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Billet de blog 2 février 2015

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Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, les enfants musulmans arrivent en retard à cause de la prière

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Dans une déclaration pour le moins surprenante et choquante faite à BFM TV, la numéro 2 de l'UMP Nathalie Mosciusko Moriset estime que les enfants musulmans arrivent en retard à l'école   à cause de la prière, une nième  expression ordinaire d'islamophobie qui sème le désarroi chez les musulmans.

Les attentats survenus en ce début d'année en France ont semble-t-il complètement secoué la classe politique française toutes tendances confondues . Celles-ci désemparées et complètement dépassées par les événements rivalisent en propositions folles, absurdes et ridicules pour contrer le djihadisme.

Sous l'impulsion de la gauche, avait été lancé déjà une vague de convocations aux commissariats d' enfants en bas âge accusés d'apologie du terrorisme pour avoir perturbé les sacro-saintes minutes de silence dans leurs écoles. Dans une dérive pour le moins totalitaire, la droite propose maintenant le placement pur et simple  d'enfants musulmans loin de leurs familles.

 L'ancienne Ministre UMP lance un pavé dans la mare:  «Je vous prends un exemple très concret, explique-t-elle au journalist. A Mulhouse, le maire, qui est un ami, Jean Rottner, me dit que dans sa ville, il y a des dizaines d’enfants qui le matin arrivent tous les jours en retard parce qu’ils sont à la prière, ils sont emmenés à la prière par leurs parents. [..] je dis qu’il faut poser la question du placement de l’enfant.» 

 Jean Rottner tout en avouant s'être entretenu du sujet avec NKM, conteste la version qu'elle présente. L’élu, qui se proclame porte-parole des enseignants mulhousiens «qui se lâchent depuis les attentats», explique qu'on lui a rapporté le cas de scolarités d'enfants rendues difficiles en raison de la conduite de certains parents. Il explique ainsi : «Sur l’ensemble de la ville, pour un effectif  équivalent à cinq classes de primaire, les parents ont demandé une dérogation pour inscrire leurs enfants à des cours privés pour raisons religieuses.» Les déclarations scandaleuses du maire témoignent du climat délétère ouvertement islamophobe qui gangrène les débats politiques. 

Les syndicats mulhousiens, montant au créneau, démentent les propos de NKM et de Jean Rottner. La section départementale du FCPE et de SNUipp-FSU ne signale aucun cas de ce type. Un seul et unique cas a été rapporté par l'Unsa Education 68. Mais « cet indicateur montre surtout que les parents accordent de moins en moins d'importance à l'école », tempère un syndicaliste.

“C’est la première fois que j’entends ça”, commente le président de la FCPE 68, Philippe Barillon.

“Au niveau de mon syndicat [présent dans 8 ou 9 des 20 établissements de la ville], on n’a jamais eu de remontée de ce type. Il peut y avoir des problèmes de retard, oui, mais pas de manière systématique”, ajoute Jean-Marie Koelblen, secrétaire départemental SNUipp-FSU.

Selon le CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), l'éloignement d'enfants musulmans de leurs parents a déjà commencé .  Alors que son mari était en voyage en Tunisie, une mère de cinq enfants (dont l’un est encore allaité) s’est vu retirer ses enfants par les services sociaux à Bourgoin-Jallieu (Isère). Alerté, le père considéré comme un radical, est rentré en France sans même être inquiété. 

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