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Billet de blog 29 avril 2021

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Ce que la Chine cache derrière son obsession du « maintien de la sécurité » au Tibet

Le rapport détaillé souligne que les exécutions extrajudiciaires, la torture et la détention arbitraire sont pratiquées « de manière généralisée et systématique » dans la région tibétaine.

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Selon le dernier rapport sur la situation des droits de l’homme au Tibet, l’ONG tibétain TCHRD (Tibetan Centre for Human Rights & Democracy) souligne que derrière le « maintien de la sécurité » au Tibet par le gouvernement chinois, se cachent de graves violations des droits politiques, civils, économiques, sociaux et culturels des Tibétains.

Le rapport de 37 pages conclut que la République populaire de Chine (RPC) doit être tenue pour responsable de sa répression continue sur les Tibétains, car ses actions vont non seulement à l’encontre de sa propre constitution, mais aussi des positions cruciales qu’elle occupe en tant que membre de l’ONU et du Conseil des droits de l'homme.

Illustration 1
Jokhang, Lhasa

Le rapport détaillé souligne que les exécutions extrajudiciaires, la torture et la détention arbitraire sont pratiquées « de manière généralisée et systématique » dans la région tibétaine. Le TCHRD a déclaré que la nouvelle loi sur « l’unité ethnique », par le biais de la mise en œuvre de la « politique de maintien de la stabilité », nie les dispositions de la loi sur l'autonomie régionale nationale qui promet des pouvoirs autonomes aux Tibétains. Le rapport indique également que la tentative de la RPC de « sinisation du bouddhisme tibétain » est également l’un des principaux objectifs du 7e Forum de travail sur le Tibet, qui s’est tenu en août 2020, et du 14e plan quinquennal (2021-2025).

Les projets de développement de la Chine qui sont concentrés dans les villes et les grandes agglomérations dominées par les Chinois Han offrent invariablement les bénéfices de l’investissement aux Chinois Han et ignorent la majorité des Tibétains, qui sont défavorisés et dépossédées de tout pouvoir, ce qui entraîne une inégalité, une discrimination et un appauvrissement bien ancrés.

Illustration 2
TCHRD 2020

Le développement des infrastructures, de la construction et de l’urbanisation à l’éducation et à la langue, y compris une politique « d'éducation bilingue » menace la langue tibétaine en donnant la priorité au chinois mandarin dans les classes primaires, ce qui est en fin de compte orienté vers le programme assimilationniste chinois. Ce programme vise à créer une identité nationale chinoise unique, de manière à saper l’identité et la transmission culturelle tibétaines.

L’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012 a amplifié « les attaques et l’oppression à l’encontre des avocats spécialisés dans les droits civils, des militants des droits de l’homme et des dissidents dans toute la RPC », souligne le rapport. L’année 2020 a également été marquée par une surveillance accrue, avec l’interdiction d'utiliser des VPN (réseaux privés virtuels) et une augmentation des arrestations pour avoir rejoint des groupes de discussion en ligne accusés de « diviser le pays » et de « menacer l’unité nationale ». Le rapport a révélé que « la voie du milieu pour une autonomie » (MWA) figurait parmi les nombreux sujets de discussion criminalisés par ces directives.

La TCHRD conclut qu'aucun des problèmes majeurs qui ont déclenché les vastes manifestations de 2008 au Tibet, notamment les restrictions draconiennes sur la religion et la dénonciation du Dalaï Lama, l'augmentation de la migration chinoise vers les régions tibétaines, la répression politique, la marginalisation économique, le manque d'autonomie, la destruction de l'environnement et les politiques de développement mal conçues, n'a été résolu par la Chine.

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