Tariq Ramadan a droit à la présomption d'innocence

On ne sait combien de philosophes, de politiciens, de théologiens ont essayé de faire tomber Tariq Ramadan et qu'ils n'ont pas réussi, trouvant devant eux un homme invulnérable, cultivé et intelligent.Si bien qu'on a fini par croire que cet homme était invincible.Et puis d'un seul coup, une série d'accusations de viol font surface à son encontre et là on se dit :Cette fois-ci c'est la bonne.

   

tariq

 

  Tariq Ramadan jouit chez les musulmans et les islamistes d'une réputation d'homme droit et intègre incapable de faire du mal à une mouche. Chez les athées et les non-musulmans, il représente le type même de l'homme à abattre parce qu'islamiste et peu importe qu'il soit modéré.

   On juge l'homme sur son apparence, mais on ne sait rien de ce qu'il est derrière l'image qu'il donne. Les musulmans et les islamistes peuvent avoir tort, les athées et les non-musulmans aussi.

  On peut en dire tout autant de ses accusatrices. A défaut de fournir des preuves accablantes, on pourrait les faire passer pour des victimes alors que peut-être qu'il n'en est rien. Qui sait ? Etions nous avec eux au moment des faits ? Savons nous ce qui s'est réellement passé indépendamment de ce que dit l'une ou l'autre partie ?

  Les medias français sont devenus ces derniers temps des tribunes pour envoyer aux enfers éternels l'islamologue suisse. On attendait tellement ce moment pour le mettre à terre. Et là on se régale..

  Le fait est qu'il y a la justice pour statuer sur ce genre d'affaires. Des enquêteurs, des juges, un procureur qui doivent écouter la parole de l'un et l'autre, la version de l'un et l'autre et les confronter . 

  Il faut trouver les éléments de preuves, éventuellement des témoins, des attestations médicales pour trancher à la fin et savoir qui dit vrai et qui ment.

 La tâche s'annonce rude car cela s'est passé il y a longtemps. Pourquoi ce silence ? Pourquoi n'avoir pas réagi immédiatement ? Pourquoi n'avoir pas porté plainte toute de suite ? Autant de questions auxquelles il faut répondre et convaincre.

 Toute la question est de savoir s'il y a eu consentement, au-delà de ce que déclare l'un ou l'autre. Il ne suffit pas de le dire, il faut le prouver.

 Avant donc de faire passer untel pour ce qu'il n'est pas, il faudrait lui accorder son droit à la présomption d'innocence, le supposer comme innocent jusqu' à preuve du contraire.

 

     Docteur Rachid BARBOUCH

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L’auteur·e a choisi de fermer cet article aux commentaires.