Les étudiant·e·s meurent de faim et d'angoisse

«Les étudiant·e·s meurent de faim et d'angoisse», tel était le cri d'alerte qui servait de mot d'ordre à la mobilisation étudiante de la semaine dernière. Face à l'inaction du gouvernement j'ai tenu en Conseil de Paris à saluer l'action de la Ville et des associations mais aussi à rappeler à chacun·e ses responsabilités.

Contextes & références

- Le texte ci-dessous est celui d'une intervention faite en Conseil de Paris, le jeudi 4 février 2021.

Nous discutions de la délibération 2021 DASES 22, une subvention de 210 5000 euros au Centre d'Action Sociale de la Ville de Paris et à 10 associations, ainsi qu'une subvention d'investissement de près de 35 000 euros pour des actions d'aide alimentaire à Paris. D'autres interventions ont porté sur l'ouverture des lieux d'études et la santé mentale.

- L'appel d'EELV  à soutenir et rejoindre les mobilisations étudiantes est à retrouver ICI.

- Toutes les informations sur les aides alimentaires pour les étudiant.e.s de Paris sont à retrouver ICI. 

Intervention en Conseil de Paris

Affronter l'urgence sanitaire, la difficulté d'organiser la solidarité et le besoin d'aide supplémentaire des plus vulnérables. Voilà le défi immense que relève notre Ville, en s'appuyant sur le réseau constitué des CASVP et des associations. 

Aujourd'hui les étudiant.e.s sont mobilisé.e.s autour d'un cri d'alerte "les étudiant.e.s meurent de faim et d'angoisse". Les écologistes tenaient à revenir sur les actions organisées à destination de la population étudiante parisienne. 

Nous avons toutes et tous été choqué.e.s par les files d'attente devant la Maison des Initiatives Etudiantes (MIE)*, les CROUS, les épiceries solidaires. Paradoxalement, c'est la preuve que ces dispositifs sont utiles et très sollicités. Ils sont en réalité exemplaires car ils allient le dynamisme de la vie associative et syndicale et le soutien des infrastructures municipales. Des dispositifs exemplaires donc masi guère suffisants car c'est la pauvreté étudiante qui nous a sauté aux yeux. La pauvreté et non plus seulement la précarité. Les grandes associations d'aide alimentaire ont averti depuis des mois : des Restos du Coeur au Secours Populaire, toutes ont alerté sur l'arrivée massive des étudiant.e.s et des jeunes dans les distributions.

La Ville de Paris fait des efforts considérables pour prévenir cette situation, mais l'autonomie de la jeunesse ne peut pas reposer sur sa seule action. Je tenais ainsi à vous dire que je reste abasourdie que dans notre Conseil certains et certaines osent encore défendre le plan "un jeune une solution" et critiquer l'action municipale au prétexte qu'elle aiderait prioritairement les boursier.e.s.

Rappelons que si 35% des étudiant.e.s bénéficient de bourses sur critères sociaux, seul.e.s 45 000 touchent l'échelon maximal. A savoir 555 euros par mois. Sur 10 mois. Car c'été, c'est bien connu, les étudiant.e.s vivent d'amour et d'eau fraîche. 555 euros, seulement, alors que le seuil de pauvreté est à 1015 euros. 

La crise du COVID souligne l'urgence de la mise en place d'une allocation d'autonomie, alors que l'inaction gouvernementale enferme les étudiant.e.s dans la pauvreté. Merci encore, donc, à toutes celles et ceux qui agissent pour donner à la vie étudiante d'autres perspectives que la lutte contre l'angoisse et la faim.

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