Benoit Hamon, l'idiot de la famille

Le ralliement de Valls à Macron signe l'acte de décès officiel du PS dans sa formule née à l'issue du congrès d'Epinay. Gageons qu'à l'automne prochain, une fois sa mue libérale totalement achevée et son "aile gauche" laminée et purgée au lendemain du premier tour des élections présidentielles, il renaitra sous une forme semblable à un Parti Démocrate à l'italienne ou à l'américaine.

Pour l'heure, les primaires du PS apparaissent désormais clairement pour ce qu'elles ont toujours été aux yeux de ses organisateurs et du Père Camba en premier chef : une opération conçue pour faire barrage sur son aile gauche à Mélenchon en offrant quelques créances pourries à ses électeurs ; un ultime leurre à l'abri duquel l'appareil du PS organise sa retraite vers Macron, mis en orbite par Hollande. La nébuleuse solférinienne, totalement contre le cours du jeu comme on dirait au foot, embrasse désormais un spectre d'intentions de vote de 30-35% !!

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Hamon et ses frondeurs en peau de lapin se retrouvent, quant à eux, dupes de leur propre comédie : à jouer les franc-tireurs pendant cinq ans, campés bien au chaud dans les soutes de la majorité présidentielle, sans en tirer courageusement les conclusions politiques qui s'imposaient - quitter cette majorité -, ils se retrouvent à leur tour victimes de la fronde d'un appareil de notables dont ils étaient déjà devenus les idiots utiles en janvier dernier. Nemo auditur propriam turpitudinem allegans...

Quand un appareil politique éprouve des contradictions politiques aussi aiguës entre ce qu'il est réellement et ce qu'il prétend ou aimerait être, il ne laisse le choix à ses sympathisants et militants qu'entre la conscience malheureuse et pleurnicharde - on a été trahi bououhouh - ou l'opportunisme cynique. Le résultat est que Hamon va continuer son irrésistible chute que le programme terne et plat qu'il promeut, dans une version affadie de celui de Jospin en 1997, permettra à peine de ralentir.

Ce n'est pas seulement son élection qui se voit fortement hypothéquée, mais son avenir politique car, avec les 8% qu'il va racler du fond de la popote, il sera avec ses quelques alliés mis hors jeu des négociations avec Macron dès le lendemain du second tour des présidentielles. Dans cette débandade, les Verts, après avoir également trahi les électeurs de leurs primaires et vendu leur âme, en bons politicards, pour un plat de lentilles électoral, se retrouvent dupes au carré. Sur leur triste sort, nous ne verserons aucune larme. 

Macron, de son côté, n'est pas devenu charitable au point d'accueillir à bras ouverts ces crapauds qui, au jeu de l'amour et du hasard politique, donnent à leur lamentable retraite notabiliaire l'expression de l'opportunisme dégradant et ridé des amants éconduits qui paient au prix fort leur morgue en se trainant comme des limaces aux pieds de leur ancienne maitresse. Las, ils devront encore patienter et mijoter dans leur bouillon d'amertume. En bon stratège conseillé par Hollande et ses proches conseillers comme Bernard Poignant, le candidat "en marche vers le pouvoir" veille à ne pas se compromettre avec l'ancien gouvernement failli et fait monter la température pour les faire totalement dégorger. Alors le temps sera venu d'ouvrir les soldes pour les législatives, une fois les élections présidentielles passées.

Allez, en marche les crapauds !

 

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