Le sociologue Saïd Bouamama victime d'une exclusive politique

Un communiqué de la Commission Islam et Laïcité aborde l'incroyable pusillanimité des représentants de l'Etat face aux exigences de l'extrême droite

 

Le sociologue Saïd Bouamama victime d'une exclusive politique

Le colloque de deux jours, organisé à Bobigny sur le thème "Mécaniques de l'extrémisme violent" a été troublé par l'absence d'un de ses organisateurs, Saïd Bouamama, suite à -semble-t-il- un veto venant du ministère de l'intérieur. Ce veto relaie un campagne express initiée par le Rassemblement National, suivi par Figaro Vox, Valeurs Actuelles, Français de Souche.
Les officiels qui devaient introduire le colloque se sont fait porter pâle.
L'oukase contre notre ami Saïd Bouamama est d'autant plus étonnant que Saïd est co animateur depuis 4 ans du projet que présente ledit colloque, projet soutenu par l' État et la préfecture de Seine-Saint-Denis
L'intervention qu'il devait faire a été lue, chaudement applaudie, nul doute qu'elle sera publiée, chacun·e pourra alors constater d'abord sa grande qualité et ensuite, qu'elle est à mille lieues de constituer une "complaisance envers le djihadisme."
Concrètement on instrumentalise le djihadisme pour tenter de discréditer un sociologue dont les opinions politiques de gauche sont publiques et dont les références intellectuelles en matière politique se trouvent dans le marxisme et pas du tout dans l'islam politique.

Cette censure émane de milieux islamophobes, d'extrême droite le Rassemblement National, et du Printemps Républicain.

Le sectarisme destructeur du groupe de pression islamophobe va donc jusqu'à tenter de détruire des structures et projets visant à réinsérer des personnes dites "radicalisées" dans une vie sociale partagée plutôt que de poursuivre une trajectoire dangereuse tant pour les autres que pour elles-mêmes.

La Commission Islam & Laïcité est extrêmement inquiète de la rapidité avec laquelle le gouvernement cède aux pressions du Rassemblement National et de ses alliés islamophobes. 

Paris, le 4 juillet 2019

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