Supprimer les centimes pour relancer l'inflation ?

Il y a trois jours, par l'intermédiaire d'un communiqué, l'agence Eurostat a annoncé les chiffres définitifs de l'inflation au mois d'août pour la zone euro. Celle-ci est faible, très faible avec une augmentation des prix de seulement 0,4%, très loin de l'idéal de 2% fixé par la BCE. De plus, dans certains pays européens, on assiste même à une baisse des prix, avec par exemple une déflation de -0,5% en Espagne le mois dernier. Il y a plus d'un an, la commission européenne avait menée une enquête sur l’hypothétique suppression des pièces de 1 et 2 centimes, avant de se résigner, remettant en cause … l'inflation (à l'époque de 1,3%). Alors serait-ce le moment ou jamais ? Et si, finalement, la suppression de ces pièges pouvait permettre à la zone euro d'échapper à une spirale déflationniste tant redoutée ?

Il y a trois jours, par l'intermédiaire d'un communiqué, l'agence Eurostat a annoncé les chiffres définitifs de l'inflation au mois d'août pour la zone euro. Celle-ci est faible, très faible avec une augmentation des prix de seulement 0,4%, très loin de l'idéal de 2% fixé par la BCE. De plus, dans certains pays européens, on assiste même à une baisse des prix, avec par exemple une déflation de -0,5% en Espagne le mois dernier. Il y a plus d'un an, la commission européenne avait menée une enquête sur l’hypothétique suppression des pièces de 1 et 2 centimes, avant de se résigner, remettant en cause … l'inflation (à l'époque de 1,3%). Alors serait-ce le moment ou jamais ? Et si, finalement, la suppression de ces pièges pouvait permettre à la zone euro d'échapper à une spirale déflationniste tant redoutée ?

Mi-mai, l'année dernière, la commission avait publiée une enquête* sur la non-utilité des pièces de 1 et 2 centimes, qualifiées « d'objet sans valeur » et qui, comme l'avait analysé Jessica Dubois**, journaliste pour La Tribune, coûteraient 1,4 milliards d'euros à frapper et mettre en circulation, soit « quatre fois plus cher que leur propre valeur », selon la journaliste. Cependant, se posant la question de leur suppression, la commission avait fait machine arrière s'inquiétant des effets d'un arrondissement général des prix sur … l'inflation (alors de 1,3% dans la zone euro). Plus d'un an et demi après, le cercle déflationniste est en train de devenir la hantise des institutions et gouvernements européens. Alors, supprimer ces fameux centimes serait-ce une solution ? Il s'agit en réalité d'une fausse bonne idée.

En effet, on distingue l'inflation de l'inflation ressentie. Ainsi, l'inflation calculée par exemple par l'INSEE prend en compte un panier de biens très divers, allant de la baguette de pain à la dernière tablette numérique. Ainsi, cette inflation là semble en péril, notamment du fait de la baisse des prix des biens durables (outils informatiques, électroménager …). Alors que l'inflation ressentie se limite aux produits de première nécessité des consommateurs. Ainsi, les français seront par exemple bien plus sensible à l'augmentation de la tablette de beurre que celle de la dernière tablette numérique. C'est tout ce paradoxe et cet écart de calcul qui explique une différence toujours plus importante entre la mesure de la hausse des prix par les économistes et le ressenti des consommateurs. Ainsi, une suppression des centimes viendrait augmenter les prix des produits de première nécessité, et creuserait donc encore un peu plus cet écart entre inflation « réelle » et inflation ressentie. Fausse bonne idée, disait-on.

De plus, il s'agirait encore une fois d'une mesure monétaire, après la baisse historique du taux directeur à 0,05% et la mise en place d'un taux de dépôt négatif par la BCE. Sans oublier le TLLTRO, programme de refinancement massif des banques européennes. Or, comme l'a déclaré Mario Draghi à Jackson Hole, « la politique monétaire ne peut pas seule faire remonter l'inflation », c'est désormais aux états de la zone de se mettre (vraiment) au travail.

*http://ec.europa.eu/economy_finance/euro/cash/coins/pdf/1_2_eurocoins_en.pdf

** http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20130514trib000764504/vers-la-fin-des-pieces-de-1-et-2-centimes-d-euro-.html

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.