Algérie : coup d'état avorté. Trois généraux-majors limogés.

 

 DSI.jpg

Un élément du Détachement Spécial d'Intervention en faction

 

 

Algérie : coup d'état avorté. Trois généraux-majors limogés.

 

  Le président Abdelaziz Bouteflika aurait échappé de justesse à un coup d'état quelques jours après la célébration de l'indépendance du pays. Des tirs nourris aux kalachnikovs ont résonné au sein même de la résidence du chef de l'état provoquant une panique générale au palais de Zeralda. Trois chefs militaires ont été limogés en conséquence.

    N'ayons pas peur de dire que ce qui s'est passé ces derniers temps à l'intérieur même de la résidence présidentielle algérienne est grave, malgré les écrans de fumée visant à induire en erreur l'opinion publique avec une version officielle plus que douteuse que d'aucun ne pourrait prendre au sérieux une seule seconde. Venons en donc aux faits.

    Le jour de l'Aïd, des hommes lourdement armés se sont introduits au sein même du Palais de Zeralda en escaladant avec une facilité déconcertante ses murs provoquant une riposte immédiate de la Garde Républicaine. Le bilan de ces échanges de tirs comme les raisons de cette intrusion n'ont pas été communiqués. Sur les commanditaires de ce coup d'état qui a tout l'air d'une tentative de putsch militaire maquillé par certains en attentat c'est silence radio aussi.

 

    Officiellement on justifie ces limogeages qu'on ne fait jamais sur un simple coup de tête  par des négligences et des défaillances sécuritaires au niveau de la garde rapprochée du chef de l'état, sans plus de détails comme il est d'usage dans de pareilles situations. Sont visés par ces mesures plus que brutales trois hauts gradés, dont deux s'occupaient directement de la sécurité  du président.

    

     Le général-major Ahmed Moulay Meliani, patron de la Garde Républicaine, le Général-major Djamel Medjdoub, responsable de la Direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP), et le Général-major Bendaoud, patron du service de contre-espionnage et de la Sécurité Intérieure ont ainsi été démis de leurs postes comme s'il s'agissait de vulgaires sous-off.

   Le premier est remplacé par Benali Benali, chef de la 5e Région militaire, promu à l’occasion de la Fête de l’indépendance Général des corps d’armée. Le second cède son siège à la tête de la DGSPP à l'officier Nacer Habchi. Le puissant Département de la Sécurité Intérieure est confié au colonel Abdelaziz.

    C'est le chef du DRS ( Département de la Sécurité Militaire ) le très puissant et mythique Général-major Mediène, dit le Général Toufik, l'homme qui fait la pluie et le beau temps dans le pays, qui a susurré au président d'opérer ces limogeages. Le Département de Sécurité Intérieure dépend directement du Général Toufik. Aucune action sur ce service n'est envisageable sans l' aval de ce dernier.

    Juste pour rappel, l'attentat contre le convoi du Président en 2007 à Batna, qui avait fait une vingtaine de morts et plusieurs dizaines de blessés parmi le public venu accueillir le chef de l'état , n’avait pas provoqué autant de limogeages, surtout à l'échelle du cercle très restreint des très hauts gradés.

    Il y a quelques mois, Gilles Salem, analyste de “Flash-Israël”, journal israélien connu pour sa proximité avec les services du Mossad, avait déjà prédit non sans raison l'imminence d'un coup d'état en préparation en Algérie.

  

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.