Le FN doit-il participer à la marche républicaine ?

Le débat sur la participation, ou non, du Front National à la marche républicaine de dimanche, en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, est bien parti pour agiter la sphère politique jusqu'au départ même de ce rassemblement, dimanche, place de la République. D'un côté, le concept même d'union nationale stipule de n'exclure personne, quelle que soit ses origines ou sa couleur politique. Cependant, comme le souligne très justement Carlos Da Silva, porte-parole du PS, « le FN est l'antithèse même de ce que représente Charlie Hebdo » et inviter le parti d'extrême-droite serait l'aider dans sa stratégie de normalisation et de dédiabolisation.

Le débat sur la participation, ou non, du Front National à la marche républicaine de dimanche, en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, est bien parti pour agiter la sphère politique jusqu'au départ même de ce rassemblement, dimanche, place de la République. D'un côté, le concept même d'union nationale stipule de n'exclure personne, quelle que soit ses origines ou sa couleur politique. Cependant, comme le souligne très justement Carlos Da Silva, porte-parole du PS, « le FN est l'antithèse même de ce que représente Charlie Hebdo » et inviter le parti d'extrême-droite serait l'aider dans sa stratégie de normalisation et de dédiabolisation.

 L'UMP a tranché : à l’unanimité, les membres du bureau politique de la formation politique de droite se sont prononcés contre une exclusion de la formation lepeniste du rassemblement républicain de dimanche. Leurs arguments : l'union nationale, union sacrée qui ne doit exclure personne. Et il n'est pas faux que le fait d'exclure la formation frontiste donnera encore du grain à moudre à sa présidente dans sa stratégie de victimisation : rejet, exclusion de la part de l' «UMPS » et autres rhétoriques déjà maintes fois entendues. 

Cependant, ce rassemblement, avant de prôner l'union nationale, est avant tout un rassemblement républicain, apolitique et en hommage aux victimes de Charlie Hebdo. Or, comme le souligne très justement Carlos Da Silva, porte-parole socialiste, l'incompatibilité entre le titre de presse, caractérisé par des valeurs de gauche, très attaché à la laïcité et à la liberté, et digne héritier des manifestations de mai 68, et le parti frontiste, souverainiste et conservateur, est totale. Pour preuves, la pétition lancée par Charlie Hebdo en 1996 pour interdire le parti d’extrême droite ou, plus récemment encore, certaines couvertures de l’hebdomadaire satirique pendant la campagne de 2012 et notamment celle accompagnée du titre «Marine Le Pen, la candidate qui vous ressemble ».

De plus, convier le Front National à une marche républicaine reviendrait à participer implicitement à la stratégie de Marine Le Pen, qui, depuis 2012, cherche à crédibiliser son parti en terme de valeurs, à le dédiaboliser et le normaliser.

En conclusion, vaste débat que cette participation,ou non, du Front National au rassemblement de dimanche. Certes, l'unité nationale préconise de n'exclure personne, mais, pour apporter un élément de réponse, le FN n'a pas sa place dans cette manifestation. Cible privilégiée de Charlie Hebdo depuis de longues années, en contradiction totale avec les valeurs de l'hebdomadaire satirique, Marine Le Pen ferait mieux de se rappeler qu'il s'agit d'une manifestation républicaine et apolitique plutôt que de s'imposer en victime. N'oublions pas qu'elle a été la première à récupérer cet événement à sa cause en prônant dès jeudi matin sur l'antenne de France 2 un référendum pour la peine de mort. Quand aux militants FN, comme l'a déclaré François Hollande, « tous les citoyens peuvent venir », à condition d'être un minimum en adéquation avec les valeurs de Charlie Hebdo, cela paraît évident.

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