A force de reculer, le gouvernement va finir à contre-sens !

C'est donc acté ! Le vendredi 29 août, le premier ministre Manuel Valls a définitivement entériné la mesure d'encadrement des loyers, comprise dans la loi ALUR et votée par le parlement avant le départ de Cécile Duflot du gouvernement, en la limitant à la simple agglomération parisienne. Comme le report partiel du compte de pénibilité en 2016 ou la censure du pacte de solidarité par le conseil constitutionnel, le gouvernement, pourtant adepte du compromis et du dialogue social, semble être devenu très efficace en matière de rétropédalage social. De quoi alimenter toujours un peu plus la colère des frondeurs.

C'est donc acté ! Le vendredi 29 août, le premier ministre Manuel Valls a définitivement entériné la mesure d'encadrement des loyers, comprise dans la loi ALUR et votée par le parlement avant le départ de Cécile Duflot du gouvernement, en la limitant à la simple agglomération parisienne. Comme le report partiel du compte de pénibilité en 2016 ou la censure du pacte de solidarité par le conseil constitutionnel, le gouvernement, pourtant adepte du compromis et du dialogue social, semble être devenu très efficace en matière de rétropédalage social. De quoi alimenter toujours un peu plus la colère des frondeurs.

Un parti au bord de l'implosion, une majorité décimée et une université d'été rocheletaise sous haute tension ... et si au final le gouvernement ne méritait que ça ? Car à force de faire marche-arrière, on finit à contre-sens ! A contre sens justement, le gouvernement l'est déjà aux yeux d'un collectif de députés socialistes qui viennent de publier une nouvelle tribune. Après "l'appel des 100", le manifeste "Vive la gauche" fait une nouvelle fois part de l'interrogation d'une partie de la majorité sur l'efficacité de la politique économique du gouvernement, qui a déjà fait fuir Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Philipetti. 

Pourtant, l'exécutif semble être l'as du compromis et du dialogue social : une augmentation de la durée de cotisation en échange de la création d'un compte de pénibilité pour les salariés exposés à différents facteurs à risques, voilà comment à peu près satisfaire à la fois le MEDEF et la CFDT sur un même projet de loi. Idem lorsque l'on mixe pacte de responsabilité et de solidarité, mélangeant baisse des charges salariales et patronales pour à la fois libérer du pouvoir d'achat pour les salariés les plus précaires et diminuer le coût du travail pour rendre les entreprises plus compétitives. Enfin, promettre une garantie universelle des loyers et surtout un encadrement de ces mêmes loyers par l'instauration d'observatoires des loyers partout sur le territoire.

Le problème majeur, c'est que lorsque le gouvernement ne se fait pas torpiller son compromis par le conseil constitutionnel, comme pour le pacte de responsabilité, il dématérialise lui-même son texte, par exemple en reportant la prise en compte de 60% des facteurs de pénibilité à 2016 plutôt qu'au premier janvier 2015 ou en restreignant l'encadrement des loyers à l'agglomération parisienne. Voilà comment entraîner la colère des frondeurs, la lassitude des syndicats et augmenter un peu plus l'appétit d'un patronat qui pense désormais être en position de force et qui ne comprendrait plus une énième reculade. A vouloir trop en faire, on finit peut-être par satisfaire personne.

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