Donald TRUMP ? La nuit américaine...

La convention électorale américaine de 2016 du parti républicain laisse entr’ouvert le monde des angoisses … de cette nuit américaine

Ce matin le Monde occidental serait pris de vertiges ?

L’épilogue de la récurrente mise en abyme, lors des émissions de téléréalité, de l’image virtuelle d’un businessman, dorénavant et à jamais Célébrité réelle, dresse un mur de grandes incertitudes, creuse un gouffre abyssal, au choix, selon que l’on aime l’imaginaire de l’escalade, de la plongée sous-marine ou de la spéléologie.

 

Oh ! Combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis !

Combien ont disparu, dure et triste fortune !

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !

 

 

Non, ce n’est pas le Vent des Globes, ni la Roue de la Fortune, ni la course à l’échalote d’une fête foraine lointaine même si ça lui ressemble un peu beaucoup, c’était pour nous en Europe, la nuit américaine.

La nuit américaine est une convention cinématographique, résultant d'une technique qui permet de tourner de jour des scènes d'extérieur censées se dérouler la nuit.

L'effet de nuit se marque principalement par un ciel noir… La plus grande partie de l'image reste obscure.

La convention électorale américaine de 2016 du parti républicain laisse entr’ouvert le monde des angoisses … de cette nuit américaine.

 

 

Comment cela a-t-il pu se faire ? Donald Trump est apparu pour une partie du corps électoral américain comme un pare-excitation (concept de la psychanalyse) : un rempart vers le monde extérieur, un « écran » face aux réalités douloureuses de ce monde. Il apparaît pour une partie des électeurs-téléspectateurs capable de les mettre à l’abri, le sauveur.

 

« Un populiste à la Maison blanche» ? Certes mais depuis longtemps déjà tous les hommes politiques participent à cette soupe du populisme en s’exposant lors des émissions populaires de télé (cf. La question de Thierry Ardisson à Michel Rocard : « Est-ce que sucer c’est tromper ? »), des émissions qui ont pour seule finalité : ensevelir la pensée et faire des affaires. Trump est tout bonnement le champion de se savoir-faire.

 

Pourquoi la surprise de cette élection ne devrait pas en être une ? Des électeurs qui pensent que leur championne très haut dans les sondages n’aura pas besoin de leur voix ? Il conviendrait plutôt d’examiner cette mécanique statistique liée en l’occurrence à la grande variabilité des individus : la régression à la moyenne. Quand on a un score supérieur, on peut s’attendre à ce qu’il baisse tandis qu’inversement un score faible ne peut que monter (phénomène observé par l'Anglais Galton 1822-1911).

 

Cette fois-ci encore cette élection est la résultante d’un travail médiatique, bientôt ce sera peut-être l’œuvre des robots.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.