Conseil de Paris, transparence et faille spatio-temporelle

Elue en juin 2020, j'ai depuis l'impression d'être tombée dans une faille spatio-temporelle. Conseillère déléguée à Paris Centre, Vice-Présidente du groupe écologiste à l'Hôtel de Ville, protagoniste de la dite affaire Girard... Comment concilier transparence du mandat électif, burn out militant et syndrome de l'imposteure ?

Elue en juin 2020, j'ai depuis l'impression d'être tombée dans une faille spatio-temporelle.

Elue écologiste, conseillère déléguée en charge des grands projets de végétalisation, de l'écoresponsabilité et de la citoyenneté (il faut que je pense à vous partager ma feuille de route) dans un tout nouvel arrondissement, Paris Centre, Vice-Présidente du groupe écologiste à l'Hôtel de Ville, protagoniste pas malgré moi, mais presque, de la dite affaire Girard... N'en jetez plus !


En cet automne 2020, le syndrome de l'imposteure revient au galop, j'ai le sentiment de ne pas être à la hauteur, d'être fatiguée, on me conseille pourtant plusieurs fois par jour de prendre des vacances alors qu'il me semble avoir mille et une tâches à accomplir. Et puis, je fais les comptes : entre les procédures judiciaires et les déménagements, les mois de chômage restants, l'envie de reprendre une activité salariée etc. ERF. Ca existe le burn-out militant, on le sait. Il me semble que j'approche dangereusement de mes limites, et je ne connais que trop bien la chute. Mais il serait tellement déplacé de me plaindre, alors que j'ai la chance immense, l'honneur et la responsabilité d'exercer un mandat.

Il faut donc trouver des solutions.

Comment, dans ces conditions, assurer la transparence du dit mandat ? D'abord avec une initiative très simple : publier ici chacune de mes interventions au Conseil de Paris.

Conseil de Paris des 23 et 24 juillet 2020

Après les conseils d'installation, très protocolaires, à quelques nuances près, notre premier "vrai" Conseil de Paris a eu lieu les 23 et 24 juillet 2020. 

L'affaire Girard était alors en train d'exploser, plus particulièrement à la gueule des nouvelles élues que nous sommes, Alice Coffin et moi. Nous avons négocié, expliqué, mobilisé, refusé de nous renier, exigé que la parole des victimes soit portée, l'exigence féministe en politique tenue.

En parallèle nous avons également travaillé sur les dossiers thématiques que nous avions décidé d'investir. Me concernant il s'agit principalement des sujets relatifs à la sécurité et à l'éducation. L'ambiance étant devenue très vite insupportable, j'ai renoncé, en concertation avec le Groupe Ecologiste de Paris (GEP), à poser une question d'actualité au Préfet de police, Didier Lallement. Cette question a donc été présentée avec brio par notre collège Aminata Niakaté, élue du 15ème arrondissement. Le sujet était grave : un jeune éborgné par un tir de LBD dans le 18ème. La réponse du Préfet fut sans appel : une standing ovation pour Christophe Girard et sa "leçon de dignité". 

Lors de la première journée de Conseil j'avais néanmoins pu intervenir, à peu près sereinement, concernant le budget de la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris et pour donner la position de vote du groupe sur un voeu déposé par Danielle Simonnet. Ce sont ces interventions que vous pouvez retrouver ci-dessous, grâce au travail de retranscription des agent.e.s de la Ville. Merci à elles et eux !

N'hésitez pas à poser toutes vos questions en commentaires de ce billet.

Je publierai très vite d'autres interventions, avec un préalable plus court !

Vous pouvez également retrouver les comptes-rendus et vidéos des derniers Conseils de Paris sur le site internet paris.fr.

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Mme Raphaëlle RÉMY-LELEU.- Merci, Monsieur le Maire.

Cher.e.s collègues, ce compte administratif du budget spécial de la Préfecture de police est la dernière étape du processus budgétaire entamé sous la précédente mandature. Le groupe Ecologiste espère et agira pour que cette dernière étape, mais surtout pour que le mandat qui s’ouvre devant nous, soit celui d’un réinvestissement massif, particulièrement à destination de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. La démultiplication des crises et des mobilisations des soldats et des soldates du feu a rappelé leur rôle central au sein de notre service public de sécurité et de sûreté. Qu’elles et ils en soient une nouvelle fois remerciés. Leur courage est souvent notre salut et il doit être reconnu, mais surtout accompagné.

Après des années marquées par la surmobilisation de la brigade et leur réactivité face à des conditions exceptionnelles - crises, mouvements sociaux, incendie de Notre-Dame de Paris ou, plus récemment, crise sanitaire du Covid-19, après les remerciements et les symboles indispensables - il est temps d’apporter les moyens nécessaires au plus du demi-million d’interventions annuelles. C’est l’un des objectifs du "Plan de modernisation" que mon collègue, orateur précédent, ne peut pas tout à fait ignorer. Ce réinvestissement devra permettre l’amélioration des conditions de travail, y compris la réduction du temps de travail et le relèvement indiciaire, comme l’efficacité des opérations, car aucune des interventions de la brigade ne relève du luxe.

C’est dans ce sens que les Ecologistes étaient intervenu.e.s lors des six années précédentes, notamment grâce au travail de Pascal JULIEN, et c’est bien dans ce sens que nous agirons pour les six prochaines années.

 

Mme Raphaëlle RÉMY-LELEU.- Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Représentante du Préfet de police, si ce drapeau confédéré a été retiré, nous allons, pour autant, voter pour le vœu proposé par Mme SIMONNET à la lumière des débats que nous avons eus lors de cette dernière séquence autour des questions de sécurité, notamment de police.

Nous pensons qu’il est important, pour que les relations entre police et population soient apaisées, que notre Assemblée, entre autres, puisse être le lieu d’explications et d’éclairages quand de telles dérives ont lieu. Une enquête administrative serait notamment fort utile pour avoir des détails sur la manière dont une telle chose a pu se produire et continuer d’œuvrer dans le sens de l’exemplarité de notre service public de sécurité.

Je vous remercie.

 

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