Mexique : un panier garni contre ton vote

Les candidats locaux aux élections mexicaines font des cadeaux aux électeurs en échange de leur vote. C’est une vieille pratique de la politique mexicaine. A l’approche du scrutin, les accusations se multiplient, photos à l’appui, notamment sur Twitter.

Les candidats locaux aux élections mexicaines font des cadeaux aux électeurs en échange de leur vote. C’est une vieille pratique de la politique mexicaine. A l’approche du scrutin, les accusations se multiplient, photos à l’appui, notamment sur Twitter.

Les électeurs mexicains sont-il corruptibles ? Oui, selon certains militants locaux des grands partis politiques comme le PAN (droite, parti sortant), le PRI (parti longtemps hégémonique) ou le PRD (gauche).

A un mois des scrutins et alors que les candidats à la présidence, mais aussi les candidats à la députation battent campagne, les accusations de clientélisme se multiplient comme à Saltillo dans le nord du Mexique ou à Mexico dans le quartier de Coyoacán. Les uns et les autres se reprochent mutuellement de distribuer des sacs de ciment ou des denrées alimentaires pour s’attirer la sympathie, et pourquoi pas le vote, des électeurs. Les fameuses « despensas » contiennent souvent de la farine de maïs, ou des tortillas (aliment de base au Mexique), du sucre, de l’huile, du riz et des haricots, recèlent parfois un billet de banque de 100 à 500 pesos, ainsi qu’un tract du candidat du parti.

Ces derniers jours des utilisateurs de Twitter ont fait circuler des clichés que nous reproduisons ci-dessous. S’il est difficile de prouver la véracité de ces filets garnis électoraux, le détournement des programmes sociaux est dans l’inconscient politique mexicain. Certains responsables locaux assument ces pratiques, comme ici dans le Durango en 2011, dans le cadre d'une aide promise à un village pauvre. Lorsqu’elle était ministre, la candidate du PAN, Vásquez Mota s’est  attaché à combattre l’instrumentalisation du ministère de lutte contre la pauvreté (Sedesol) et de ses programmes (Pro Campo, Oportunidades) à des fins politiques, en mettant en place un numéro de téléphone pour dénoncer ces pratiques. Mais la tradition des cadeaux semble se perpétuer. Parfois, les candidats distribuent des bons pour des uniformes scolaires ou des ampoules comme ici en Basse Californie.

>Un emballage de tortillas aux couleurs de la candidate aux municipales Bertha Trejo (Yucatán):

http://lockerz.com/s/212315233

>Cette photo de militants du Parti révolutionnaire institutionnel distribuant des réchauds a fait beaucoup de bruit sur Twitter. Sans qu’on puisse identifier l’origine de la photo:

>Un paquet de denrées aux couleurs de la candidate du PAN:

 

Les électeurs se laissent-ils tenter ? Impossible de le savoir. Les utilisateurs des réseaux sociaux eux, préfèrent l’humour:

Traduction: « Si tu twittes trois fois «#manifantiAMLO », un sandwich, un tamal (pâte de farine de maïs), un champurrado (préparation à base de cacao) et un paquet de cosmétiques sponsorisés par le PRI apparaîtront ».

 

>Précédents billets sur la campagne présidentielle mexicaine:

Portrait d'Andrés Manuel López Obrador, candidat de la gauche à la présidentielle mexicaine.

La révolte des jeunes contre les médias.

>Suivez la campagne mexicaine sur Twitter: @raphamoran, et via le mot-clef #Mexique2012<

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