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Billet de blog 17 nov. 2021

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OCCIDENT : VERS UN CAPITALISME ZOMBIE

Sommes-nous déjà économiquement morts... en occident ?

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OCCIDENT : VERS UN CAPITALISME ZOMBIE

Sommes-nous déjà morts... en occident ?

 2008 et ses subprimes a valeur d'avc lourdement invalidant...

Il ne s'agit pas d'un accident "financier" mais de la révélation de la nature profondément systémique de la mutation du capitalisme occidental : le financement de la demande à crédit hors sol monétarisé ne fonctionne tout simplement pas, les "solutions" unanimes des superstructures du capitalisme d'état ont, toutes, la même conséquence : une amplification de la masse monétaire sans contrepartie économique crédible. Depuis 2008, l'occident danse sur un volcan.

Quand Trump met les chariots en cercle et prétend, contre les intérêts mêmes de ceux qui le soutiennent, barrer la route à l'Asie, à la Chine principalement, en recourant à la seule mesure "technique" disponible et envisageable dans un système libéral, le protectionnisme, la réponse chinoise est immédiate : un contrat d'approvisionnement pétrolier... indexé sur... l'or.

Personne ne semble comprendre, en occident, que le véritable enjeu est monétaire, la Chine est littéralement gorgée de métal jaune, d'une part elle en produit, d'autre part elle en achète, massivement. Le peuple chinois dispose d'un taux brut moyen d'épargne de l'ordre de 50 %... épargne principalement investie... en or. La Chine, hors marché, décrète la valeur de sa monnaie, intérieure, le yuan et laisse "flotter" sa monnaie extérieure, celle réservée aux échanges, le renminbi à un taux égal... pour le moment...

D'un claquement de décret la Chine est en mesure d'assurer au yuan une contrepartie-or d'une part et de "décrocher" le renminbi du yuan d'autre part. Fondamentalement l'occident n'a pas bien compris en quoi consiste le second étage de la fusée chinoise.

Le capitalisme occidental est passé d'industriel "productif" à commercial transitaire de productions asiatiques, chinoises principalement. Il engrange des marges commerciales et ne réalise plus de profits au sens "classique". Il ne combine plus les facteurs capital/travail ce qui mécaniquement entraîne une double conséquence : la distribution de la rémunération du facteur travail est dirigée vers l'Asie, dans les coûts d'achat, le tissu industriel disparaît en occident.

Depuis le début de ce siècle, daté par l'entrée de la Chine à l'OMC (2001), il est permis de d'affirmer que le consommariat a succédé au prolétariat en occident, la crise des subprimes de 2008, dont l'impact est déjà connu à l'été 2007, est le marqueur majeur de cet état de fait. La question de la paupérisation systémique de l'occident est posée depuis cette révélation. La réponse monétaire n'est pas en capacité de faire solution au financement pérenne de la demande occidentale. Il est indispensable de sortir de la spirale du crédit toxique.

Ici, il faut être parfaitement clair, la Chine, pour cause d'alignement des planètes, du dynamisme de son peuple et de l'efficacité de son système social et politique consomme ce qu'elle produit, à hauteur de 80%, à l'intérieur de ses frontières. Les 20% restant sont "inconcurrentiables" puisque produit à un coût marginal. Il était parfaitement prévisible et cohérent que le capitalisme occidental s'intéresse et comprenne tout l'intérêt d'exploiter la force de travail chinoise dans des "entreprises sans usines" et sans salariés. Dans une logique libérale, la mutation du capitalisme occidentale est une évidence théorique. Il faut remarquer que cette mutation est parfaitement perçue et quantifiée aux USA, entité fédérale, alors qu'elle est totalement brouillée en Europe par le jeu des exportations d'importations chinoises, "blanchies" nationalement, dans l'intrication des échanges inter européens.

Aucun dispositif statistique ne permet d'apprécier l'impact "net" des importations asiatiques, chinoises principalement, en Europe.

Au passage cette mécanique européenne spécifique fonde et entretient LA RÉUSSITE... "A L'ALLEMANDE"amplifiée par la fiction de la monnaie unique autant que par le fantasme du grand marché censément homogène.

Le capitalisme chinois est fondamentalement différent du capitalisme occidental : il est vertueux.

Le capitalisme occidental apparaissait comme le seul mode d'organisation sociale, économique et politique aussi en capacité d'assurer un développement global satisfaisant de l'humanité. L'effondrement de l'alternative soviétique semblait en témoigner, le concept de "mondialisation" aussi.

