les lobbys chez un politicien de base

 

Jean Claude LENOIR, l’homme des lobbys?  quel raccourci infamant !...

Mercredi 29 mai, le cigarettier British American Tobacco  a offert un somptueux déjeuner à un groupe de parlementaires français au restaurant parisien Chez Françoise, des parlementaires sont invités: André Santini (UDI), Patrick Balkany (UMP), François Sauvadet (UDI), Odile Saugues (PS) ou encore Dominique Bussereau (UMP) et  Jean-Claude Lenoir (UMP), notre Sénateur et Maire de Mortagne au Perche.

Tous sont membres du Club des parlementaires amateurs de Havane.  Leur hôte Soraya Zoueihid, présidente de BAT France, les a interpellés sur la nécessité d'avoir "une réglementation équilibrée et cohérente" et s'inquiétait du "plan de santé en préparation".

Jean Claude LENOIR, dans le Perche (hebdo local) prétend que « c’est beaucoup de bruit pour rien», il aurait pu reconnaître au moins une imprudence, en effet, ce déjeuner entre le détenteur des marques et des parlementaires est une infraction à la convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la lutte antitabac, qui stipule que "l'État doit veiller à ce que les politiques ne soient pas influencés par les intérêts de l'industrie du tabac" même s’il déclare ; «  Ce n’est pas parce que l’on est invité que l’on doit suivre les demandes qui nous sont plus ou moins faitesDepuis vingt ans que je suis parlementaire, jamais je n’ai voté une seule fois en faveur des fabricants de tabac ! Et je défie quiconque de relever un seul mot de ma part qui va dans le sens voulu par un lobby du tabac »

Il doit ignorer les mauvaises manières des cigarettiers en général et de BAT en particulier, les bénéfices générés en France, par BAT, sont réalisés par une filiale aux Pays-Bas, où le taux d’imposition est de 25%, contre 34% en France. Sur ses 120 millions d’euros de profits en France, BAT ne déclare ainsi au fisc que 6 millions d’€uro.

Pas sensible au lobby du tabac, peut être mais sensible aux gratifications liées à sa fonction, certainement, lisez la suite:

Professeur au Lycée Bignon de Mortagne au Perche, puis assistant parlementaire de Francis Geng le député de la circonscription de Mortagne au Perche .Il finit par chasser Geng du poste de député et s'assit dans son fauteuil. Il était devenu on ne sait comment cadre chez EDF dont il devint le lobbyiste patenté et rémunéré à l'Assemblée Nationale. Sa rémunération fut maintenue en qualité de cadre et avec les avantageux tarifs d'électricité (qui lui permit de chauffer à bon prix la piscine intérieure de son somptueux logement).

Jean Claude LENOIR  prit la mairie de Mortagne au Perche et la Présidence du syndicat de traitelment des Déchets du Perche Ornais. il y noua des liens chalereux avec Henry Pierre Roussel le directeur de la société Snn, devenue Snn-Suez.(Lenoir conduisait une R 25 dont la carte grise était au nom de la Snn, l'entretien assuré par cette société). 

De tous temps, agent de lobbying d’EDF à l'assemblée nationale, c'est naturellement. que Jean Claude LENOIR soit nommé Président de la commission de l'énergie de cette assemblée (avec une autre voiture d'EDF (Safrane) pour sillonner sa circonscription).

Opportunément, ou concours de circonstance, son fils Antoine LENOIR fut embauché à la direction de Suez, puis après la fusion d'EDF et de SUEZ, Antoine LENOIR fut nommé à la direction de la Communication de GDF -SUEZ (il en est le directeur à ce jour)

On sait tout l'intérêt de GDF-SUEZ pour l'extraction de ces gaz de schiste. Jean Claude LENOIR,  fervent zélateur de l’extraction du gaz de schiste, est avec Bataille, rapporteur de la Commission d'étude parlementaire sur ces gaz de schiste. Un renvoi d'ascenseur au mentor de Jean Claude LENOIR et à l'employeur de son fils ?.. seuls les mauvais esprits y verront le mal… simple hasard!...

Quant à sa participation au repas des promoteurs du tabac, comme les cigaretiers ne sponsorisent plus les voitures de grosse cylindrée, Jean Claude LENOIR doit se contenter de cadeaux en havanes.. C'est un authentique fumeur de havanes, amoureux de Cuba sous toutes ses formes... Un soir de visite du Club des Parlementaires amateurs de havanes, à la Havane, il a longuement disserté sur les vertus comparées du célèbre boudin de Mortagne et du "puro" .Un discours à la Fidel qui l'a tant assoiffé qu'il s'est désaltéré avec moult rasades de nectar de canne à sucre fermenté et distillé, et qu'il en a trébuché, perdu ses lunettes et marché dessus... La Havane avait son "Caballero de Paris" elle a maintenant son "Cierro de Mortagne".

René HAMEL

 


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