RAOUL MARC JENNAR
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Billet de blog 18 mai 2015

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Malraux, le colonialisme et son enseignement

Je pars aujourd’hui à Singapour. J’y suis invité par le centre culturel français pour parler de l’André Malraux que je viens de présenter dans mon dernier livre « Comment Malraux est devenu Malraux ».

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Je pars aujourd’hui à Singapour. J’y suis invité par le centre culturel français pour parler de l’André Malraux que je viens de présenter dans mon dernier livre « Comment Malraux est devenu Malraux ». Je vais raconter la formidable métamorphose qui s’est opérée en 26 mois, entre novembre 1923 et décembre 1925, chez cet homme, pendant qu’il vivait alors dans l’Indochine française. Bien que fort jeune, c’était déjà un homme de pensée. Il va de venir un homme d’action. Bien qu’érudit, il était indifférent aux questions politiques. Il va devenir un compagnon de route des révolutionnaires. Confronté aux horreurs du colonialisme, il partage d’abord la conviction, exprimée trente ans plus tôt par Jaurès, qu’il faut étendre aux indigènes les droits dont jouissent les Français. Mais il finira par se rendre compte, comme Jaurès, que le colonialisme n’est pas réformable parce que colons, hommes d’affaires et administration coloniale considèrent que les indigènes sont des sous-hommes exploitables jusqu’à ce que mort s’en suive. Des untermenschen, comme disaient les nazis. C’est la troisième mutation de Malraux qui va décrire dans un article, en 1933, les exactions des soldats français contre les civils indochinois. De banales exécutions sommaires, quasi quotidiennes. C'est alors que Malraux qualifie le colonialisme de fascisme. 

C’est ce que j’explique dans mon livre, c’est ce que je vais raconter dans les jours qui viennent à Singapour, Phnom Penh, Bangkok et Hô-Chi-Minh-Ville. 

Pendant ce temps-là, à Paris, un leader du Parti de Gauche aurait estimé, à la télé, qu’enseigner l’esclavage et la colonisation aux jeunes Français « peut conduire à l’auto-affliction »…

S'il en est bien ainsi, décidément, la passion cocardière rend aveugle, même les meilleurs. Et l'espoir d'une gauche de gauche, absolument claire dans ses orientations s'éloigne encore un peu plus. 

Reviens Jaurès, ils sont tous devenus fous ! 

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