Valls 2 ou le coming out libéral du gouvernement

35 heures, travail dominical, rejet des contreparties du pacte de responsabilité, entérinement de la garantie universelle des loyers et de l'encadrement de ces mêmes loyers en métropole, stigmatisation des chômeurs, désormais considérés comme responsables du chômage … On ne compte plus les reculades sociales du gouvernement qui ne rentreraient désormais même plus sur un seul tweet de 140 caractères ! Exit les Montebourg, Hamon et autres Philipetti, Valls 2, c'est le temps du coming out social-libéral pour le gouvernement. Avec pour symbole, la passation de pouvoir entre Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron à Bercy. 

35 heures, travail dominical, rejet des contreparties du pacte de responsabilité, entérinement de la garantie universelle des loyers et de l'encadrement de ces mêmes loyers en métropole, stigmatisation des chômeurs, désormais considérés comme responsables du chômage … On ne compte plus les reculades sociales du gouvernement qui ne rentreraient désormais même plus sur un seul tweet de 140 caractères ! Exit les Montebourg, Hamon et autres Philipetti, Valls 2, c'est le temps du coming out social-libéral pour le gouvernement. Avec pour symbole, la passation de pouvoir entre Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron à Bercy. 

Deux lignes, deux styles : la passation de pouvoir entre Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron a marqué un véritablement chamboulement à Bercy. L'ancien ministre du redressement productif, qui prônait la nationalisation à Florange, contre Macron, qui en moins d'une semaine s'est déjà attaqué aux 35 heures, à la durée légale de travail et remet déjà en cause les contreparties du pacte de responsabilité, au grand dam de l'aile gauche du PS, et notamment les frondeurs de Jérôme Guedj. Le jeune ex-banquier d'affaire a réussi en seulement quelques jours a justifier la réputation libérale que lui donnait l'ensemble des éditorialistes politiques, déliant dans son sillage les langues, comme celle du ministre du travail François Rebsamen.

Car oui, le gouvernement vire au (social) libéralisme ! Déverrouiller la durée légale de travail et s'attaquer au repos dominical, c'est bel et bien se mettre en osmose avec deux caractéristiques libérales : la déréglementation et la dérégulation. Limiter l'encadrement des loyers et leur garantie universelle, c'est rejoindre la théorie néo-classique selon laquelle tout prix plancher (minimum) ou plafond (maximum) viendrait entraîner une pénurie institutionnelle et serait donc nocif à long terme. Enfin, s'attaquer directement aux chômeurs, c'est rejoindre la thèse classique sur le chômage, stipulant que ce dernier est volontaire, qu'il n'existe que car un certain groupe de travailleurs fainéants refuse d'aller travailler pour un salaire si faible. Remettre en cause les contreparties du pacte de responsabilité, c'est également laisser la porte ouverte aux dividendes et aux rémunérations grandiloquentes, symbole même du déboire de notre système.

En mai 2013, lors des 150 ans du SDP, parti social-démocrate allemand, à Leipzig, les observateurs avaient pour la première fois fait le rapprochement entre François Hollande et la sociale-démocratie. Aujourd'hui, cela ne fait plus de doute, le gouvernement Valls 2 ne sera pas celui de la social-démocratie, mais celui du social-libéralisme avec, comme symbole, un ex-banquier d'affaire à la tête de l'économie.

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