L'horizon du confinement total

L'angoisse est autorisée : la pandémie du coronavirus se révèle terriblement dangereuse tandis que beaucoup de politiques se montrent incapables de faire front à des enjeux qui les dépassent. Le confinement total arrive et jamais la nécessité de nous prendre en charge individuellement n'a été aussi grande.

Mars est le Dieu de guerre et la guerre est déclarée. L’ennemi est un virus et derrière ce virus, les facteurs à l’origine de son développement. L’ennemi est aussi la bêtise, l’incompétence et la médiocrité de certains d’entre nous. 

Les jours passent et le nombre de personnes contaminées et décédées ne cesse d’augmenter. La perspective d’une saturation des hôpitaux, du moins des services utiles pour combattre les conséquences du virus, est inquiétante. Si une telle saturation devait arrivée alors le nombre de morts serait exceptionnellement élevé.

L’inquiétude est d’autant plus grande que nous constatons qu’une partie de la classe politique française est indigne des mandats qui lui ont été confiés. Le choix de ne pas reporter les élections municipales est un acte qui, dans quelques semaines, aura le visage d’un crime odieux et cynique. Comment fermer les commerces et limiter les déplacements tout en invitant les Français à se rendre aux urnes ? Où est la cohérence des mesures décidées ? Le choix de privilégier les intérêts d’une caste politique à la santé publique est une forme de trahison de la Nation. Le nombre de Français qui auront été contaminés à l’occasion de ces élections restera gravé sur le front de ceux qui n’ont pas voulu de ce report. Le comble est désormais la perspective de voir le second tour des élections annulé par la force du virus et les résultats du premier tour aussi, en application du code électoral et selon l'analyse du constitutionnaliste Didier Maus. Les Français contaminés lors du premier tour des élections municipales l’auront été pour rien.

Comment aussi ne pas s’inquiéter de voir des Français braver les consignes de prudence et de barrière contre le virus en s’exhibant par milliers, sous un soleil qui risque, pour beaucoup d’entre eux, d’être leur dernier soleil de mars ?

Dans les jours qui viennent, des mesures arrachées aux politiques par la nécessité de l’urgence de la lutte contre le virus vont être prises. Il est fort probable que demain ou après-demain un confinement total du pays sera décidé, voire un couvre-feu pour limiter la circulation des hommes et donc du virus.

La guerre est le moment où les vrais visages, la couardise ou le courage se révèlent aux yeux de tous et de l’Histoire. Indéniablement, les évènements que nous vivons, les décisions qui sont et seront prises marqueront notre démocratie. Jamais la vie des citoyens n’aura à ce point reposé sur des hommes incapables de dépasser leurs intérêts personnels.

Face à la médiocrité de certains politiques, les Français doivent prendre en main leur survie et leur avenir. Cette prise en main doit se faire sereinement, sans panique, à l’écoute des médecins et avec l'idée, que demain, les choses doivent changer dans la sélection des personnels politiques.

Régis DESMARAIS

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