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Billet de blog 26 août 2016

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Pauvre France, plongée dans l'obscurité médiatique

Une autorité morale, religieuse ou politique qui prétend dicter la manière de s'habiller, cela s'appelle une dictature.

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Y en a marre !

Mais dans quel pays est-on ? Celui des Lumières ? On subit une fameuse panne d'électricité !

On voit des manifestants pour le burkini et des manifestants contre le burkini. Deux formes de débilité, deux manières de tomber dans le piège d'une société dominée par l'évènementiel, par l'émotif, par le superficiel. C'est dans tous les cas tomber dans le panneau. Tomber dans le piège où les maîtres veulent que nous tombions. Car, cette question de la manière d'aller dans l'eau, vêtue un peu, beaucoup ou pas du tout, est-cela l'essentiel ? Pourquoi nourrir la ferveur médiatique autour de cette connerie ?

Cette ferveur médiatique ne sert qu'à faire oublier l'essentiel : la régression des droits, l'augmentation des inégalités, y compris l'inégalité des droits et des droits des femmes en particulier, la régression sociale, la catastrophe climatique qui arrive, la biodiversité dégradée qui affecte nos vies, les pesticides qui provoquent nos cancers, le triomphe des multinationales, la tyrannie des eurocrates, les risques de guerre provoqués par les USA.

Tout ce battage sur le burkini, c'est n'est pas une provocation. C'est une diversion. Et des esprits bien intentionnés, mais un peu courts, manifestent. Ils bêlent leurs slogans. Ils tombent dans le panneau.

Les défis majeurs de notre temps ne sont ils pas plus importants que la manière dont une femme s'habille ou se déshabille sur une plage ? Qu'elle soit nue ou toute habillée, je m'en fous. C'est SA liberté. La liberté des autres ne me gène pas. Des adversaires du mariage pour tous aux adversaires du burkini, des adversaires du nu et des spectacles irrévérencieux, je ne vois que des adversaires de la liberté. Si une femme ne veut pas montrer son corps, c'est son droit. Un droit qui ne doit pas la priver du plaisir de la baignade. Si une femme aime être libérée de ses vêtements, qu'elle soit belle ou moche, c'est son droit. Un droit qui ne doit pas la priver du plaisir de la baignade. Ce n'est pas à moi de décider si cette femme choisit librement. C'est à elle et à elle seule.

Une autorité morale, religieuse ou politique qui prétend dicter la manière de s'habiller, cela s'appelle une dictature.

Apprenons à vivre avec la différence autour de nous. Refusons cette inclination à l'uniformité. La différence, quand elle ne conduit pas à l'inégalité des droits, doit être respectée. Manifester pour ou contre le burkini, c'est accorder une priorité à ceux qui veulent faire de cette question une priorité. Pourquoi leur donner tant de publicité ? Ne donnons pas une majorité à ces minoritaires immatures qui ont un problème avec le corps, qu'il soit nu ou vêtu.

Sorcières nues ou sorcières vêtues, la France est revenue aux temps obscurs où elle brûlait les sorcières. L'hystérie médiatique nous plonge dans l'obscurité et nous ramène aux pires temps de l'obscurantisme. Pas étonnant que la France ne brille plus dans le monde.

rmj

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