Le nouveau casse du siècle?

Discovery + Gilead + Blackrock et le pillage de la Sécu

Discovery + Gilead + Blackrock = pillage organisé de la Sécu ? Il faut d'ailleurs parler d'un emboitement plutôt que d'une addition: Blackrock est actionnaire de Gilead, qui finance l'essai clinique Discovery tout en en organisant la promotion auprès des médecins, des journalistes et surtout des politiques qui leur ouvriront les caisses de l'assurance maladie... Problème, si j'ai bien compris, dans ce beau montage: les pays européens autres que la France rechignent à livrer leurs patients aux essais thérapeutiques de l'équipe Discovery et dressent des barrières "réglementaires" qui interdisent aux médecins-chercheurs d'avoir carte blanche pour expérimenter leurs médicaments, dont le fameux remdesivir, sur les patients (voir https://www.lefigaro.fr/flash-actu/des-difficultes-reglementaires-pour-l-essai-discovery-contre-le-covid-19-20200506). Le coût de ces essais constitue une autre barrière: 4800 € ou davantage par patient traité au remdesivir! Il n'y a décidément que la France pour investir dans un pareil paquebot. Du coup, si le nombre de malades diminue trop vite, on n'aura même plus assez de patients gravement atteints pour essayer le traitement! Vite, déconfinons avant l'heure, afin d'être en mesure de livrer un contingent suffisant de cobayes à nos Diafoirus! On comprend pourquoi notre Président est si pressé... et pourquoi les malades, après le 11 mai, seront placés d'office en quarantaine, soustraits à leurs familles et même à leurs médecins, munis seulement — par une concession de dernière minute — d'un moyen de communication autorisé avec leurs proches... On comprend aussi le choix d'une méthode de dépistage forcément tardif (mesure des anticorps), puisqu'il ne s'agit surtout pas de prévenir mais seulement de tester pour mesurer des chances de guérison. On comprend surtout la hargne contre tout traitement précoce, contre tout pragmatisme médical qui viserait simplement à soigner, à soulager, à éviter les formes graves de la maladie. Martine Wonner est médecin, c'est un grand tort! Pourquoi vouloir soigner quand on se promet de réaliser de si juteuses opérations financières en expérimentant sur les malades, et par randomisation, un médicament supposé miracle?

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