Le Tibet voit la répression s’intensifier alors que le Dalaï Lama fête ses 86 ans

Les restrictions se sont multipliées au Tibet au cours du mois de juillet, pour empêcher toute expression de célébration de l’anniversaire du Dalaï-Lama, qui tombe le 6 juillet.

Selon le gouvernement tibétain en exil, les autorités chinoises ont arrêté plusieurs Tibétains de Karze, dans la province traditionnelle du Kham, incorporée dans la province chinoise du Sichuan, pour avoir célébré le 86e anniversaire du Dalaï Lama au Tibet au début du mois.

Un homme nommé Kunchok Tashi et une femme nommée Dzapo, tous deux âgés d'une quarantaine d'années, ont été placés en détention à Karze (ch : Ganzi), ville de Kyaglung de la préfecture autonome tibétaine, selon Golog Jigme, ancien prisonnier politique tibétain.

Les deux hommes ont été arrêtés pour avoir fait partie d’un groupe de médias sociaux qui partageait des photos et des vidéos et encourageait les autres à réciter des prières à l’occasion de l’anniversaire du Dalaï Lama.

La source a ajouté : « Une trentaine d’autres Tibétains ont été arrêtés début juillet dans la même région. On sait très peu de choses sur l’arrestation de ce groupe de Tibétains en raison de la répression des communications et de la stricte surveillance mise en place par les autorités chinoises. »

 © Tibet Watch © Tibet Watch
Des informations faisant état de nouvelles perquisitions numériques effectuées par les autorités chinoises à Golog et dans le comté de Serthar au début du mois ont été publiées récemment. Le 13 juillet, quatre Tibétains, Loga, Dather, Wangchuk Kyi et Rinchen Sangpo, ont été arbitrairement détenus par les autorités après que le contenu de leurs téléphones a été analysé et fouillé numériquement, car ils étaient soupçonnés de conserver des photos de leur chef en exil, le Dalaï Lama. Le jour de leur arrestation, avant que les policiers ne débarquent, ils travaillaient dans un restaurant du comté de Serthar. Leurs téléphones ont également été fouillés pour de contenus considérés par le Bureau de la sécurité publique (PSB) comme « politiquement sensibles ». Tibet Watch a reçu des preuves photographiques de deux à quatre policiers effectuant des contrôles téléphoniques dans les rues, les restaurants, les épiceries et les bars karaoké.

Les restrictions se sont multipliées au Tibet au cours du mois de juillet, période durant laquelle est célébré le centenaire de la fondation du PCC. Les autorités du comté de Serthar ont « interdit tout rassemblement, toute prière monastique et tout événement religieux » au mois de juillet, à l’exception des événements organisés par l’État.

Les restrictions imposées en juillet s’ajoutent aux campagnes menées par le gouvernement chinois chaque année en juillet pour empêcher toute expression de célébration de l’anniversaire du Dalaï Lama, qui tombe le 6 juillet.

Interrogatoires après la découverte d’un portrait du Dalaï Lama

Le 3 juillet 2021, trois policiers en uniforme du Bureau de la sécurité publique (PSB) sont entrés dans le monastère de Jangchup Gayphel, dans le canton de Dartsang, dans le comté de Serthar, et ont mené une opération de fouille dans la salle de prière. Après avoir trouvé un portrait du Dalaï Lama sur l'autel de la salle, les agents l’ont immédiatement confisqué et ont convoqué tous les chefs du monastère et les moines concernés au poste de police local pour les interroger.

Au cours de cette opération de perquisition, le PSB a arrêté quatre Tibétains, dont un chef de village local, soupçonnés de posséder des contenus « politiquement sensibles ». Les noms des détenus et le lieu où ils se trouvent restent inconnus.

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