L’UE et le vaccin contre le COVID 19

L’Agence européenne du médicament a décidé d’avancer d’une semaine la réunion prévue le 29 décembre pour se prononcer sur la validité d’un vaccin validé par les autorités sanitaires de la GB le 2 décembre et par celles des USA le 11 décembre. Bel exemple de la lourdeur de la bureaucratie européenne entravée par la collusion et la collision d'intérêts très privés.

On s’est beaucoup gaussé, sur le continent, des propos du Premier Ministre britannique Boris Johnson quand il attribuait au Brexit et à la souveraineté retrouvée de la Grande-Bretagne la rapidité avec laquelle les opérations de vaccination ont pu commencer dans la grande île. Echappant à la lourde bureaucratie européenne, entravée par la collusion et la collision de multiples intérêts privés, la fière Albion a obtenu, sans retard, les certifications indispensables de son autorité nationale de santé.

Bien entendu, le chœur des eurolâtres, depuis Bruxelles, avec les relais européens de la presse bien pensante, s’est scandalisé, a hurlé à la démagogie et s’est ingénié à dévoiler tous les travers de la gestion de la pandémie par le locataire du 10 Downing Street. Comme si, dans les pays les plus touchés, dont la France, cette gestion avait été modèle transposable ! Comme si, en France, les prétendus observateurs qui ne sont que de pitoyables relais dociles d’intérêts qui les dépassent, pouvaient se targuer d’une quelconque légitimité à critiquer les autres, après avoir soutenu successivement et avec une fidélité exemplaire les décisions contradictoires et incohérentes de la présidence de la République, du gouvernement et des autorités sanitaires !

On a même vu une ONG basée à Bruxelles venir au secours des institutions européennes en expliquant laborieusement que les régulateurs – entendez l’Agence européenne du médicament – « font leur boulot » et qu'il faut être patient. Comme si l’intégrité et l’expertise de cette agence européenne étaient supérieures à celles de la GB ou des USA ! Un nouvel exemple des complaisances dont les ONG sont capables dès lors qu’il s’agit des institutions européennes qui … les financent.

Depuis le 8 décembre, on vaccine en Angleterre, mais aussi en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord.

Et qu’apprenons-nous ?

L’agence de presse allemande, Deutsche Welle, dans une dépêche du 15 décembre, soit 7 jours après le début de la vaccination outre-Manche, indique que l’Agence européenne du médicament a décidé d’avancer d’une semaine la réunion prévue le 29 décembre pour se prononcer sur la validité d’un vaccin validé par les autorités sanitaires de la GB le 2 décembre et par celles des USA le 11 décembre. Que voilà un grand effort ! Il fallait absolument éviter le ridicule d'institutions européennes qui portent déjà l'infamie d'exiger régulièrement des Etats membres des coupes dans les budgets de santé publique et des réductions de lits dans les hôpitaux.

Le vaccin américano-allemand sera donc, on peut le présumer, validé par Bruxelles, le 21 décembre. Trois semaines après Londres.

Comme chacun sait, il n’y a pas urgence en la matière et la santé des peuples des 27 Etats peut attendre les lenteurs, les lourdeurs et les collusions de la bureaucratie européenne.

Il paraît que la présidente de la Commission européenne espère que la vaccination puisse commencer encore en 2020. Attendons-nous à un grand show médiatique pour nous montrer la vaccination à Bruxelles de trois ou quatre personnes entre Noël et Nouvel An.

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