Moyennant quelques aménagements pour complaire aux nouvelles aspirations des peuples, - enfin et globalement davantage intéressés par "l'éco bonheur" que par la lutte des classes, par la "réduction des inégalités" que par la justice économique, par Don Quichotte, Robin des Bois et… Piketti que par Marx – l'avenir s'annonçait donc parfaitement radieux et prometteur à un capitalisme occidental qui, légitimement, pouvait se penser en système universel.

La "révolution" théorique chinoise repose sur un principe simple : le capitalisme est un mode de production ET un mode d'appropriation. Le mode de production est strictement identique, la combinaison des facteurs prévaut. Le mode d'appropriation en revanche… diffère.

Les "inégalités" sont perçues plus comme ferment indispensable au développement global que comme symbole d'un dysfonctionnement.

Pour aller vite, en Chine, règne l'appropriation capitaliste en mode "allegro ma non troppo", Jack Ma et beaucoup d'autres ne diront pas le contraire… tant le pouvoir politique est prompt à intervenir auprès des "intéressés" pour leur rappeler que les limites à l'accumulation capitaliste sont en réalité posées par les conditions collectives qui l'autorisent : l'effort commun de tout un peuple et la gestion politique, la direction de cet effort : l'objectif … collectif, le développement global.

Inutile d'insister : cette conception, cette interprétation "actualisée" du marxisme, si elle fait aujourd'hui exemple de réussite du capitalisme, ne peut en aucune manière faire modèle à l'occident essentiellement pour des causes civilisationnelles et culturelles.

La réversibilité de la vassalisation du marché occidental, à supposer qu'elle soit souhaitable ou nécessaire, est-elle envisageable voire possible ?

C'est une bonne question… qui implique la réponse ou, a minima, la formulation de la question de ce siècle : l'usine du monde est en Chine, comment et pourquoi emploi, croissance, innovation et tissu industriel demeureraient-ils en occident ?

Au, modeste, niveau français les enjeux agités dans ce début de campagne électorale paraissent pour le moins très éloignés de cette problématique. Le credo économique entonné par le politique, dans une unanimité glaçante, c'est… "achetez Français"… au mieux "produisons Français"… encore faudrait-il que cela soit possible d'une part et que la demande puisse y répondre… surtout.

Plus pragmatiquement… malgré les marges somptuaires engrangées par nos pseudo industriels et vrais commerçants dans leurs "entreprises sans usines", la Chine fait encore davantage pour le pouvoir d'achat des peuples européens que la totalité, réunie, des superstructures d'état…

La vision politico-médiatique idéalisée des aspirations populaires ne doit pas masquer la réalité de celles-ci… Que la paupérisation du peuple ne soit pas au centre des préoccupations du personnel politique qui regarde ailleurs - principalement en direction d'un entre-soi réjoui – ne peut pas masquer la nécessité de faire face à la réalité de l'avenir de l'occident : le consumérisme subventionné sur un marché vassalisé.

Assurer la solvabilité pérenne de la demande occidentale n'est pas une option. L'urgence prioritaire est de sortir de la spirale toxique engendré par le crédit hors-sol monétarisé, le butoir des béquilles et des faux-nez financiers est enfoncé.

Dans ce contexte, la contention des dépenses publiques est une absurdité, il faut imposer la recherche de nouvelles recettes, légitimes, et en assurer une redistribution intégrale constitutionnellement garantie.

L'avenir économique occidental, aujourd'hui tracé, ne résulte pas d'un choix de civilisation mais de la mutation du capitalisme occidental lui-même.

Le capitalisme occidental a déserté le mode de production pour se recentrer sur le mode d'appropriation, il porte seul et uniquement la pleine responsabilité de cet avenir.

En mode quasi exclusif de prédation, il n'a plus aucun intérêt objectif à rémunérer le facteur travail, pas davantage de contribuer au financement des infrastructures publiques nécessaires au maintien et à la reconstitution de la force de travail.

Le capitalisme recherche désormais des marges maximales et non plus des profits maxima ses investissements sont essentiellement publicitaires…

Asseoir la subvention de la demande sur une taxation spécifique des marges, et non plus des profits, de la totalité des entreprises importatrices depuis l'Asie, de la Chine principalement, est une évidence nécessaire. Cette taxation spécifique à un taux représentatif, a minima, de la rémunération du facteur travail aujourd'hui servie en Chine est un droit qui a tout à voir avec la justice économique et rien à voir avec une sébile.

Entre "inégalité" et "justice" il faut choisir...

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