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Billet de blog 5 sept. 2014

Hollande, il y a-t-il une sortie de crise ?

La semaine cauchemardesque du président français ne semble ne pas vouloir s'arrêter. François Hollande est en effet acculé, dos au mûr, face à des résultats économiques catastrophiques, un nouveau scandale fiscal à la tête de l'exécutif, la grogne des frondeurs et la dislocation de la majorité, la déballage public de sa vie privée par son ex-compagne et, enfin, des sondages alarmants et révélateurs de la crise sociale et politique que traverse la France. Alors, il y a-t-il une sortie de crise ? La réponse est oui !

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La semaine cauchemardesque du président français ne semble ne pas vouloir s'arrêter. François Hollande est en effet acculé, dos au mûr, face à des résultats économiques catastrophiques, un nouveau scandale fiscal à la tête de l'exécutif, la grogne des frondeurs et la dislocation de la majorité, la déballage public de sa vie privée par son ex-compagne et, enfin, des sondages alarmants et révélateurs de la crise sociale et politique que traverse la France. Alors, il y a-t-il une sortie de crise ? La réponse est oui ! 

J'écrivais récemment deux articles sur ce qui sont, selon moi, les deux problèmes majeurs de l'exécutif français : son coming out libéral et son art du rétropédalage social. Et ce sont précisément ces deux choses qui sont à l'origine de plus de la moitié des problèmes. Une vraie politique de gauche, comme celle promise au Bourget le 24 janvier 2012, aurait d'ores et déjà évité la grogne des frondeurs, la dislocation de la majorité et, surtout, aurait atténué la crédibilité des propos de Valérie Trierweiler. Car, pour le président socialiste, comment démentir des railleries en privée contre la classe populaire lorsque l'on envoie son premier ministre amadouer les patrons lors de l'université d'été du Medef ? Comme le soulignait Thomas Wieder, chef du service politique du Monde, aujourd'hui dans un chat avec les lecteurs du Monde.fr, « les deux premières années du quinquennat Hollande ont été marqué par la déception croissante de son propre électorat. La politique menée par Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls apparaît aux yeux d'un nombre croissant d'électeurs ayant voté en 2012 pour François Hollande, comme une politique contraire aux engagements pris à l'époque par le candidat socialiste ». Un retour aux valeurs et aux engagements du Bourget aurait déjà avant tout pour mérite de ressouder la majorité et d'assagir les frondeurs, alors que le président français est en train de passer aux yeux de l'opinion, comme le souligne justement Lénaïg Bredoux (Médiapart), pour un « libéral décomplexé ».

Il reste évidemment les problèmes d'impopularité et les résultats économiques alarmants, qui sont plus ou moins liés. L'impopularité se réglera par la même stratégie que la grogne des frondeurs : un retour aux vrais valeurs de gauche. Inutile de préciser qu'avec seulement 13% d'opinions favorables, le président s'est coupé de son électorat. Quand aux résultats économiques, le gouvernement ferait mieux de revenir à sa politique de campagne, plutôt que de prendre définitivement la voie du social-libéralisme. Est-elle plus efficace ? Là n'est pas le débat. Il s'agit d'une opposition gauche-droite, keynésienne-libérale, qui n'a pas lieu d'être dans cet article qui évoque avant tout les pistes pour sortir le président de l'impasse.

En conclusion, François Hollande doit ressortir son costume du Bourget : cela réconcilierait sa majorité, calmerait la grogne des frondeurs, décrédibiliserait les paroles de son ex-compagne et lui rendrait sa popularité à gauche. Le président doit ignorer les sondages, car, à l'heure actuelle, l'objectif est avant tout de finir le mandat en toute dignité, avant de songer à repartir pour un deuxième. Enfin, la politique de relance prônée par le candidat socialiste du Bourget est-elle plus efficace que le néo-social-libéralisme ? Vu les résultats, il est de toute façon  difficile de faire pire. Hollande doit essayer : cela aurait au moins pour mérite de renouer avec son électorat et de prouver en 2017 qu'il aura tenu ses promesses. On est actuellement loin du compte.

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