L'Occident favorise la diffusion du Sida en Russie pour l'affaiblir

Pendant la séance du 30 mai 2016 du conseil municipal de Moscou (Mosgorduma) des experts de l’Institut Russe de Recherches Stratégiques ont accusé l’Occident de favoriser la diffusion du SIDA en Russie. L'hystérie patriotique qui sévit en Russie depuis l'annexion de la Crimée tourne à la paranoïa aiguë, au détriment de la lutte réelle contre la maladie.

 

La séance a été ouverte par la présidente de la commission pour la santé publique de Moscou Lioudmila Stebenkova qui a  rappelé que la situation causée par ce virus avait déjà été discutée l’année dernière.

A l’époque le dirigeant du Centre Fédéral de Lutte contre le SIDA Vadim Pokrovski avait parlé à ce propos d’épidémie et de catastrophe nationale.

Mais cette année pour préparer un rapport sur le même sujet les fonctionnaires de la mairie de Moscou n’ont pas jugé bon de faire appel à des médecins et se sont adressés à L’Institut Russe de Recherches Stratégiques, qui est un centre analytique gouvernemental formé à la suite d’un décret présidentiel en 1992.

Ce rapport a été présenté aux députés municipaux le 30 mai par le vice-directeur de l’Institut, Tatiana Gouzenkova, professeur d’histoire célèbre pour ses positions très critiques à l’égard du pouvoir ukrainien actuel et pour ses thèses sur le « déclin de l’Union Européenne ».

Selon elle « le problème du SIDA est instrumentalisé dans la lutte médiatique contre la Russie ». Elle fait remarquer que la communauté internationale, quand elle propose à la Russie d’appliquer l’approche occidentale dans la lutte contre cette maladie, transforme le thème de l’épidémie « en problème politique : comment faire obstacle à la Russie en tant que pays qui se permet de mener une politique intérieure et extérieure indépendante ».

Le directeur de ce même Institut Igor Beloborodov pense que l’Occident essaie d’imposer l’idée d’éducation sexuelle à l’école « aux pays qu’il veut affaiblir démographiquement parce qu’ils représentent pour lui des concurrents géopolitiques ».

Ce même expert du centre d’analyse présidentiel  estime que le meilleur moyen de lutter contre les maladies sexuellement transmissibles reste la famille hétérosexuelle monogame.

Tatiana Stebenkova souligne qu’elle n’est pas opposée aux préservatifs comme moyen contraceptif, mais ne croit pas en leur efficacité contre le SIDA. Elle est certaine que « ce rapport jouera un grand rôle dans la suite des événements ». « Ce n’est pas d’abord le SIDA qu’il faut combattre, mais la drogue et l’immoralité » conclut-elle.

 

Selon les chiffres du Ministère de la Santé russe, depuis le début de l’année 2016 20% des personnes infectées par le virus en Russie sont décédées.

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