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Billet de blog 3 août 2021

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Ama Adhe « la voix qui se souvient de tous ceux qui n’ont pas survécu »

En 1997, elle a publié un livre intitulé « Ama Adhe : The Voice that Remembers: The Heroic Story of a Woman’s Fight to Free Tibet », décrivant les conditions pénibles de prison chinois, comme elle en avait fait la promesse à des codétenus au cas où elle survivrait et malgré l’interdiction chinoise, elle tenait à témoigner pour les « morts et les vivants ».

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Ama Adhe « la voix qui se souvient de tous ceux qui n’ont pas survécu » s’éteint le matin du 03 août 2020, dans sa ville d’exil à Dharamsala à l’âge de 88 ans, en ce jour de pleine lune du 6ème mois de l’année royale tibétaine de la souris de fer 2147.

© Tibet Oral History Project, 2014

Adhe Tapontsang est née à Nyarong, dans la province du Kham, de père Dorjee Rabten et de mère Sonam Dolma en 1932. Juste après son mariage, survient l’invasion chinoise du Tibet. En 1954, alors que son premier enfant est âgé d’un an, et qu’elle est enceinte, son mari meurt empoisonné sous ses yeux. Elle rejoint la résistance tibétaine des Khampas.

En 1958, Ama Adhe est arrêtée et séparée de ses 2 jeunes enfants. Elle est soumise à des interrogatoires et des tortures, et condamnée à la rééducation par le travail forcé dans les laogai où elle connaît des privations extrêmes et des conditions inhumaines de détention pendant 27 ans. Dans la prison appelée Changshita, elle se trouvait avec 300 autres prisonniers, parmi lesquels seuls quatre, dont elle-même, ont survécu à cette épreuve de trois ans. Les autres sont mortes de faim et de mauvais traitements en prison.

En 1987, elle s’enfuit du Tibet pour le Népal, puis s’installe en Inde à Dharamshala où elle s’occupe des nouveaux arrivants du Tibet.

En 1997, elle a publié un livre intitulé « Ama Adhe : The Voice that Remembers: The Heroic Story of a Woman’s Fight to Free Tibet », décrivant les conditions pénibles de prison chinois, comme elle en avait fait la promesse à des codétenus au cas où elle survivrait et malgré l’interdiction chinoise, elle tenait à témoigner pour les « morts et les vivants ».

Tout au long de sa vie en exil, elle a activement raconté les histoires de la vie sous l’occupation chinoise et des milliers de prisonniers tibétains qui sont morts sous l’oppression chinoise.

A Dharamsala, elle a également continué à s’occuper des enfants du centre de réfugiés et les a aidés à exprimer leur traumatisme par le dessin.

En 1999, Ama Adhe est invitée à témoigner en France au Sénat. Elle rencontre également Lionel Jospin, alors premier ministre, et Jack Lang membre du gouvernement. Elle a aussi rencontré Danielle Mitterrand, Françoise Hostalier, Catherine Trautmann et Nicole Pery à l’occasion du colloque des femmes socialistes au Palais de la Mutualité à Paris.

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