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Billet de blog 7 janv. 2021

Ce n'est pas une insurrection, c'est (presque) l'incendie du Reichstag

On ne peut pas comparer l'invasion du Capitole à Washington, l'insurrection de Hong Kong contre la mainmise chinoise et les Gilets Jaunes français.

Renée Piettre
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La vandalisation du Capitole à Washington : ce n’est pas une insurrection, c’est (presque) l’incendie du Reichstag. Ce n’est pas l’expression du peuple, c’est la fanatisation et la haine par la propagande d’un despote.

Les insurgés de Hong Kong se battaient pour la sauvegarde de leurs institutions démocratiques, non pas contre elles.

Les Gilets jaunes se battent pour leurs droits élémentaires bafoués, contre un gouvernement autoritaire et spoliateur, autour de l’hymne et du drapeau nationaux, et non pas contre la République.

Ces trois mouvements ne sont pas comparables.

 La répression non plus n’a rien de comparable. En France, la dernière manifestation, quoique autorisée et pacifique, a entraîné plus de 150 arrestations sans même avoir pu démarrer. On parle à Washington d’une cinquantaine d’arrestations seulement après un attentat inouï contre le siège même de la légitimité démocratique.

Mike Pence, le gouverneur de la Géorgie, la grande majorité des élus américains ont désavoué l’obstination incendiaire de leur Président à nier le verdict des urnes : les institutions américaines résistent.

À Paris, le chef de l’État et le gouvernement s’emploient au contraire à museler le Parlement par des forcings insensés, à mettre au pas les corps intermédiaires, à dépouiller les institutions au profit de sa police et de « task forces » élyséennes au gré des événements, quitte à susciter la voix du peuple par des comités de citoyens certes tirés au sort, mais sans autre légitimité que le bon vouloir du prince. Les institutions démocratiques françaises sont délégitimées par le pouvoir lui-même.

« Un peuple, une voix » : certes, mais dans l’équilibre démocratique, et non pour autoriser un seul à ne servir pendant quatre ou cinq ans que ses amis et son ego.

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