Tariq Ramadan: Sa sortie de détention

Tariq Ramadan a réussi à obtenir sa mise en liberté après avoir plaidé lui-même sa cause devant la Cour d'Appel de Paris. L'islamologue suisse sortira de détention mais restera assujetti à un contrôle judiciaire très strict. Sa sortie reste tributaire du paiement d'une caution de 300 000 euros selon l'arrêt de la chambre de l'instruction .

  

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   Après avoir passé plus de dix mois derrière les barreaux à la prison de Fresnes, Tariq Ramadan s'apprête à retrouver sa liberté, une liberté relative puisque l'islamologue devra entre autres remettre son passeport aux autorités judiciaires et pointer une fois par semaine au commissariat. Interdiction lui est faite en plus d'approcher ou d'entrer en contact avec ses présumée victimes.

   Tariq Ramadan, un conférencier particulièrement influent dans les milieux islamistes est depuis l'automne 2017 sous le coup de deux plaintes pour viol déposées contre lui par Henda Ayari et celle que la presse surnomme "Christelle", les deux femmes assurant avoir été violentées en 2012 pour la première et en 2009 pour la deuxième.

   "J'irais fuir où ? Alors que tout va vers mon innocence. (...) Je vais rester en France et défendre mon honneur et mon innocence. Je viens de passer dix mois en prison, je suis innocent, je le paye de ma santé, je ne peux plus marcher normalement", a-t-il déclaré pour sa défense hier à l'audience.

   La nouvelle de sa sortie  de détention a été bien accueillie par sa famille et ses fans. Mais ses présumés victimes, elles, craignent des représailles de ses partisans, un argument qui a été invoqué à chaque fois par l'accusation  pour maintenir l'intellectuel islamiste en détention mais ce motif ne retient plus l'attention de la Cour.

   Après avoir longtemps nié tout rapport sexuel avec ses présumées victimes, Tariq Ramadan avait fini par faire une étonannte virevolte qui a beaucoup joué pour sa mise en liberté sous contrôle judiciaire :

  "Je n'ai jamais violé, je ne suis pas un violeur. C'est vrai que j'ai commis une erreur, j'ai pensé à protéger ma famille. C'était une erreur et une bêtise de ma part que ce mensonge", s'est-il justifié. "Mais qui a menti le plus ? Qui a instrumentalisé le mouvement #MeToo ?... Je voudrais que vous décidiez en votre âme, en conscience, non pas parce que je m'appelle Tariq Ramadan et qu'on m'a diabolisé dans ce pays", a-t-il lancé aux juges.

 

  

 

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