Savoir prendre ses responsabilités pour l’avenir.

Qui aurait imaginé il y a six mois la configuration des forces politiques à l’œuvre en cette fin de campagne présidentielle ? Quatre candidats sont en mesure d’être qualifiés pour le second tour.

Qui aurait imaginé il y a six mois la configuration des forces politiques à l’œuvre  en cette fin de campagne présidentielle ?  Quatre candidats sont en mesure d’être qualifiés pour le second tour. Trois en sont déjà persuadés, un quatrième en rêve.

Ce quatrième, c’est Jean-Luc Mélenchon. La partie n’est pas encore gagnée pour lui. Mais il est le seul au jour J-8 à toujours bénéficier d’un mouvement électoral  ascendant. Bien sûr personne ne peut être sûr de ce que décideront les indécis au moment même de glisser leur bulletin dans l’urne. Il peut toujours se produire des surprises. Mais la décision se fera entre ces quatre candidats. Et J.-L Mélenchon est le seul parmi les quatre à proposer une politique de gauche à partager avec d’autres forces de gauche, y compris celles qui se retrouvent dans la candidature de Benoît Hamon.

Personnellement, je préfère la candidature de Benoît Hamon, et je l’ai soutenue cette semaine encore. Je suis allé porter sa candidature à 15 jours d’intervalle dans un même quartier populaire. En quinze jours les réactions  se sont transformées. Le soutien à B. Hamon existe mais la candidature de J.-L. Mélenchon s’est largement consolidée.

Comment en est-on arrivé là ?

Par le jeu des institutions de la Ve République, capables en quelques semaines de faire émerger des majorités nouvelles pour répondre à des attentes déçues, par refus du pire.

L’actuelle campagne présidentielle nous a fait connaître des surprises dès les primaires, à droite comme à gauche, avec les désignations de Fillon et Hamon qui ont éliminé les candidats « attendus ». Ce qui n’est déjà pas rien.

Mais « l’affaire Fillon » et le discrédit de sa candidature, ajoutés au mouvement de scission interne au PS voulu, avec l’accord tacite de F. Hollande, par son ancien Ministre des finances Macron, ont déstabilisé la candidature Hamon. Hollande et l’attelage Macron-Bayrou-… croyaient ouvrir la perspective politique de leurs vœux – une majorité du centre gauche à la droite centriste et « chiraquienne » – ; ils découvrent un mouvement plus puissant que prévu ancré à gauche. Ce mouvement ne peut l’emporter sans l’apport du courant porté par B. Hamon depuis la primaire des gauches.

La candidature Hamon s’est donc vue torpillée par Hollande et le courant social-libéral sur lequel le président sortant a voulu contre vents et marées s’appuyer lors de ce quinquennat finissant. Beaucoup ont désormais conscience que Macron sera du Hollande rajeuni, plus exactement : du Hollande passé au ripolin.

Hamon veut que se noue une alliance solide PS-Verts-PCF-FG. Elle peut - et doit - se réaliser dès le 1er tour en utilisant le bulletin de vote Mélenchon. Ce qui ne veut pas dire que les électeurs habituels et nouveaux de B. Hamon vont disparaître. Applaudissons le courage malheureux de celui-ci et n’oublions jamais les manœuvres politiciennes dont il a été la victime.

En cette période de crise institutionnelle, politique et économique, il convient de franchir un pas, celui que Benoît Hamon ne peut plus franchir, que seul Mélenchon est en mesure d’assumer.

Soyons nombreux à voter Mélenchon pour battre les vraies droites et les fausses gauches.

N.B. - Ce billet est complémentaire à celui de Philipe Marlière du 13 avril : « Mélenchon doit proposer  un accord à Hamon dès maintenant ! » Ce qui rassurerait quelques électeurs qui ont besoin de l’être…

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