Rick Perry n’est pas le premier à gaffer lors d’un débat présidentiel

Le « Ooooups ! » de Rick Perry mercredi soir lors du débat télévisé entre les candidats à la Primaire républicaine restera dans les annales. L’ancien favori des sondages a connu un long moment de solitude en direct sur CNBC, dont ses rivaux n’ont pas fini de rire.
Rick Perry Forgets His Own Plan (GOP Debate) © EntertainmentZoneYT
Rick Perry Forgets His Own Plan (GOP Debate) © EntertainmentZoneYT

Le « Ooooups ! » de Rick Perry mercredi soir lors du débat télévisé entre les candidats à la Primaire républicaine restera dans les annales. L’ancien favori des sondages a connu un long moment de solitude en direct sur CNBC, dont ses rivaux n’ont pas fini de rire.

Alors qu’il tentait d’expliquer à l’ensemble des Américains comment il taillerait dans le budget du pays en éliminant trois ministères, le gouverneur du Texas a eu beau se creuser les méninges, il n’a pu en citer que deux : le commerce, l’éducation et… et… Rien, le trou noir. Impossible de se rappeler pendant près d’un quart d’heure de ce qu’il présentait comme un point majeur de sa campagne.

1960 : Nixon face à Kennedy :

Pourtant ce genre de ratés est monnaie courante depuis le premier débat présidentiel télévisé entre JFK et Richard Nixon, en 1960. A l’époque, le candidat républicain était apparu en sueur face à un Kennedy radieux et tout bronzé. Autant dire que pour cette première télévisuelle, devant 77 millions de téléspectateurs, soit les deux tiers de la population adulte de l’époque, Nixon n’avait pas fait forte impression.

1976 : Ford face à Carter :

Belle bourde également que celle de Gerald Ford sur la présence soviétique en Europe de l’Est. « Il n’y a pas de domination de l’Europe de l’Est par l’URSS et il n’y en aura pas sous la présidence Ford », avait-il affirmé, laissant pantois son adversaire ainsi que le présentateur Max Frankel qui lui demanda s’il ne croyait pas à la présence des Soviétiques en Yougoslavie, en Roumanie ou en Pologne ? Ford bafouilla alors une réponse peu convaincante sur le refus de ces peuples de se considérer comme dominés par l’URSS.

1988 : Dukakis sur la peine de mort

Candidat démocrate face à George Bush en 1988, Michael Dukakis a commis l’une des pires erreurs de sa campagne à propos de la peine de mort, auquel il était hostile. Un journaliste lui demanda s’il serait toujours opposé à la peine de mort si quelqu’un violait et tuait sa femme. Dukakis répondit que oui, passant aussitôt auprès d’un bon nombre d’Américains pour quelqu’un de froid et sans sentiments. Sa côte de popularité s’effondra aussitôt et Bush remporta l’élection haut la main.

1992 : George Bush face à Ross Perot

Le président sortant, Bush senior, commis lui aussi une bourde lors de son débat face au candidat indépendant Ross Perot. A deux reprises, Bush fut pris par les caméras de télévision en train de regarder sa montre pendant que son adversaire répondait aux questions des journalistes. Les commentateurs insistèrent sur ce manque de considération pour un « petit » candidat comme Perot. Et c’est Clinton qui en profita.

Rick Perry se sentira désormais peut être un peu moins seul, il n’en reste pas moins que cet oubli fera tâche dans une campagne déjà bien mal en point du gouverneur du Texas, qui a cru bon d’ajouter ce matin que « son cerveau avait gelé ».

Pas très habile quand on sait que le comédien Bill Maher, très populaire aux Etats-Unis, le présentait déjà de la manière suivante : « Si vous ne connaissez pas encore Rick Perry, sachez juste qu’il est devenu gouverneur du Texas après George Bush, qui est désormais vu là-bas comme un intellectuel… »

 

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