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Billet de blog 4 décembre 2018

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Consciente la France "qui en a marre de tout" ?

Que manque-t-il tant à La France qui "en a marre de tout" ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Plenel a raison... mais il interprète... non les gilets-jaunes ne contestent pas la répartition de l'impôt... ce qui a mis le feu, c'est une atteinte frontale, un quasi-attentat à la bagnole point barre.

C'est parce que Mélenchon et Le Pen, les deux hyènes populistes, ont soufflé fort et de concert, sur les braises que le feu continue de bruler... et se transforme en "mouvement de ceux qui ont marre de tout"* mais l'étincelle demeure une simple augmentation maladroite de la TIPCE pas la répartition de l'impôt.

L'image que renvoie le miroir est celle d'une société fragile, pas celle d'une société consciente.

Fragile parce que manipulable, prête à tous les combats, peu en important désormais l'issue, sentant confusément qu'elle est à bout, de force, d'espoir, d'avenir.

Que nous disent les slogans éructés, crachés, presque vomis... "Macron démission" "Rends l'ISF" etc... qui de conscient peut penser qu'ils fassent ne serait-ce qu'élément de solution pérenne.

Stigmatisé, ô combien, par Mediapart, après une - courte, mais néanmoins remarquée - idylle Macron est devenu symbole : "Président des riches"... qui de conscient pourrait croire que l'éviction du symbole, bien davantage marionnette que cible, ou/et "prendre au riches" constituent ne serait-ce qu'un élément de solution pérenne. Robin des bois ? Don Quichotte ?...

En toute hypothèse, ni Le Pen, ni Mélenchon... mais qui de conscient pourrait les croire en capacité de gérer, ensemble ou séparément, un désarroi, un désespoir social d'une telle ampleur... de manière pérenne.

Consciente notre société ne l'est majoritairement plus, de cela, c'est la quasi-unanimité de soutiens bigarrés, pour l'essentiel encombrants, "inédits", à un mouvement efficacement gênant mais sans revendications cohérentes, qui en témoigne.

Homothétiquement, à l'a-idéologie, à la sanctification institutionnelle du syncrétisme politique macronien, répond la dangereuse convergence des populismes qui, sous nos yeux à peine entrouverts, se mêlent, désormais sans plus d'effroi.

Ne pas immédiatement comprendre l'imminence du danger démocratique d'un  rapprochement, sur le terrain, là où se créent les liens forts et durables ET au niveau des états majors où se trament les stratégies de conquête du pouvoir d'état est-ce là un témoignage de conscience sociale ? L'expression d'une volonté sereine et déterminée ?

Au delà même du factuel qui place mondialement désormais la France en tête du prélèvement d'état sur PIB en même temps qu'elle rétrograde en terme de puissance, constater que - à l'instar, hors USA, de tout l'occident il est vrai - la France n'est pas en capacité d'analyser les véritables causes de son déclin économique et social, d'une part de mettre en œuvre les moyens politiques de sa survie, à savoir et pour le coup non seulement une répartition de l'impôt mais une vision nouvelle, obligée, de son avenir, démontre que la société française est dans le déni, sans conscience de sa fragilité et en aucune manière véritablement préoccupée par... la répartition de l'impôt... c'est en cela que la France n'est pas consciente.

Le seul ras-le-bol, même justifié, ne suffit jamais... la seule avant-garde non plus du reste... pour agir il faut la conscience, sans elle l'agitation n'est que révolte et les gilets-jaunes une simple erreur de perspective.

"Un peuple heureux ne se soulève pas."* le tout est précisément de comprendre que ce n'est pas "aux riches" qu'il faut s'en prendre... ni à la marionnette... mais au marionnettistes... 

Comment et pourquoi l'occident a tué Keynes...

 *1/12/18 - Les «gilets jaunes» débordent dans les rues de Paris (Mediapart)

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