il est donc urgent de mettre en place un revenu de base pour tenter d’atténuer l’impact économique et social de cette pandémie. Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) le définit comme « un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. ». Le MFRB a publié sur Politis le 02 avril 2020 une tribune intitulée Revenu de base : l’urgence d’une société plus solidaire co-signée par une quarantaine de personnalité et d’organisations de la société civile, dont Vincent Liegey, chercheur et conférencier sur la décroissance.

L’idée de mettre en place un revenu de base en cette période de coronavirus prend de l’ampleur dans le monde entier. La ministre de l’Économie espagnole a récemment déclaré que le gouvernement souhaitait mettre en place un revenu de base dès que possible et que celui-ci aurait vocation à durer après la pandémie. La situation appelle donc à mettre en place cette solution rapidement tout en l’alliant à réflexion sociétale plus profonde sur le sens de nos productions, de notre rapport au travail et à l’argent, etc. Sans ce cheminement intellectuel, le revenu de base pourrait participer à entretenir la société de croissance en relançant la consommation de choses pas vraiment utiles. Il doit donc être une solution de long terme contribuant à la construction d’une société plus juste et solidaire (émancipateur, revalorisant certains métiers, etc.). Ainsi, les Décroissants sont en faveur d’un revenu inconditionnel d’existence couplé à un revenu maximum acceptable, ce revenu de base serait versé majoritairement en droit de tirage sur les ressources (Dotation Inconditionnelle d'Autonomie) et en monnaie locale.

Une question récurrente vis-à-vis du revenu de base est celle du financement, dans la tribune citée ci-dessus les auteurs reviennent sur certains points assez prégnants dans le contexte actuel : « La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances l’a martelé durant les débats sur le projet de loi de finances rectificative au Sénat : « La priorité, c’est de sauver les entreprises. » Et ce sont effectivement des milliards qui sont débloqués en urgence pour répondre de façon ponctuelle à des problèmes structurels, sans pour autant questionner le système dans son ensemble. »

Pour en savoir plus consultez cette tribune : ici

Pour en savoir plus sur la proposition des Décroissants : Un projet de Décroissance

MFRB : Mouvement Français pour un Revenu de Base

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