Un banal conflit de garde partagée ? Pas tout à fait, lorsqu’on sait que l’ex femme d’un puissant gouverneur mexicain menace de révéler des faits de corruption s’il ne lui rend pas ses enfants.

L’histoire de Maude Versini et d’Arturo Montiel a d’abord fait la une de la presse du cœur au Mexique entre 2002 et 2007. Elle, jeune Française avait eu le coup de foudre pour le gouverneur de l’Etat de Mexico lors d’une interview pour un publireportage. La suite à tout d’une trame de telenovela : une demande en mariage sous l’arc de triomphe, trois enfants entre Paris et le Mexique. Puis le divorce en 2007 qui tourne au règlement de compte. Le cas qui oppose Maude Versini, une publicitaire française et son ex mari, ancien gouverneur de l’Etat de Mexico (le plus peuplé du pays avec 15 millions d’habitants) a pris un nouveau tournant mi janvier, lorsque cette dernière a menacé de révéler des faits de corruption si ses trois enfants ne lui étaient pas rendus.

Le court communiqué lapidaire qu’a émis le consulat de France à Mexico concernant le divorce de Maude Versini et d’Arturo Montiel, est révélateur de la tournure que pourrait prendre l’affaire. S'il s'agit bien d'une affaire privée, le risque d'un conflit diplomatique est là. Les autorités civiles françaises à Mexico indiquent que la garde des enfants ayant été confiée à leur mère par un tribunal mexicain, elles se doivent d’apporter une protection consulaire. Conformément à un accord entre les deux parents, la mère, qui vit dorénavant à Paris, déclare confier ses enfants à leur père durant les vacances de Noël et d’été. C’est ce qu’elle a fait le 17 décembre dernier. Mais le 2 janvier, date à laquelle les trois enfants auraient dû retourner en France avec leur mère, Arturo Montiel a refusé d’appliquer la décision de justice. Les enfants sont donc illégalement retenus par leur père.

L’histoire aurait pu s’empiler dans les placards consulaires si Maude Versini n’avait pas menacé d’abattre une carte qui pourrait ébranler la vie politique mexicaine. Pour récupérer ses enfants, cette Française d’une quarantaine d’années a menacé de révéler des faits de corruption auxquels se serait livré Arturo Montiel  lors de son mandat de gouverneur de 1999 à 2005 dans l’Etat de Mexico, l’entité la plus peuplée du pays avec 15 millions d’habitants.
Pour se justifier, le père des enfants a accusé le nouveau mari de Maude Versini de maltraitance sur ses enfants, et a brandi une nouvelle décision de justice en sa faveur…

Déjà à la fin de son mandat de gouverneur, la justice mexicaine avait enquêté sur un possible enrichissement illicite d’Arturo Montiel et de ses proches. Poids lourd du Parti Révolutionnaire Institutionnel qui a tissé un réseau de corruption de clientélisme dans tout le Mexique durant 71 ans de règne sans partage jusqu’en 2000, Montiel voulait être investi candidat à la présidentielle en 2006.
Mais l’enquête sur ses multiples propriétés acquises au cours de sa carrière politique –alors qu’il n’a aucune autre profession- a stoppé net ses ambitions présidentielles. Finalement l'enquête préliminaire du Parquet de l'Etat de Mexico est tombée à l'eau. Les mauvaises langues parlent d'une enquête biaisée dès le départ.
L’affaire rebondit en 2007. Maude Versini et Montiel divorcent. Et surprise, dans le cadre de la demande de divorce, la Française demande sa part du patrimone du couple : 20 millions d’euros. Un somme colossale dans un pays où le niveau de vie est deux fois plus faible qu’en France.
D’où vient cette somme d’argent ? Quel est le vrai patrimoine de l’ancien gouverneur ? A-t-il détourné de l’argent lors de son mandat ?
Si Maude Versini révèle ce qu’elle sait –elle a travaillé auprès de son époux- l’actuel candidat du PRI, Enrique Peña Nieto pourrait éventuellement être mis en cause. Car il figurait en bonne place dans l’organigramme du gouvernement de l’Etat de Mexico (voir le portrait que nous lui avons consacré ici). Il est pour l'instant, en tête dans les sondages pour la présidentielle mexicaine de juillet 2012.

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Tous les commentaires

Gonflée, cette femme.... Je lui appliquerais plus volontiers l'appelation "maitresse-femme"... qu'à sainte conne....

Si, elle "sait" des faits de corruption et qu'elle "menace"... qu'elle fasse attention à elle... même à Paris.