La situation intenable de Bruno LASSERRE

M. Bruno Lasserre se trouve désormais dans une situation intenable. Les récentes révélations dans la presse sur sa mise en cause dans une affaire de harcèlement moral l'obligent à préserver l'administration de tout scandale qui ne la concerne pas. Désormais, M. Lasserre doit informer le chef de l'Etat de cette situation et se mettre en retrait de toute fonction importante.

Un hebdomadaire national vient de révéler ce matin l’incroyable règlement de comptes qui se prépare entre M. Lasserre et l’homme qui fut son collaborateur direct sur une longue période, M. Fabien Zivy. Ce dernier vient d’être mis en examen pour harcèlement moral. Sa réaction est claire et sans ambigüité : il a décidé d’expliquer comment un homme a pu mourir en raison des conditions de travail qui lui ont été réservées et comment un service essentiel de l’Autorité de la concurrence a été totalement désorganisé : trois burn out et de multiples arrêts maladie. Pour l’ancien chef du service juridique de l’Autorité de la concurrence, M. Bruno Lasserre a sa part de responsabilité dans ce drame. Cette défense met en lumière la singulière déclaration de M. Lasserre qui déclarait n'être au courant de rien…

Aujourd’hui, la justice va devoir identifier les responsabilités de M. Lasserre et de son ancien collaborateur direct. La mise en examen pour harcèlement moral de ce dernier et sa ligne de défense laissent présager une possible mise en examen de M. Lasserre dans cette effroyable affaire.

M. Lasserre est aujourd’hui placé face à ses responsabilités. La première d’entre elles, est évidemment d’informer le Président de la République et le chef du Gouvernement de cette procédure pénale et de l’éventualité d’une mise en examen. C'est un devoir de loyauté. C’est le rôle d’un haut fonctionnaire : avoir le sens de la dignité de sa fonction et préserver l’administration d’un scandale qui ne la concerne pas. Il est impossible pour M. Lasserre de continuer à prétendre au poste de Vice-président du Conseil d’Etat, et donc de chef de la juridiction administrative, alors qu’une procédure pénale en cours laisse présager, comme l’écrit cet hebdomadaire, un « règlement de comptes chez les gendarmes de la concurrence ». Plus que jamais, le sens du service de l’Etat impose à M. Lasserre de se mettre en retrait de toute fonction importante qui pourrait pâtir d’une mise en examen.

La grandeur d’un haut fonctionnaire se mesure à sa lucidité et à sa volonté de préserver l’image de son administration. Nul ne doute désormais que M. Lasserre va informer le Président de la République du retrait de sa candidature au poste de Vice-président du Conseil d’Etat.

Régis DESMARAIS

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