Un général de la milice désormais en charge des Droits de l'Homme en Russie

Et pourquoi pas, pendant qu'on y est, un colonel du FSB, ou un adjudant parachutiste?

La Douma (assemblée législative) russe vient d’élire parmi les siens la nouvelle médiatrice des Droits de l’Homme. Il s’agit de Tatiana Moskalkova, qui porte dans la police le grade de général-major. Les défenseurs des droits de l’homme en Russie ne savent pas  s’ils doivent en rire ou en pleurer. Mais il n’y a pas que le profil professionnel de la dame qui les inquiète. Le discours qu’elle a prononcé à la suite de son élection fixe les deux axes de son action à venir : premièrement, lutter contre l’instrumentalisation de la thématique des droits de l’homme par les ennemis de la Russie, les Etats-Unis et l’Europe. Deuxièmement lutter contre les violations des droits de l’homme dont sont victimes les russes à l’étranger. Elle donne comme exemple la fermeture des écoles maternelles en langue russe. Il est clair que l’Ukraine et les pays Baltes auront désormais à bien se tenir. Tout le monde se souvient que le thème des persécutions linguistiques dont sont victimes les russophones peut annoncer une intervention militaire et la perte d’un petit bout de son territoire pour un voisin de la Russie. Par contre il va de soi que la nouvelle médiatrice n’a pas l’intention de s’occuper des violations des droits de l’homme dont sont victimes des russes en Russie du fait de l’Etat russe. En parler seulement, c’est déjà faire le jeu de l’Amérique.

 

La nouvelle Garde Nationale à qui on vient de donner le droit de tirer dans la foule et d’intervenir hors des frontières de la Russie ( https://blogs.mediapart.fr/raoul-olivier/blog/060416/vladimir-poutine-se-donne-une-garde-pretorienne ) a bien reçu le message : aucune commission d’enquête venant de l’assemblée législative ne viendra la déranger dans sa mission de maintien de l’ordre poutinien. 

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