Et la langue rouge devient brune dans la brume de l'été

« Il est évident que le poète écrit sous le coup de l'inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien. »[Boris Vian, Cantilènes en gelée]

« Il est évident que le poète écrit sous le coup de l'inspiration, mais il y a des gens à qui les coups ne font rien. »

[Boris Vian, Cantilènes en gelée]

 

 

Introduction chantée sur l'airdu "gant de toilette", en hommage à Bobby Lapointe

 

 

L'homme Ô sapiens, nous le savons (à, nous l'savon)

est aussi l'homme Ô demens, (même bien lavé)

oui, cela est la vérité...(lave héritée)

Y's'ra p't'être pas si sale demain (du moins j'espère)

mais faut refaire sa salle de bain (son cabinet)

Je suis en tout cas bien miné (pas laminé au cabinet)

est-ce à répéter ou à taire (t'es au water ?)

j'aimerais mieux que d'autres la vende (eau de lavande)

c'est pour l'odeur

je vais vous faire une confidence (les confits dansent) :

 

les hymnes rats colleurs ratissent larges ...

Ils font pas rire les gosses, mes tics (les cosmétiques)

sur ce clavier les touches t'y aident (les douches tièdes)

 

Refrain :

les prétextes ne manquent pas,

dans ce désert aride du début de l'été

les trolls se désaltèrent

dans l'atterrant

déni d'altérité...

et le rouge devient noir...

 

 

Là, chacun se renvoie à sa commune ôtée,(comme une inique idée)

hantée par les fantômes du pas assez passé

Et la langue brune revient,

quand Tilène,

en gelée, (merci Boris)

joue et rejoue,

belle inconsciente,

ses bagatelles

pour un mât sale (là c'est Céline)

 

Cette salade on verra dans (un verre à dent)

dans un instant si c'est le bide (c'est le bidet)

et là, j'ai pas dis le baudet (c'est un clin d'oeil pour qui veut bien)..

 

Le rat Minagrobis sait surfer sur la vague

batifolant sur les massacres...( du printemps - allusion à Starvinsky)

 

C'est un gros rat, vivant comme un dévot ermite,
un rat faisant la chattemite,
un saint homme de chat,

onctueux, bien à souhait,

bien fourré, gros et gras,

minaudant son sarcasme.

 

- Et « la paix maintenant » ?

- La paix ? Ce n'est qu'un pet, et comme nul n'y croit guère, tu es fait comme un rat, renard, c'est la guerre, et si ce n'est pas toi, c'est que c'est l'un des tiens, ce qui revient au même... »

- Mais, je ne suis que « moi », de quels miens parles-tu ?

- Quoique que tu fasses, quoique tu dises je te mets dans le bocal avec l'étiquette collée dessus...tu es un massacreur, un nervis saccageur...tu ne t'appartiens pas...

- Mais tu ne me connais pas...

- Tes répliques me suffisent

 

Les trolls se désaltèrent en cancanant (en cancres, crânant)

 

- Il a dit ça, j'vousl'assure

- Mais pas du tout.. c'est exactement le contraire..ce qu'il a dit...

- La langue est toujours rouge, elle n'est pas encore brune, puisqu'il nous le dit...

- C'est un cas personnel...censurez-vous ! Respectez nom d'une pipe (celle de Magritte), l'intérêt collectif (et l'avenir radieux)

- Moule à gaufres ! Cancrelat ! (là c'est une allusion pleine d'humour, à la métamorphose de Kafka )

- Malhonnête !

- Il suffit de s'auto- modérer et nous sommes tous sauvés

- Et moi et moi et moi, y en a que pour vous !

- Moi j'ai de l'expérience, et pis de l'ancienneté

 

 

Là on connait la fable.

 

Grippeminaud leur dit : Mes enfants, approchez,
Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause.
L'un et l'autre approcha ne craignant nulle chose.
Aussitôt qu'à portée il vit les contestants,
Grippeminaud le bon apôtre
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.

...

...

[Remerciements à Bobby Lapointe, Boris Vian, Jean de La Fontaine, Kafka, Stravinski, et tous les autres, connus ou anonymes]

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