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Billet de blog 4 mai 2017

Pour le 7 mai, une exigence et une seule : isoler le F.N. et ses supplétifs

Emmanuel Macron affronte Marine Le Pen : la République combat ses ennemis...Depuis 40 ans, la famille Le Pen compte sur le temps et le suffrage universel pour devenir une dynastie autoritaire capable d’investir et pervertir les institutions républicaines.

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Dimanche prochain, Emmanuel Macron affronte Marine Le Pen : la République combat ses ennemis de l’intérieur, elle se doit de défaire les nostalgiques de L’Action française, et de tous les groupes fascisants qui, parfois sous le couvert d’un langage révolutionnaire, ouvraient la voie à la défaite de 1940 et à la collaboration.

Depuis 40 ans, la famille Le Pen, qui a pris le relais de cette vieille droite démodée, compte sur le temps et le suffrage universel pour devenir  une dynastie autoritaire capable d’investir et pervertir  les institutions républicaines.

Qui peut oublier que J.-M. Le Pen, le père, a choisi contre De Gaulle l’ « Algérie française », le soutien aux généraux « félons » et la sympathie envers une OAS criminelle ? qu’il a sollicité Tixier-Vignancour, le défenseur de Pétain et l’adversaire de De Gaulle aux présidentielles de 1965, pour qu’il devienne le parrain de sa fille aînée ?

Et que par deux fois, le F.N. a cherché  à se créer un illusoire lien politique avec de Gaulle ? La première en 1999 grâce à Charles, le petit-fils du général, qui fut un élu frontiste au parlement européen.  La seconde, il y a quelques jours, en s’associant au mouvement de Dupont-Aignan qui se disait depuis toujours le fidèle héritier du général. En 2017 comme en 1999, la famille de Gaulle a vivement réagi contre des opérations politiques contraires à la pensée et à l’héritage de l’ancien Président.

Voter pour Martine Le Pen, la fille, c’est encore voter contre tout ce qui est né de la Résistance et de la Libération, et contre l’aspiration à la grandeur de la France.

Un certain nombre d’électeurs semble vouloir s’abstenir selon le « principe » du « bonnet blanc et blanc bonnet ».  Le mot d’ordre de J. Duclos et du PCF en 1969, se situait dans le cadre d’un débat politique ordinaire. Mais comment comparer une Le Pen à un Macron !

Quoi que l’on pense de la politique proposée par Emmanuel Macron, il est l’héritier d’un courant politique républicain incarné par Henry Herman - sans qui il ne serait parvenu où il en est, - Mendès-France et Michel Rocard. Il en a retenu une orientation possible vers les alliances avec une partie de la droite (que l’on se rappelle 1954 et 1988). On est d’accord ou pas, mais l’inspiration est authentiquement républicaine.

Refuser de choisir entre un républicain qui a choisi une alliance classique en donnant au centre droit un rôle pivot, et une extrémiste de droite qui prône l’isolement national, attise les conflits sur des bases sectaires, est une erreur grave à laquelle les gauches des années trente ont, avec retard d’ailleurs, voulu remédier. Il en est résulté, excusez du peu, l’avènement, hélas ! trop fragile, du Front populaire.  

Etre aujourd’hui fidèle à l’esprit du Front populaire, c’est faire taire le nombrilisme politique si proche du sectarisme. Il s’agit que chacun explique  - et s’explique à lui-même s’il faut d’abord en passer par là - que le débat démocratique suppose que tous les partis politiques républicains, que tous les démocrates conservent la possibilité de concourir à la constitution de majorités librement consenties.

Et le meilleur moyen, c’est de participer à une large élection de celui qui devrait se préparer à renouveler la manière de présider, c’est-à-dire de respecter la constitution : le Président est avant tout comptable devant le pays de sa politique extérieure ainsi que de la défense de la République.

Pour le reste, n’anticipons pas sur le résultat des prochaines élections législatives. C’est le plus large rassemblement autour de la candidature d’E. Macron qui permettra de dégager ensuite, par delà les légitimes confrontations et oppositions, les lignes de force du prochain gouvernement.

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